5èmes Journées Haroun Tazieff

le 4 janvier 2015 par Sylvie

Les 5èmes Journées Haroun Tazieff auront lieu du 2 au 7 juin 2015 à Bessan et Saint Thibéry, dans l’Hérault. Au programme, il y aura des conférences, des expositions, des animations pour les scolaires et des sorties géologiques le samedi et dimanche. Un événement incontournable à ne pas rater.

5emesJHTSituation de Bessan et Saint Thibéry

geolCarte géologique de Bessan et Saint Thibéry

Meilleurs voeux

le 4 janvier 2015 par Sylvie

voeux 2 2015

Emission sur France Inter vendredi 24 octobre consacrée à Haroun Tazieff

le 21 octobre 2014 par Sylvie

L’émission de Fabrice Drouelle « Affaires sensibles » sur France Inter sera consacrée ce vendredi 24 octobre de 15h à 16h à Haroun Tazieff. En première partie de l’émission, il y aura un récit de 40 minutes dont voici le synopsis :

« Haroun Tazieff, l’oracle des volcans », une fiction de Manuelle Calmat de Gmeline, réalisée par Michel Sidoroff.

Né à Varsovie en 1914, Haroun Tazieff est aujourd’hui considéré comme le père de la volcanologie contemporaine. Au départ, ingénieur agronome, cet accro au foot et au rugby se découvre un intérêt particulier pour tout ce qui touche aux volcans. Il organise alors des expéditions et  effectue des prélèvements de lave et de gaz pour étayer ses recherches. A partir de 1951 il écrit, pour le grand public, une trentaine d’ouvrages qui témoignent de son intérêt pour l’écologie. Il combat le catastrophisme en vogue avec le trou de la couche d’ozone et le réchauffement climatique dont il estime les causes mal analysées.

En 2008, dix ans après sa mort, son fils crée le Centre Haroun Tazieff, un hommage vibrant à celui que Jean Cocteau considérait comme le poète du feu.

La seconde partie de l’émission sera consacré à un entretien de 20 minutes entre Fabrice Drouelle et  Frtédéric Lavachery, président du Centre Haroun Tazieff et fils d’Haroun Tazieff.

 

Eruption du Mont Ontake, articles de Bernard Duyck les 27 et 28 septembre 2014

le 28 septembre 2014 par Sylvie

Le Mont Ontake situé à environ 200 km à l’ouest de Tokyo , est entré en éruption ce 27 septembre 2014 vers 11h53 locale. […] Cette éruption s’est accompagnée de l’émission d’un panache de cendres important montant à 3 – 4.000 mètres, […]  et de coulées pyroclastiques..

ob_3957e4_2014-09-27-ontake-dense-plumes-risOntake – éruption du 27.09.2014 – le nuage de cendres engloutit les pentes du volcan encore partiellement aux couleurs d’automne – photo d’un anonyme / via Kyodo news

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Ontale – éruption du 27.09.2014 – d’impressionnants panaches s’élèvent au dessus du volcan – photo AP / Kyodo news

ob_bf01fa_2014-09-27-ontake-dense-plumes-areOntake 27.09.2014 – panaches turbulents blancs et noirs émis au niveau de l’évent éruptif – photo AP / Kyodo news

Ce grand stratovolcan s’est édifié à l’intérieur d’une caldeira de 4 km sur 5, au sud de la zone volcanique Norikura. L’ancien complexe volcanique comprend au moins 4 stratovolcans qui se sont construit entre il y a 680.000 et 420.000 ans, période après laquelle l’Ontakesan resta inactif pendant plus de 300.000 ans. Sa première éruption historique date de 1979-80.

http://www.theguardian.com/world/video/2014/sep/27/mount-ontake-japans-second-highest-volcano-erupts-video

L’éruption de l’Ontakesan semble être selon le volcanologue Shigeo Aramaki, une éruption de type phréatique, sans écarter la possibilité d’un phénomène phréatomagmatique tant que l’analyse des cendres n’est pas terminée. L’explosion relativement violente, limitée dans le temps, et la couleur blanche et noire du panache sur les dernières photos sont des éléments en faveur du type phréatique, habituel sur ce volcan depuis des milliers d’années.

