Des dessins d’éruptions volcaniques dans la grotte de Chauvet, sources : article du Monde du 8 janvier et article de Bernard Duyck sur son blog

le 10 janvier 2016 par Sylvie
Les gerbes rouges du panneau du "Sacré-Cœur",  dans la grotte Chauvet-Pont d'Arc, peuvent être interprétées comme des représentations d'éruptions volcaniques survenues il y a 36 000 ans non loin de la caverne.

Comment interpréter les gerbes rouges qui éclaboussent le « Sacré-Cœur », un des panneaux ornés de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc ? Ou d’autres marques de doigts qui dessinent des faisceaux sur les parois tendres de la grotte ardéchoise ? Une équipe française associant des physiciens et des préhistoriens propose une réponse inédite, dans la revue PLoS One du 8 janvier. Ces feux d’artifice, qui sont uniques dans les grottes ornées aurignaciennes, représenteraient des éruptions des volcans tout proches du Bas-Vivarais. Leurs fontaines de laves auraient coulé il y a 36 000 ans, selon une datation qui concorde avec celle de l’occupation humaine de la caverne.

« L’hypothèse méritait d’être retenue, on est dans la plausibilité », indique Jean-Michel Geneste, qui dirige les recherches archéologiques de la grotte, et figure parmi les signataires de l’article de PLoS One. La poignée de ces dessins non figuratifs qui ont jusqu’à présent été repérés dans les dédales souterrains questionnait les préhistoriens.

 

Signe en gerbe gravé aux doigts, galerie des Mégacéros, grotte Chauvet-Pont d'Arc.

L’hypothèse a surgi fortuitement, dans le Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE, Gif-sur-Yvette). « Je rentrais d’une mission dans la grotte, où j’étudie le paléoclimat à partir de stalagmites, quand mon collègue Sébastien Nomade m’a parlé de ses datations des volcans du Vivarais, raconte Dominique Genty. Je lui ai dit : tes volcans, ils sont dans la grotte ! »

En effet, une datation nouvelle des volcans stromboliens du Bas-Vivarais, sur base d’échantillons prélevés au Suc de Bauzon, à la Coupe d’Aizac et au maar de Ray-Pic e.a., par la méthode 40Ar/39Ar, des isotopes de l’argon, fait remonter leur activité aux environs de 36.000 ans, période compatible avec une première occupation de la grotte, à l’Aurignacien.

datation

Restait à vérifier que les gerbes dessinées remontaient bien à la même époque. Les chercheurs ont eu de la chance, car certaines d’entre elles sont prises en sandwich entre d’autres dessins au charbon de bois, qui peuvent être précisément datés au carbone 14. « Les tracés au doigt sont impossibles à dater en eux-mêmes, mais là, ils sont pris dans une succession, une superposition », se réjouit Jean-Michel Geneste.

Ces dessins, qui effacent ceux d’en dessous, avant d’être eux-mêmes partiellement recouverts, « font irruption dans la grotte, paraissaient intempestifs, anachroniques, non figuratifs », note-t-il. Mais s’ils renvoient à des éruptions tout aussi intempestives, ils prennent un autre sens. Depuis les collines qui surplombent la grotte, les fontaines de laves du Vivarais, ou les nuées qui s’en échappaient, devaient être visibles, 35 km au nord-ouest. Pour les hommes du paléolithique, des chasseurs-cueilleurs qui avaient rapporté dans la grotte des matériels provenant des bords du Rhône, ces proches contrées ne devaient pas être inconnues. Les voir soudain en proie aux fureurs volcaniques avait de quoi renvoyer des artistes à leur chevalet, supposent les chercheurs.

 

Carte des environs de la grotte Chauvet et du Bas-Vivarais.

Dans la préhistoire, il existe peu d’exemples de représentations de volcans, soulignent Sébastien Nomade et ses collègues : le site de Çatalhöyük, en Turquie, vieux de 8 000 ans, était jusqu’alors considéré comme offrant la plus ancienne représentation d’une éruption.

