Eruption du Mont Ontake, articles de Bernard Duyck les 27 et 28 septembre 2014

le 28 septembre 2014 par Sylvie

Le Mont Ontake situé à environ 200 km à l’ouest de Tokyo , est entré en éruption ce 27 septembre 2014 vers 11h53 locale. […] Cette éruption s’est accompagnée de l’émission d’un panache de cendres important montant à 3 – 4.000 mètres, […]  et de coulées pyroclastiques..

ob_3957e4_2014-09-27-ontake-dense-plumes-risOntake – éruption du 27.09.2014 – le nuage de cendres engloutit les pentes du volcan encore partiellement aux couleurs d’automne – photo d’un anonyme / via Kyodo news

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Ontale – éruption du 27.09.2014 – d’impressionnants panaches s’élèvent au dessus du volcan – photo AP / Kyodo news

ob_bf01fa_2014-09-27-ontake-dense-plumes-areOntake 27.09.2014 – panaches turbulents blancs et noirs émis au niveau de l’évent éruptif – photo AP / Kyodo news

Ce grand stratovolcan s’est édifié à l’intérieur d’une caldeira de 4 km sur 5, au sud de la zone volcanique Norikura. L’ancien complexe volcanique comprend au moins 4 stratovolcans qui se sont construit entre il y a 680.000 et 420.000 ans, période après laquelle l’Ontakesan resta inactif pendant plus de 300.000 ans. Sa première éruption historique date de 1979-80.

http://www.theguardian.com/world/video/2014/sep/27/mount-ontake-japans-second-highest-volcano-erupts-video

L’éruption de l’Ontakesan semble être selon le volcanologue Shigeo Aramaki, une éruption de type phréatique, sans écarter la possibilité d’un phénomène phréatomagmatique tant que l’analyse des cendres n’est pas terminée. L’explosion relativement violente, limitée dans le temps, et la couleur blanche et noire du panache sur les dernières photos sont des éléments en faveur du type phréatique, habituel sur ce volcan depuis des milliers d’années.

La vidéo mise en ligne hier montre des randonneurs qui fuient devant l’éruption avant de se faire englober dans le nuage de poussières, qui les a plongé dans le noir total durant plusieurs minutes. Un journaliste de NHK, M.Oguro, raconte que lui et son équipe ont dû faire usage de leur lampe frontale pour retrouver le lodge. Le propriétaire de ce lodge de montagne proche du sommet rapporte que la couche de cendres atteignait 50 cm. Des retombées de cendres sont signalées sur les préfectures de Nagano, Gifu et Yamanashi.Plus d’une quarantaine de personnes attendaient d’être évacuées par l’armée, alors que 200 randonneurs ont entamé la descente de l’Ontake dans les cendres laissées par l’éruption, par leurs propres moyens.

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Descente dans les cendres de la majorité des randonneurs dans la journée de samedi – à gauche, photo www.toledoblade.com pic.twitter.com-cbY57gqkBP – à droite, photo AP / Kyodo news – un clic pour agrandir.

 

ob_1f772d_2014-09-27-ontake-buildings-of-a-mOntake – les bâtiments proches du sommet sont recouverts par une épaisse couche de cendres – photo AP / Kyodo news

Le bilan s’est sérieusement alourdi ce matin : selon Associeted Press, ce 28.09.2014 / 2h27, plus de trente corps ont été retrouvés et considérés comme morts, près du sommet du volcan. […]

Article complet sur le blog de Bernard Duyck : http://www.earth-of-fire.com/

Hommage à Rose-Marie Chevrier, article de Sylvie Leleu et de Marcel Bof

le 10 septembre 2014 par Sylvie

A la fin de mois de juillet 2014, nous apprenions le décès de Rose-Marie Chevrier qui a fait partie des équipes Tazieff. La plupart d’entre nous, dont je fais partie, n’avons malheureusement pas pu faire sa connaissance mais certains membres et anciens compagnons de Tazieff ont eu le bonheur de travailler avec elle ou de la côtoyer. Ce fut le cas de Jean-Christophe Sabroux, Jacques Varet, ou encore Marcel Bof qui faisait partie de l’équipe présente à la Soufrière en 1976 en Guadeloupe.

