Un point sur l’éruption de l’Holuhraun,en Islande, articles de Bernard Duyck et de Claude Grandpey

le 6 février 2015 par Sylvie

Documents provenant du blog de Bernard Duyck : http://www.earth-of-fire.com/

 

 

Holuhraun - épaisseur des coulées du champ de lave - doc. IES

Holuhraun – épaisseur des coulées du champ de lave – doc. IES

Activité à Holuhraun - l'épaisseur des coulées se réfère au personnage à gauche  - photo 2015.01.27 Tomas Freyr Kristjansson / Caters news agency / Dailymail

Activité à Holuhraun – l’épaisseur des coulées se réfère au personnage à gauche – photo 2015.01.27 Tomas Freyr Kristjansson / Caters news agency / Dailymail

Activité à Holuhraun - les émanations de gaz restent importantes - photo 2015.01.27 Tomas Freyr Kristjansson / Caters news agency / Dailymail

Activité à Holuhraun – les émanations de gaz restent importantes – photo 2015.01.27 Tomas Freyr Kristjansson / Caters news agency / Dailymail

Article de Claude Grandpey sur la situation des gaz suite à  l’éruption

Cela fait maintenant plus de cinq mois que les météorologues islandais et le Scientific Advisory Board (conseil consultatif scientifique) diffusent des mises à jour quotidiennes sur le déplacement des panaches de gaz nocifs émis par l’éruption dans l’Holuhraun. Les gaz majoritaires sont le dioxyde de soufre (SO2) et le dioxyde de carbone (CO2). Les autres gaz représentent des quantités beaucoup plus faibles. Le SO2 – qui provoque des problèmes respiratoires et oculaires, ainsi que des maux de gorge – est responsable de la plupart des problèmes de santé liés à l’éruption. Le CO2 peut représenter un danger pour les scientifiques qui travaillent à proximité du site éruptif.

Les émissions de gaz actuelles sont les plus dangereuses que l’Islande ait connues depuis plus de 200 ans, avec l’éruption du Laki en 1783. Afin d’évaluer ces émissions, les autorités islandaises ont installé 27 capteurs automatiques de SO2 à travers le pays, associés à d’autres appareils de mesure portables, dont certains sont fixés à des véhicules de police. Selon la direction du vent, les panaches de SO2 peuvent affecter n’importe quelle région du pays, avec des pointes dépassant parfois 2000 µg / m3 en différents endroits tout au long de la journée. L’Agence pour l’Environnement a indiqué que 350 µg / m3 pour une période d’une heure et 125 µg / m3 pour une période de 24 heures étaient les limites d’exposition acceptables au dioxyde de soufre. Lorsque la concentration augmente, des alertes sont diffusées via Facebook et par SMS. Les Islandais sont alors invités à éviter les sorties et les activités physiques. Des niveaux supérieurs à 600 µg / m3 sont considérés comme dangereux pour les personnes qui ont des problèmes de santé et sont donc plus susceptibles d’éprouver des problèmes respiratoires. Dans ce cas, elles sont invitées à rester à l’intérieur avec les fenêtres fermées.

Toutefois, la principale préoccupation est sur le long terme avec des effets mal connus de l’exposition à de faibles quantités de SO2. Un aspect inquiétant du SO2 est sa réaction avec l’eau qui le fait se transformer en acide sulfurique (H2SO4), beaucoup plus difficile et plus coûteux à contrôler. L’acide sulfurique persiste sur de plus longues périodes de temps que le SO2, et aussi plus loin du centre éruptif, comme ce fut le cas pendant l’éruption du Laki en 1783, avec quelque 20 000 morts en Grande-Bretagne.

Les panaches de SO2 ont parfois atteint Reykjavik sur la côte ouest, mais c’est la partie orientale de l’Islande qui a été la plus fortement exposée à des concentrations de gaz élevées. Les écoles ont parfois été fermées et les ventes de médicaments contre l’asthme ont grimpé en flèche. Le 11 janvier, un appareil portable a relevé 7,800 µg / m3 à 80 km à l’est de l’éruption.