 

A - Plan de la grotte Chauvet avec les emplacements de dessins en gerbe.
B - Relevé d'un des dessins.
C - Pierre gravée sur un site archéologique arménien décrivant l'éruption du Porak il y a 7 000 ans en Arménie.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sciences/article/2016/01/08/des-dessins-d-eruptions-volcaniques-dans-la-grotte-chauvet_4844258_1650684.html#rVbLXVWgewt0Lypm.99

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2016/01/08/des-dessins-d-eruptions-volcaniques-dans-la-grotte-chauvet_484425

http://www.earth-of-fire.com/2016/01/la-plus-ancienne-representation-d-une-eruption-dans-la-grotte-chauvet.html

Numéro spécial Los Rocaires sur les Journées Haroun Tazieff

le 10 janvier 2016 par Sylvie

Los Rocaires, bulletin de liaison du Centre de Ressources Environnement et développement durable, basé à Vailhan, a sorti un magnifique numéro spécial sur les Journées Haroun Tazieff. Les articles sont riches et intéressants, illustrés de  photos et documents. L’édito a été signé par Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue bien connu, dans lequel il rend hommage à Haroun Tazieff.

Voici le sommaire :

– Haroun Tazieff, le pélerin des volcans par Frédéric Lavachery, président du Centre Haroun Tazieff pour les Sciences de la Vie et de la Terre et fils d’Haroun Tazieff.

 – Les Journées Haroun Tazieff par Bernard Halleux, président de l’Association de Protection de la Nature des Hauts Cantons, instigateur infatigable de ces JHT.

– LAVE par Claude Lesclingand, membre fondateur, président d’honneur et délégué du sud-Est, qui présente  l’Association de Volcanologie Européenne.

– Saint Thibéry au pied de s Monts par Philippe Ferrer, association pour la Préservation du Patrimoine de Saint Thibéry.

– L’usine volcan par Jean-Marie Dautria, maître de conférence émérite université de Montpellier 2.

– Les volcans actifs du Sud de l’italie par Jean-Claude Bousquet, géologue universitaire.

– Bessan, un collège en éruption par Bruno Taragnat et Sébastien Maurras, professeur d’EPS et de SVT.

– Des volcans en partage par Valérie Baille et Chrystèle Buonomo, professeurs des Ecoles.

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La tectonique des plaques existerait depuis bien plus de 800 millions d’années, article de Laurent Sacco sur Futura Sciences du 18 décembre 2015.

le 19 décembre 2015 par Sylvie

De quand date le début de la tectonique des plaques ? Certains géo-dynamiciens lui donnaient 800 millions d’années mais la réponse à cette question reste controversée. Une nouvelle analyse des conditions de formation de certaines roches métamorphiques, les schistes bleus, laisse maintenant penser que cette tectonique pourrait dater d’un milliard d’années, voire plus.

En étudiant des schistes bleus, des géodynamiciens en avaient conclu que l'âge du démarrage de la tectonique des plaques était de 800 millions d'années. Aujourd'hui, un verrou vient de sauter : le phénomène aurait pu exister avant. Sur la photo, les roches du Lavoir, sur l'île de Groix, en Bretagne. © Christian Nicollet

En étudiant des schistes bleus, des géodynamiciens en avaient conclu que l’âge du démarrage de la tectonique des plaques était de 800 millions d’années. Aujourd’hui, un verrou vient de sauter : le phénomène aurait pu exister avant. Sur la photo, les roches du Lavoir, sur l’île de Groix, en Bretagne. © Christian Nicollet

Dans les années 1960, l’adoption de la théorie de la dérive des continents, et finalement de la théorie de la tectonique des plaques qui en est sa forme moderne, a constitué un changement de paradigme important pour la communauté des géosciences. Ce ne fut pas sans de multiples résistances, jusqu’au début des années 1970. Le volcanologue Haroun Tazieff et ses collègues explorant la fameuse dépression de l’Afar, en Afrique de l’Est, y découvrirent un rift océanique exondé et contribuèrent à cette révolution des sciences de la Terre. En effet, dans cette région du globe, il est possible de voir et mesurer l’expansion des océans et la fabrication d’une nouvelle croûte océanique. Cependant, la surface de la Terre étant finie, il faut nécessairement que de la croûte océanique disparaisse quelque part.