Image1 Rose-Ma sur les murailles du fort Saint Charles à Basse Terre, Guadeloupe, en arrière plan, la Soufrière. 1976 (Photo Marcel Bof)

Rose-Marie Chevrier a d’abord été chimiste au CNRS de 1960 à 1970 puis elle est devenue  ingénieur géologue  après une formation au  Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) où elle a exercé comme chargée de cours avant d’obtenir un poste de maître de conférence à la chaire de Génie Géologie du CNAM.

Comme elle le racontait à Jean Lacouture qui l’interrogeait pour le livre de témoignages que France Tazieff et lui ont écrit  « Une vie de feu » aux Editions Glénat, elle rêvait  de travailler avec Tazieff depuis qu’elle avait vu son film « Les Rendez vous du diable ». Grâce à l’intervention d’amis qu’ils avaient en commun, elle reçut une lettre d’Haroun Tazieff la conviant à une réunion de travail. A peine arrivée, immédiatement Garouk la surnomme Rose-Ma (Rose-Marie lui dit-il c’est trop long). De même, elle s’adresse à François le Gern en l’appellant par son surnom « Fanfan » ; celui-ci lui donne d’ailleurs immédiatement une caisse d’ampoules à analyser. Tout de suite, elle est accueillie dans l’équipe et d’emblée, la confiance est là. C’est ainsi que fonctionnait Haroun Tazieff, accordant de suite sa confiance. Malheur à qui le décevait !

Ainsi Rose-Marie fit son baptême du feu à l’Etna en janvier-février 1976. D’ailleurs, Haroun Tazieff, Pierre Bichet, François le Gern lui ont signé un certificat : « Nous soussignés, certifions que Rose-Ma a, du 24 janvier au 5 février 1976, subi les redoutables épreuves du volcan Etna, avec montée, séjour en igloos, altitude, froid, coulées de lave, inconfort, avec résistance et avec le sourire. Fait pour servir de témoignage pour l’histoire de la volcanologie » (Une vie de feu de France Tazieff et de Jean Lacouture p 81). Rose-Marie était appréciée pour la qualité de son travail, de ses analyses chimiques mais aussi pour sa gentillesse et sa discrétion.

Elle a donc fait partie de l’équipe qui a vécu de manière intense la crise de la Soufrière puisqu’elle était sur place et y est restée en l’absence de Garouk. Comme le raconte Frédéric Lavachery dans son livre « Un volcan nommé Haroun Tazieff« , tous les matins, Rose-Marie grimpait au sommet pour y prélever des échantillons de gaz et d’eau. Une à deux heures après son retour au laboratoire, les analyses étaient achevées. Sa mission consistait aussi à analyser l’air, l’eau et les gaz aux abords des villages. Dans l’affaire de la Soufrière qui a opposé Tazieff et Allègre, le 13 août 1976, elle a clairement dit que,  dans l’analyse des cendres, il n’y avait pas de verre volcanique frais mais  du vieux matériel volcanique. Il y avait certes une activité phréatique accrue mais sans changement de phase.

Image2Dans le laboratoire de chimie, au Fort Saint Charles avec Jean Pierre Viodé, alors directeur de l’Observatoire de Volcanologie de Martinique en 1976. (Photo Marcel Bof)

En dépit des  menaces sur l’équipe et l’éviction de Tazieff, l’équipe présente auprès de lui pendant cette crise est restée à ses côtés par la suite.

Quant à Rose-Marie Chevrier, elle fut avec Jacques Labeyrie, Marcel Bof, Jean-Christophe Sabroux, Jacques Varet, François le Gern, Gérald Ernst Frédéric Lavachery, Pierre Casabonne et Pierre Bouillon un des membres fondateurs du Centre Haroun Tazieff le 13 juillet 2008 à Arette.