La vidéo mise en ligne hier montre des randonneurs qui fuient devant l’éruption avant de se faire englober dans le nuage de poussières, qui les a plongé dans le noir total durant plusieurs minutes. Un journaliste de NHK, M.Oguro, raconte que lui et son équipe ont dû faire usage de leur lampe frontale pour retrouver le lodge. Le propriétaire de ce lodge de montagne proche du sommet rapporte que la couche de cendres atteignait 50 cm. Des retombées de cendres sont signalées sur les préfectures de Nagano, Gifu et Yamanashi.Plus d’une quarantaine de personnes attendaient d’être évacuées par l’armée, alors que 200 randonneurs ont entamé la descente de l’Ontake dans les cendres laissées par l’éruption, par leurs propres moyens.

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Descente dans les cendres de la majorité des randonneurs dans la journée de samedi – à gauche, photo www.toledoblade.com pic.twitter.com-cbY57gqkBP – à droite, photo AP / Kyodo news – un clic pour agrandir.

 

ob_1f772d_2014-09-27-ontake-buildings-of-a-mOntake – les bâtiments proches du sommet sont recouverts par une épaisse couche de cendres – photo AP / Kyodo news

Le bilan s’est sérieusement alourdi ce matin : selon Associeted Press, ce 28.09.2014 / 2h27, plus de trente corps ont été retrouvés et considérés comme morts, près du sommet du volcan. […]

Article complet sur le blog de Bernard Duyck : http://www.earth-of-fire.com/

Hommage à Rose-Marie Chevrier, article de Sylvie Leleu et de Marcel Bof

le 10 septembre 2014 par Sylvie

A la fin de mois de juillet 2014, nous apprenions le décès de Rose-Marie Chevrier qui a fait partie des équipes Tazieff. La plupart d’entre nous, dont je fais partie, n’avons malheureusement pas pu faire sa connaissance mais certains membres et anciens compagnons de Tazieff ont eu le bonheur de travailler avec elle ou de la côtoyer. Ce fut le cas de Jean-Christophe Sabroux, Jacques Varet, ou encore Marcel Bof qui faisait partie de l’équipe présente à la Soufrière en 1976 en Guadeloupe.

Image1 Rose-Ma sur les murailles du fort Saint Charles à Basse Terre, Guadeloupe, en arrière plan, la Soufrière. 1976 (Photo Marcel Bof)

Rose-Marie Chevrier a d’abord été chimiste au CNRS de 1960 à 1970 puis elle est devenue  ingénieur géologue  après une formation au  Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) où elle a exercé comme chargée de cours avant d’obtenir un poste de maître de conférence à la chaire de Génie Géologie du CNAM.

Comme elle le racontait à Jean Lacouture qui l’interrogeait pour le livre de témoignages que France Tazieff et lui ont écrit  « Une vie de feu » aux Editions Glénat, elle rêvait  de travailler avec Tazieff depuis qu’elle avait vu son film « Les Rendez vous du diable ». Grâce à l’intervention d’amis qu’ils avaient en commun, elle reçut une lettre d’Haroun Tazieff la conviant à une réunion de travail. A peine arrivée, immédiatement Garouk la surnomme Rose-Ma (Rose-Marie lui dit-il c’est trop long). De même, elle s’adresse à François le Gern en l’appellant par son surnom « Fanfan » ; celui-ci lui donne d’ailleurs immédiatement une caisse d’ampoules à analyser. Tout de suite, elle est accueillie dans l’équipe et d’emblée, la confiance est là. C’est ainsi que fonctionnait Haroun Tazieff, accordant de suite sa confiance. Malheur à qui le décevait !