Les agriculteurs de l’est de l’Islande sont inquiets eux aussi. Leur bétail pourrait se retrouver affecté à long terme car les animaux sont restés confinés pendant longtemps à l’intérieur de structures où la circulation de l’air n’est pas bonne. Il ne serait pas surprenant que les plus jeunes bêtes se retrouvent avec des problèmes de santé, tels que des faiblesses respiratoires.

En outre, avec le printemps, d’autres effets secondaires de l’éruption pourraient apparaître. L’acide sulfurique est actuellement mélangé à la neige. C’est seulement au moment de la fonte printanière que l’on saura à quel point le H2SO4 a affecté l’eau, le sol et la végétation.

Blog de Claude Grandpey : http://volcans.blogs-de-voyage.fr/

La fonte des glaciers liée à une augmentation de la fréquence des éruptions , article de Bernard Duyck, janvier 2015

le 6 février 2015 par Sylvie
Eruption de l'Eyjafjallajökull en 2010 - photo Artic images

Eruption de l’Eyjafjallajökull en 2010 – photo Artic images

L’Islande est depuis toujours un laboratoire naturel pour l’étude des changements climatiques. Environ 10% de sa surface est recouverte de quelques 300 glaciers … le réchauffement climatique leur fait perdre annuellement 11 milliards de tonnes de glace. Cette énorme masse qui fond contribue non seulement à la hausse globale du niveau de la mer, mais aussi au soulèvement de certaines parties de l’Islande, estimé à 35 mm/an.

Une étude récente de l’Université del’Arizona conjointement avec celle d’Islande, publiée dans Geophysical Research Letters, sur base des informations de 62 stations GPS, montre une vitesse de soulèvement et une accélération de celui-ci sur 27 stations, localisées de façon prédominante dans le centre de l’île.

Islande - à gauche, quelques glaciers (-jökull) parmi les plus importants - à droite, réseau géodésique GPS (triangles rouges) utilisés pour mesurer le soulèvement de l'Islande / Credit: Kathleen Compton/UA Department of Geosciences - un clic pour agrandir.Islande - à gauche, quelques glaciers (-jökull) parmi les plus importants - à droite, réseau géodésique GPS (triangles rouges) utilisés pour mesurer le soulèvement de l'Islande / Credit: Kathleen Compton/UA Department of Geosciences - un clic pour agrandir.

Islande – à gauche, quelques glaciers (-jökull) parmi les plus importants – à droite, réseau géodésique GPS (triangles rouges) utilisés pour mesurer le soulèvement de l’Islande / Credit: Kathleen Compton/UA Department of Geosciences – un clic pour agrandir.

Islande - zones de rift et volcans centraux - doc. in Geology of Iceland - Dr T.Weisenberger

Islande – zones de rift et volcans centraux – doc. in Geology of Iceland – Dr T.Weisenberger

Avec la fonte des glaciers, la pression sur les roches sous-jacentes diminue. Un des auteurs de l’étude précise :  » les roches peuvent rester en phase solide à très haute température si la pression est suffisamment haute. Si vous réduisez la pression, vous abaissez effectivement la température de fusion  » … le résultat est une sub-surface moins dure et un accroissement de la quantité de matériaux éruptifs, ainsi qu’un cheminement plus aisé du magma vers la surface. Une élévation de température suite à une baisse de pression constitue un environnement favorable à la fusion de roches du manteau, qui alimentent en magma les systèmes volcaniques.