(Sylvie Leleu, le 10 septembre 2014)

Rose-Ma et sa grande discrétion par Marcel Bof

J’ai rencontré Rose-Ma à l’Etna lors de la campagne de juin 1976. Je l’ai retrouvée en août de la même année à la Soufrière de Guadeloupe. Là, je l’ai un tout petit mieux connue.C’était une personne souriante et réservée.

Lorsqu’il y a eu, à la Soufrière, cette polémique sur la présence ou non de verre frais dans les cendres, elle a toujours donné son opinion, à savoir qu’il n’y en avait pas, sur un ton calme, serein mais parfaitement assuré : elle était sûre d’elle-même. Elle a expliqué pourquoi il ne pouvait pas y en avoir, ce que représentaient les particules, mais n’en faisait pas étalage, contrairement à d’autres qui répandaient leurs erreurs dans les conférences de presse.
Juste avant l’évacuation elle a parfaitement décrit son point de vue au Préfet, analyses à l’appui, à savoir qu’il n’y avait aucun danger immédiat, opinion qu’elle a réitérée à la conférence de presse quand la question lui fut posée.

Image5Rose-Ma et Yeti lors de prise de gaz au Col de l’Echelle à la Soufrière de Guadeloupe. 1976. (Photo Marcel Bof)

Rose-Ma, Ingénieur chimiste au CNAM, passée à la volcanologie par Garouk, s’est beaucoup investie sur les volcans, je crois qu’elle était réellement passionnée par ce travail. Elle mit beaucoup de cœur à cet ouvrage avec sa compétence et sa forme physique.

Après le décès de Garouk, elle fut très proche de France Tazieff. C’est à cette époque où nos échanges s’intensifièrent un peu et où j’ai connu une Rose-Ma avec de l’humour et pouvant bavarder pendant des heures.

(Marcel Bof, le 10 septembre 2014)

 

Survolez les éruptions du Stromboli en drone, article de Laurent Sacco sur Futura science, le 29 août 2014

le 1 septembre 2014 par Sylvie

Cent ans après la naissance du célèbre volcanologue Haroun Tazieff, le Stromboli reste le pèlerinage obligatoire des passionnés de volcans. En activité permanente depuis au moins 2.000 ans, il permet de faire son « baptême du feu ». Son accès s’est largement démocratisé et l’on peut donc y marcher dans les pas des expéditions mythiques d’Haroun Tazieff et en rapporter des vidéos extraordinaires.

Il y a un siècle, Haroun Tazieff naissait. Grâce à lui, nombreux allaient être ceux à qui il a transmis le virus de la volcanologie. Il y a eu bien sûr Maurice et Katia Krafft, mais aussi Jacques-Marie Bardintzeff qui lui a rendu hommage lors des célébrations du centenaire de sa naissance le 11 mai 1914, comme nous le montre la page de son blog hébergé par Futura-Sciences.

Haroun Tazieff a contribué de façon significative à l’essor de la volcanologie moderne et à celui de la théorie de la tectonique des plaques comme le rappelle avec force la biographie que Frédéric Lavachery, fils de Haroun Tazieff et président du Centre Haroun Tazieff, a publié cette année aux éditions Archipel. Mais pour le grand public, Haroun Tazieff ce sont avant tout les images des éruptions volcaniques qu’il a filmées et qu’il a rapportées des quatre coins de la planète. […]

Une équipe de l’ORTF a suivi jusqu’au bout, pour l’émission « Les coulisses de l’exploit », le volcanologue Haroun Tazieff au cours de son expédition sur le volcan Stromboli, images de Jean Pradinas commentées par Haroun Tazieff lui-même.