Ainsi Rose-Marie fit son baptême du feu à l’Etna en janvier-février 1976. D’ailleurs, Haroun Tazieff, Pierre Bichet, François le Gern lui ont signé un certificat : « Nous soussignés, certifions que Rose-Ma a, du 24 janvier au 5 février 1976, subi les redoutables épreuves du volcan Etna, avec montée, séjour en igloos, altitude, froid, coulées de lave, inconfort, avec résistance et avec le sourire. Fait pour servir de témoignage pour l’histoire de la volcanologie » (Une vie de feu de France Tazieff et de Jean Lacouture p 81). Rose-Marie était appréciée pour la qualité de son travail, de ses analyses chimiques mais aussi pour sa gentillesse et sa discrétion.

Elle a donc fait partie de l’équipe qui a vécu de manière intense la crise de la Soufrière puisqu’elle était sur place et y est restée en l’absence de Garouk. Comme le raconte Frédéric Lavachery dans son livre « Un volcan nommé Haroun Tazieff« , tous les matins, Rose-Marie grimpait au sommet pour y prélever des échantillons de gaz et d’eau. Une à deux heures après son retour au laboratoire, les analyses étaient achevées. Sa mission consistait aussi à analyser l’air, l’eau et les gaz aux abords des villages. Dans l’affaire de la Soufrière qui a opposé Tazieff et Allègre, le 13 août 1976, elle a clairement dit que,  dans l’analyse des cendres, il n’y avait pas de verre volcanique frais mais  du vieux matériel volcanique. Il y avait certes une activité phréatique accrue mais sans changement de phase.

Image2Dans le laboratoire de chimie, au Fort Saint Charles avec Jean Pierre Viodé, alors directeur de l’Observatoire de Volcanologie de Martinique en 1976. (Photo Marcel Bof)

En dépit des  menaces sur l’équipe et l’éviction de Tazieff, l’équipe présente auprès de lui pendant cette crise est restée à ses côtés par la suite.

Quant à Rose-Marie Chevrier, elle fut avec Jacques Labeyrie, Marcel Bof, Jean-Christophe Sabroux, Jacques Varet, François le Gern, Gérald Ernst Frédéric Lavachery, Pierre Casabonne et Pierre Bouillon un des membres fondateurs du Centre Haroun Tazieff le 13 juillet 2008 à Arette.

(Sylvie Leleu, le 10 septembre 2014)

Rose-Ma et sa grande discrétion par Marcel Bof

J’ai rencontré Rose-Ma à l’Etna lors de la campagne de juin 1976. Je l’ai retrouvée en août de la même année à la Soufrière de Guadeloupe. Là, je l’ai un tout petit mieux connue.C’était une personne souriante et réservée.

Lorsqu’il y a eu, à la Soufrière, cette polémique sur la présence ou non de verre frais dans les cendres, elle a toujours donné son opinion, à savoir qu’il n’y en avait pas, sur un ton calme, serein mais parfaitement assuré : elle était sûre d’elle-même. Elle a expliqué pourquoi il ne pouvait pas y en avoir, ce que représentaient les particules, mais n’en faisait pas étalage, contrairement à d’autres qui répandaient leurs erreurs dans les conférences de presse.
Juste avant l’évacuation elle a parfaitement décrit son point de vue au Préfet, analyses à l’appui, à savoir qu’il n’y avait aucun danger immédiat, opinion qu’elle a réitérée à la conférence de presse quand la question lui fut posée.

Image5Rose-Ma et Yeti lors de prise de gaz au Col de l’Echelle à la Soufrière de Guadeloupe. 1976. (Photo Marcel Bof)

Rose-Ma, Ingénieur chimiste au CNAM, passée à la volcanologie par Garouk, s’est beaucoup investie sur les volcans, je crois qu’elle était réellement passionnée par ce travail. Elle mit beaucoup de cœur à cet ouvrage avec sa compétence et sa forme physique.

Après le décès de Garouk, elle fut très proche de France Tazieff. C’est à cette époque où nos échanges s’intensifièrent un peu et où j’ai connu une Rose-Ma avec de l’humour et pouvant bavarder pendant des heures.

(Marcel Bof, le 10 septembre 2014)