La clé de l’énigme est facile à trouver : il se produit des phénomènes dit de subduction, c’est-à-dire le plongement d’une plaque océanique sous une autre, par exemple continentale. Or cette subduction s’accompagne de processus de transformation des roches qui font partie de ce que l’on appelle le métamorphisme. En l’occurrence, du basalte de plaque océanique qui plonge dans le manteau va subir des augmentations de pression et de température. Lorsque ces dernières sont respectivement hautes et basse, le basalte voit sa composition minéralogique changer ; il se forme alors des schistes bleus. Il s’agit de roches métamorphiques caractérisées par la présence de glaucophane (couleur bleue) et de micas blancs.

Dans la dépression de l’Afar, dans la corne de l’Afrique, une expédition scientifique fait route pour étudier le volcan Erta Alé. Dans cette interview, le volcanologue Haroun Tazieff évoque son expédition et l’activité volcanique. Un témoignage accompagné d’images d’illustration de l’expédition sur le volcan, de son équipe au travail, des archives des films Etna 71 et de son expédition dans l’Afar. © INA, ORTF

Des schistes utilisés comme marqueur de la subduction

Les mouvements tectoniques font que certaines de ces roches caractéristiques d’une subduction d’une plaque océanique sous une plaque continentale peuvent se retrouver à la surface de la Terre. Il est ainsi possible de trouver de très beaux affleurements de ces roches, par exemple sur l’île de Groix, en Bretagne. Ces affleurements nous permettent de collecter des échantillons qui peuvent être datés. Surprise : on ne trouve pas de schistes bleus dont l’âge est supérieur à 800 millions d’années environ. Des géodynamiciens en avaient conclu que c’était là l’âge du démarrage de la tectonique des plaques.

Malheureusement, cela n’est pas sans poser problème car d’autres indications laissent entendre que la tectonique des plaques existe sur Terre depuis des milliards d’années (pendant l’Archéen et peut-être même l’Hadéen). Cette tectonique devait être différente d’aujourd’hui, avec un plus grand nombre de plaques se déplaçant plus rapidement car le manteau de notre planète était plus chaud et plus convectif.

Heureusement, un article récemment publié dans Nature Geoscience par des chercheurs de l’université Johannes Gutenberg de Mayence, en Allemagne, a semble-t-il levé la contradiction grâce à un modèle géochimique. Un manteau plus chaud signifie aussi que la composition de la croûte océanique était différente il y a plus d’un milliard d’années : elle était plus riche en oxyde de magnésium. D’après ce modèle, la subduction d’une telle croûte ne produit pas de schistes bleus mais bien de schistes verts, que l’on associe aujourd’hui à du métamorphisme se produisant dans des conditions de basses pression et température.

Le manque de schistes bleus dans les roches anciennes n’est pas incompatible avec une subduction. Un verrou a donc sauté qui nous empêchait d’admettre que la tectonique des plaques était déjà active il y a 3,8 à 4 milliards d’années.

Article complet sur :

http://www.futura-sciences.com/magazines/terre/infos/actu/d/tectonique-plaques-tectonique-plaques-existerait-depuis-bien-plus-800-millions-annees-60895/#xtor=EPR-17-[QUOTIDIENNE]-20151219-[ACTU-La-tectonique-des-plaques-existerait-depuis-bien-plus-de-800-millions-d-annees]

 

Exposition, spectacle, film et débat : Volcans les Forges de la vie à Beaurepaire du 3 au 7 novembre

le 2 novembre 2015 par Sylvie

Du 3 au 7 novembre, les volcans et Haroun Tazieff sont mis à l’honneur à Beaurepaire où Frédéric Lavachery, président du Centre Haroun Tazieff interviendra.

Affiche A3 VF web

Le programme est riche et vairé :

Tout d’abord un spectacle intitulé « Volcans » avec Venera Battiato et Geneviève Baudot des compagnies Ephémère et Volte-face qui sera donné pour des publics scolaires les 3 et 5 novembre avec une représentation tout public le samedi 7 novembre à 20h30. AFFICHEVOLCANS900pixel

L’exposition « Haroun Tazieff, l’oracle des volcans » sera installée dans la salle du Rocher et les scolaires viendront la visiter et rencontreront Frédéric Lavachery. elle sera ouverte au public le samedi 7 novembre.