Vidéo à retrouver en lisant l’article complet de Laurent Sacco sur Futura Science : http://www.futura-sciences.com/magazines/terre/infos/actu/d/volcan-video-survolez-eruptions-stromboli-drone-54990/

Qui n’a pas rêvé de l’accompagner sur les pentes du Stromboli, le volcan le plus actif d’Europe, comme une équipe de l’ORTF l’a fait en 1963 ? De nos jours, il est beaucoup plus facile de s’y rendre qu’à l’époque. Il y a juste besoin d’être en bonne santé, avec une condition physique normale et de se faire accompagner par un guide au sommet de cet édifice volcanique situé dans les îles éoliennes, toutes proches de la Sicile. Actuellement en éruption avec des émissions de coulées de lave, l’accès n’est plus possible temporairement. […]

Mais les progrès de la technologie, avec la prise d’images par des caméras CCD et le développement des drones volant, permettent à tout un chacun de vivre une expérience qui n’est pas très éloignée de celle que l’on peut vraiment faire sur place comme l’auteur de ces lignes l’a constaté. Les drones, en particulier, permettent d’obtenir des images des bouches éruptives du Stromboli avec une qualité et des angles de prises de vues que ne pouvait sans doute pas encore imaginer Haroun Tazieff lorsqu’il a entamé sa carrière de volcanologue.

Voir les vidéos et lire l’article dans sa totalité sur :

Activité volcanique dans Holuhraun , article de Bernard Duyck, publié le 1er septembre 2014 sur son blog

le 1 septembre 2014 par Sylvie

Quelques précisions concernant la nouvelle éruption débutée le 31 aoûtdans Holuhraun :
La fissure éruptive est estimée être d’une longueur de 1,5 km. La coulée de lave en résultant mesurait 3 km de longueur, en direction NE, pour une largeur d’environ 1.000 mètres, à 7h. Les coulées sont épaisses de plusieurs mètres, avec un flux important d’environ 1.000 mètres cubes par seconde.

ob_581529_2014-08-31-20h38-twitterbwzbi7nigaavActivité fissurale dans Holuhraun après l tempête – 31.08.2014 / 20h38 – photo Twitter BwZBi7nIgAAvCDZ

Ce 1er septembre, l’éruption fissurale continue de façon stable dans Holuhraun. Elle demeure effusive, sans activité explosive, mais caractérisée par un nuage léger de condensation.

ob_855bdc_2014-09-01-6h43-milaHoluhraun – webcam Mila 01.09.2014 / 6h43

ob_356a6d_2014-09-01-holuhraun-webcamHoluhraun – la fissure éruptive à l’aube ce 01.09.2014 – webcam Mila

ob_ebd7ba_2014-09-01-lave-eggert-mblsHoluhraun – coulée de lave ce 01.09.2014 vers 9h – photo Eggert / mbl.is / Twitter

Le ratio de séismes a baissé suite à la décompression, mais ceux-ci restent présents, avec 250 épisodes ce matin, les plus importants allant à M2. La plupart sont localisés dans la partie nord de l’intrusion , entre le site éruptif et au sud, 10 km. sous le Dyngjujökull.
Des séismes plus forts caractérisent les bords de la caldeira du Bardarbunga : de M4,5 à 4h59 sur le bord nord , et de M4,2 à 3h09 sur le bord sud.

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Propagation du dyke intrusif depuis le 16.08 – doc. University of Iceland / IMO / 31.08.2014

ob_a61644_2014-09-01-08-16-seismes-imoLocalisation des séismes sur la région Bardarbunga-Holuhraun, entre le 16.08 et le 01.09.2014 -les séismes les plus récents en rouge / voir échelle journalière colorée en marge – carte IMO

La région de l’Askja est qualifiée de sismiquement calme. On remarque cependant des séismes dans la zone de l’Herðubreið, dont l’un de M2,9 à 2h56. Cette zone est sismiquement active, et cette activité n’est pas nécessairement liée à un stress augmenté par l’intrusion  dont l’extrémité est 25 km. plus au sud.