L’histoire de l’Islande confirme cette réflexion : il y a 12.000 ans, lors de la dernière période de déglaciation, l’activité volcanique de l’île s’est accrue d’un facteur trente. Or celle-ci a pris plus de temps que la phase de fonte des glaciers actuelle boostée par les activités humaines … une extrapolation permet aux auteurs de la recherche de prédire un ratio de soulèvement de l’Islande de 40 mm par an pour le milieu de la décade prochaine, libérant plus de caldeiras et permettant le renouvellement plus rapide d’évènement perturbateurs de notre économie du type éruption de l’Eyjafjallajökull 2010.

Le feu et la glace ... un couple "infernal" - éruption de l'Eyjafjallajökull - 16.04.2010 - photo Marco Fulle

Le feu et la glace … un couple « infernal » – éruption de l’Eyjafjallajökull – 16.04.2010 – photo Marco Fulle

Une fois les équilibres climatiques perturbés, la chaîne de catastrophes qui y sont liées risque de s’allonger.

Beaucoup de questions restent sans réponse : une augmentation de la fréquence des éruptions volcaniques va-t-elle s’ajouter aux sécheresses, inondations, feux de forêt, augmentation du niveau des mers, tempêtes, tornades, perte agroalimentaires, disparition des espèces … Pourrons-nous le vérifier de visu ? … A quelle vitesse les systèmes volcaniques vont-ils réagir à la fonte des glaciers ?

Sources :

– American Geophysical Union – Geophysical Research Letters – Climate driven vertical acceleration of Icelandic crust measured by CGPS geodesy – by Kathleen Compton, Richard A. Bennett and Sigrun Hreinsdóttir –

– Iceland Review – Glacial Melt Lifts Iceland, Triggers Eruptions –

– Time Science – How Climate Change Leads to Volcanoes –

– The Royal Society – How will melting of ice affect volcanic hazards in the twenty-first century?

Article de Bernard Duyck sur : http://www.earth-of-fire.com/

5èmes Journées Haroun Tazieff

le 4 janvier 2015 par Sylvie

Les 5èmes Journées Haroun Tazieff auront lieu du 2 au 7 juin 2015 à Bessan et Saint Thibéry, dans l’Hérault. Au programme, il y aura des conférences, des expositions, des animations pour les scolaires et des sorties géologiques le samedi et dimanche. Un événement incontournable à ne pas rater.

5emesJHTSituation de Bessan et Saint Thibéry

geolCarte géologique de Bessan et Saint Thibéry

Meilleurs voeux

le 4 janvier 2015 par Sylvie

voeux 2 2015

Emission sur France Inter vendredi 24 octobre consacrée à Haroun Tazieff

le 21 octobre 2014 par Sylvie

L’émission de Fabrice Drouelle « Affaires sensibles » sur France Inter sera consacrée ce vendredi 24 octobre de 15h à 16h à Haroun Tazieff. En première partie de l’émission, il y aura un récit de 40 minutes dont voici le synopsis :

« Haroun Tazieff, l’oracle des volcans », une fiction de Manuelle Calmat de Gmeline, réalisée par Michel Sidoroff.

Né à Varsovie en 1914, Haroun Tazieff est aujourd’hui considéré comme le père de la volcanologie contemporaine. Au départ, ingénieur agronome, cet accro au foot et au rugby se découvre un intérêt particulier pour tout ce qui touche aux volcans. Il organise alors des expéditions et  effectue des prélèvements de lave et de gaz pour étayer ses recherches. A partir de 1951 il écrit, pour le grand public, une trentaine d’ouvrages qui témoignent de son intérêt pour l’écologie. Il combat le catastrophisme en vogue avec le trou de la couche d’ozone et le réchauffement climatique dont il estime les causes mal analysées.

En 2008, dix ans après sa mort, son fils crée le Centre Haroun Tazieff, un hommage vibrant à celui que Jean Cocteau considérait comme le poète du feu.

La seconde partie de l’émission sera consacré à un entretien de 20 minutes entre Fabrice Drouelle et  Frtédéric Lavachery, président du Centre Haroun Tazieff et fils d’Haroun Tazieff.