Des lectures de correspondances d’Haroun Tazieff et de littérature volcanique auront lieu le 5 novembre à 19h et le 7 novembre à 17h par des artistes de l’association Heureux Has’arts.

Une projection-débat du film « Etna » d’Haroun Tazieff aura lieu le vendredi  6 novembre à 20h30 en présence de Frédéric Lavachery et de Venera Battiato, artiste née au pied de l’Etna.

Et pour clôturer cette semaine, le spectacle « Volcans » sera donné  le samedi 7 novembre à 20h30 pour tout public.

Brochure-web

Programme chronologique du 03 au 07 nov

 

Les éruptions du Piton de la Fournaise (île de la Réunion) du 17 mai jusqu’au 30 octobre 2015

le 2 novembre 2015 par Sylvie

L’éruption a démarré le dimanche 17 mai 2015 à 14h. Une 1ère fissure s’est ouverte sur le flanc sud-Est du massif, à proximité du Château-Fort. Puis une longue fissure s’est ouverte en amont du Château-Fort. Le spectacle était impressionnant à cause de la succession des bouches actives alignées sur la fissure. Puis il y a eu l’ouverture d’une seconde fissure aux abords du cratère Langlois, à 800 mètres à l’est de la fissure initiale dont l’activité s’est ensuite calmée tandis qu’elle redoublait dans cette nouvelle fissure. L’éruption s’est poursuivie dans la durée avec une activité stable. Les coulées ont progressé en tunnels et ont conservé beaucoup d’énergie même si l’éruption était alors  moins visible.

L’éruption a pris fin une première fois le 30 mai 2015 mais les signaux géophysiques et géochimiques ne montraient pas un retour au calme. En effet, deux crises sismiques ont même obligé les autorités à évacuer et fermer l’Enclos Fouqué à nouveau.

C’est ainsi que l’éruption a redémarré le 31 juillet 2015. Orientée vers le Nord-Nord-Est, la fissure s’est étirée sur près de 700 mètres. Des fontaines de lave se sont mises à gicler.

L’activité explosive a construit un alignement de 7 petits cônes atteignant en une journée 7 m de hauteur.

ob_a96875_2015-09-19-pdf-fournaise-infoPhoto Fournaise-Info le 19/09/15

ob_4ca948_2015-09-12-pdf-clicanoo-fm-aPhoto de François Martel-Asselin/ Clicanoo, le Piton de la Fournaise visité par des volcanologues

Après cinq jours de pose, la troisième phase de l’éruption  a débuté le 24 août. Au Piton de La Fournaise, l’activité, dans sa troisième phase effusive, est toujours concentrée au piton Kalla et Pélé. En six semaines d’éruption, le cône atteint une hauteur d’une quarantaine de mètres … le 8 octobre, sa hauteur était de 51 mètres, mais elle fluctue, soumise à des phases d’édification et de destruction.

ob_abfcb8_2015-10-17-16-pdf-mamz-l-ha-fournaiLa Fournaise – Piton Kala et Pélé – photo 2015.10.17 / Mamz’l Ha / Fournaise-info

Depuis le 24 août, 52 millions de mètres cube de lave ont été émis. Les coulées n’ont pas progressé vers les Grandes Pentes, mais se sont étalées et ont prises de la hauteur.

ob_9db3e2_2015-10-30-pdf-olivier-grondin-foPiton de La Fournaise – activité en cours 30.10.2015 – photo Olivier Grondin / Fournaise-infos

 Le 31 octobre dans l’après-midi, l’activité volcanique est quasiment nulle … à 16h17, une forte diminution du trémor en deux minutes annonce la fin de la phase effusive en cours, avec la subsistance d’un dégazage léger. A 17 h, plus de fontaines de lave, ni d’explosion strombolienne … le Piton Kalla et Pélé est calme.

Sources : articles de Christian Holveck et Ludovic Leduc dans la revue LAVE de septembre 2015

                  articles de Bernard Duyck sur son blog : http://www.earth-of-fire.com/