ob_e3e20e_2014-09-01-09h05ob_a6f3cd_140901-09h05Localisation et magnitude des séismes le 01.09.2014 à 9h05 – doc. IMO
Sources :
– IMO
– University of Iceland
– Webcam Mila
– mbl.is

article à retrouver sur le Blog de Bernard Duyck :  http://www.earth-of-fire.com/

Vatnajökull (Islande) : Eruption sous-glaciaire en vue ? articles de Claude Grandpey

le 20 août 2014 par Sylvie

Le volcan Bárðarbunga, situé sous le glacier Vatnajökull, tire son nom d’un colon norvégien, Bárður Bjarnason, plus tard appelé Gnupa-Bárður, en provenance du Sognefjord en Norvège occidentale.

Bárður débarqua près de Husavik et s’installa vers l’an 900 dans la vallée qui porte encore son nom, la Bárðardalur. Plusieurs années plus tard Bárður envoya plusieurs de ses fils (il en avait neuf) dans le sud de l’Islande pour voir si les terres étaient plus fertiles. Ils revinrent en traversant les hautes terres encore inhabitées près du Bárðarbunga et par le col de Vonarskarð. Le chemin qui va du nord au sud de l’Islande s’appelle encore Bárðargata.
Quand les fils de Bárður revinrent à la ferme Lundarbrekka dans la vallée de Bárðardalur et dirent à leur père que la végétation était bien meilleure dans le sud, il déménagea et fonda la ferme Gnúpur près de Nupsstadur, juste à l’est de Kirkjubæjarklaustur. […]

Le volcan Bárðarbunga est la deuxième plus haute montagne de l’Islande avec 2009 mètres d’altitude. C’est aussi le plus grand système volcanique de l’Islande, avec 200 kilomètres de longueur et 25 km de largeur. Le glacier qui recouvre le sommet du volcan a une épaisseur estimée à 800 mètres.

Source : Iceland Review.

Vatnajökull (Islande): Eruption sous-glaciaire en vue ? article du 17 août 2014

6 heures: On observe depuis quelques heures une forte augmentation de la sismicité dans la partie nord du glacier Vatnajökull. Il ne serait pas surprenant qu’une éruption sous-glaciaire se produise dans le court terme, probablement au niveau du volcan Bardarbunga.

L’essaim sismique a débuté vers 3 heures du matin le 16 août avec des événements à faible profondeur qui oscillent autour de M 1,5 pour la plupart, avec quelques secousses supérieures à M3, signalées par une étoile sur la carte ci-dessous. La situation est semblable à celle qui a précédé l’éruption du Grimsvötn en 2011.

De plus, les stations GPS installées sur le Vatnajökull montrent des déformations horizontales et verticales depuis le début du mois de juin, ce qui trahit des mouvements de magma sous le volcan Bardarbunga.

Vatna-aout-20142Source: Icelandic Met Office.

En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée du Vert au Jaune.

12 h30 : A la mi-journée, l’activité sismique reste intense dans la partie septentrionale du Vatnajökull mais aucune dépêche ne fait état d’une éruption aérienne ou sous-glaciaire. Il ne semble pas y avoir de crue  (jokulhlaup en islandais) non plus. Rappelons qu’une éruption sous-glaciaire ne se manifeste pas forcément par des panaches de cendre. Elle peut rester discrète. On s’en rend d’ailleurs compte en consultant l’histoire éruptive du Bardabunga sur le site de la Smithsonian Institution. La dernière éruption officielle remonte à 1910. D’autres événements ont probablement eu lieu depuis mais ils sont répertoriés comme « incertains ».

22h30: L’essaim sismique continue ce soir, avec des événements qui ont peut-être perdu un peu de leur intensité, si l’on en juge par le diagramme diffusé par le Met Office. Ce dernier indique qu’il n’y a « actuellement aucun signe que le magma monte vers la surface ».

Vatnajökull (Islande): Eruption sous-glaciaire en vue? article du 18 août 2014

18h30 : Rien de très nouveau aujourd’hui dans le NO du glacier Vatnajökull mais la sismicité reste élevée (on a enregistré 1 115 secousses pendant le week-end) avec deux essaims : l’un à l’est du Bárðarbunga, l’autre en bordure du glacier Dyngjujökull, juste à l’est de Kistufell.

Le Met Office a enregistré une secousse de M4 tôt ce matin dans l’essaim de Kistufell. C’est le séisme le plus fort enregistré depuis 1996 dans la région.

L’alerte aérienne est passée à l’Orange. Par précaution, la route de Gæsavatnaleið et d’autres pistes à l’est  de Skjálfandafljót vers l’Askja ont été fermées. De la même façon, la piste F 88 vers Herðubreiðarlindir (F88) n’est plus accessible à cause du risque d’inondation en cas d’éruption sous-glaciaire.

Bien malin serait celui qui pourrait dire comment la situation va évoluer. Au vu de la sismicité intense et superficielle, du niveau élevé du tremor et des déformations enregistrées sur le terrain, on serait tenté de pronostiquer une éruption à court terme. C’est le point de vue actuel des volcanologues islandais.

Mais tout n’est pas aussi facile dans le cas des volcans sous-glaciaires ! Il se peut aussi qu’il ne se passe rien et que l’éruption avorte. Il se peut aussi que le magma se contente de faire chauffer le glacier en provoquant sa fonte et des inondations, sans apparition d’un panache éruptif.

Un autre facteur assez déroutant en ce moment est l’ampleur de la zone affectée par la sismicité. Il ne faudrait pas que cela annonce une éruption fissurale dans le secteur. Elle aurait probablement une autre ampleur qu’une simple éruption sous-glaciaire.

Erik Klemetti nous rappelle sur son blog (http://www.wired.com/2014/08/significant-earthquake-swarm-hits-icelands-bardarbunga/#more-1425341) qu’il y a 8500 ans, le volcan Barðarbunga  a été la source de la coulée de lave de Þjórsá (Thjorsa), la plus volumineuse jamais observée en Islande avec 25 kilomètres cubes de basalte. Toutefois, rien n’indique actuellement que l’on se dirige vers une éruption d’une telle ampleur.

21 heures: Bien qu’aucun événement visible ne se soit encore produit, la possibilité d’une éruption volcanique du Bárðarbunga se fait de plus en plus pressante. Hier, le premier ministre islandais rencontré les secouristes et les responsables de la protection civile à ce sujet.

Les nouvelles d’une possible éruption du Bárðarbunga qui se sont répandues à travers le monde ont déjà eu des effets réels sur l’Islande. Par exemple, les actions de la compagnie Icelandair ont chuté en Bourse de 4,35%.
Si une éruption du Bárðarbunga se produit, il est probable qu’elle génèrera un nuage de cendre ainsi que les inondations qui vont probablement se diriger vers le nord, jusqu’à la rivière Jökulsá á Fjöllum. Les curieux à la recherche de sensations fortes sont invités à rester à l’écart de la zone. Comme je l’ai écrit précédemment, les routes menant près Bárðarbunga ont été fermées.

Sur le terrain, le Met Office indiquait ce matin que quelque 2600 secousses ont été enregistrées depuis le début de la crise sismique. La carte ci-dessous montre clairement que les essaims se répartissent en 2 groupes, vers le nord et l’est du volcan. La branche orientale semble la plus active. La majorité des secousses ont été localisées à 5-10 km de profondeur et rien n’indique actuellement que le magma est en train de migrer vers la surface. Il n’y a aucun signe d’une activité éruptive en cours ou imminente.
Vous pouvez suivre l’activité du Bárðarbunga via une webcam à cette adresse:
http://vedur2.mogt.is/grimsfjall/webcam/

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/

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A map showing the area currently off limits to the public.

http://www.ruv.is/frett/evacuation-ordered-north-of-volcano?utm_content=buffera1caa&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer