De superbes photos de nuages autour de volcans, article de Bernard Duyck

le 9 juin 2012 par Sylvie

Volcans et phénomènes atmosphériques – 1. les nuages lenticulaires.

 

Les volcans sont des structures souvent associées à ce qu’on pourrait appeler «  des phénomènes atmosphériques » : nuages lenticulaires, tourbillons de Karman, autre vortex, ou encore éclairs.

 

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Un nuage orographique coiffant le Mont Fuji  – photo astrosurf

 

Beaucoup de belles photos de volcans sont coiffés d’étranges soucoupes, rappelant les OVNI : ce sont des nuages lenticulaires, encore appelés « os de seiche ».

Ce type de nuage n’est pas uniquement associé aux volcans, mais bien au relief … deux exemples célèbres :  » l’âne du Mont Blanc « , ainsi nommé selon une expression des Chamoniards, qui au lieu de dire que les nuages et la pluie vont arriver, disent que  » le Mt blanc a l’âne « .

Autre exemple connu,  » la nappe  » de la Montagne de la Table, près du Cap en Afrique du Sud :  vents chargés d’humidité en provenance de la mer montent et forment ce type de cumulus.

Je suis peu être chauvin, mais je trouve que quand ils chapeautent les formes presque parfaites des stratovolcans, leur effet esthétique est maximum.

 

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Altocumulus lenticularis sur le Mt Rainier / Etat de Washington – photo Tim Thompson / Image astronomique du jour.

 

Le nuage lenticulaire est un altocumulus lenticularis, un type d’altocumulus stationnaire en forme de profil d’aile d’avion qu’on retrouve en aval du sommet des montagnes sous le vent, signant la présence d’un ressaut ou onde orographique (littéralement dessinée par les montagnes).

Lorsque le vent vient à buter sur un obstacle, colline, montagne ou volcan, des ondes se développent verticalement. L’air humide va monter et engendrer en se refroidissant des nuages, des paquets opaques de vapeur d’eau.

Ils se reforment en réalité en permanence du côté du vent et se dissolvent côté opposé, réalisant ainsi un nuage stationnaire, contrastant avec le vent fort et horizontal d’altitude qui est censé le déplacer rapidement.

Ces nuages sont apprécié des vélivoles, car il montre la présence d’une ascendance puissante et stable.

 

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Cet extraordinaire paysage est offert certains jours aux habitants de Seattle, voisins du Mont Rainier; il peuvent ainsi admirer une « pile d’assiettes » surmontant le volcan, ou un « troupeau de nuages lenticulaires » … interprétation au choix – photo Wallpaper Naional geographic 2008 / Arco images.

 

 

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Empilement sur le sommet de l’Erebus / Antarctique – photo MEVO

 

Cette masse d’air a un contenu d’humidité variable selon l’altitude, si bien que des nuages distincts peuvent se former aux différents points de rosée de la masse d’air. Il en résulte alors un nuage , à l’aspect stratifié, en  » piles d’assiettes « .

 

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« Un train de nuages lenticulaires » au dessus de Big Island / Hawaii – photo Peter Michaud / Futura Sciences.

 

400px-Vol_donde.png Sur les reliefs, les ondes formées ne se limitent pas à l’onde située juste au-dessus du sommet d’une montagne, un « train d’ondes » peut se former et donner lieu à une série de nuages lenticulaires, au sommet de chaque onde.

Vol d’onde – image wikipedia

 

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Une autoroute de nuages lenticulaires suit le chaîne volcanique sur North Island / Nouvelle-Zélande – Mt Tarurua – photo Chris Picking /Image astronomique du jour.

 

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Last but not least … le Mongibello (*) avec sa coiffe hivernale – photo Andrea Rapisarda

 

 

(*) Mongibello : nom d’éthymologie mixte latine – mons – et arabe – Djebel – qualifiant l’etna de « montagne des montagnes ».

 

Sources :

– Report en aerial phenomena observec near the chanel islands, UK  – by J-F. Baure & al.

– Mountain waves and clouds : investigating the occurence of cloud-producing mountain waves – by Al. Reid

– Astrosurf – la formation des nuages.

 

Article de Bernard Duyck sur son blog : http://earth-of-fire.over-blog.com

Présentation du projet Volcans et Paysages européens sur le site du Café Pédagogique

le 9 juin 2012 par Sylvie

Volcans et paysages européens

Par Nathalie Doudet

Ce désir naît, comme c’est souvent le cas, d’un désir personnel et d’une rencontre. Le désir de Christine Hainaut, professeur des écoles à Privas –École de Lancelot-, de monter un projet d’envergure européenne, elle songe aux visioconférences au etwinning, aux projets Comenius. Sa rencontre, un peu par hasard, au cours d’une randonnée sur les plateaux ardéchois avec Frédéric Lavachery, fils d’Haroun Tazieff sera décisive et lui permettra de franchir le pas. La rencontre est enthousiaste, passionnée, ils « refont le monde pendant 3 heures ».

Monsieur Lavachery devient un acteur essentiel qui permet de mettre en lien différentes écoles et de créer un réseau. Tout naturellement, le lien avec l’Italie se tisse, plus précisément avec la Sicile et les villes de Nicolosi (Istituto comprensivo, http://www.scuoladusmetnicolosi[…]) et Rossolino (istituto superiore Archimede, http://primoistitutoarchimede.it/[…]). Une école de Belgique et une autre d’Allemagne sont également associées au projet.

Le projet a démarré en septembre 2011 et une première rencontre des enseignants s’est dessinée à Nicolosi en février 2012(récit : http://www.ac-grenoble.fr/ecole/lanc[…] et http://tazieff.fr/bilan-du-sejour-a-nicolosi/). L’accueil a été chaleureux et, bien que la langue choisie pour le projet soit le français, des élèves italiens qui n’apprennent pas tous le français ont pris part aux échanges. À ce jour, deux échanges épistolaires, traditionnels, par la poste, ont été effectués -présentation des élèves, de la région-, l’idée est de présenter les volcans et paysages européens afin que les élèves prennent conscience de leur patrimoine commun en découvrant la réalité structurale de l’arc péri-alpin. Il s’agit de mobiliser la fascination naturelle qu’exercent fontaines et torrents de lave pour pousser la porte de la géologie et s’initier à la lecture de paysage de territoires de proximité fortement marqués par le volcanisme. Le paysage devient un terrain privilégié pour l’éducation à l’observation, à l’interrogation, à la recherche de réponses et de savoirs, à la méthode scientifique, à la découverte des relations profondes, naturelles et humaines, que tissent ses éléments constitutifs.  Cette approche se veut européenne, transversale, interdisciplinaire. Le projet ambitionne d’explorer les possibilités de liens pédagogiques entre les classes d’âge (de 9 à 18 ans).

Une première visioconférence sera organisée en juin : l’école dispose d’un TBI et l’Istituto comprensivo de Nicolosi est également doté de technologies de pointe.

Le rôle de l’élève est également au cœur du projet qui veut faire des élèves « les éducateurs de leurs pairs ». Des liens ont été établis avec le Collège de Privas, afin que le projet puisse être vécu par les élèves de l’école (CM) qui intègreront le collège l’année prochaine. Les échanges collège/école sont ainsi assurés par, outre la présentation et le vécu du projet, du prêt de matériel et des visites du Musée de la Terre en cours de création au sein de l’école.

Chaque établissement prend en charge une partie du projet : réalisation d’une mallette pédagogique avec des expériences et organisation de randonnées géologiques contées (Privas), maquettes volcaniques (Allemagne), exposition sur l’histoire de la volcanologie contemporaine (Belgique) musée du volcanisme et dossier de presse du projet (Italie).

L’école de Lancelot participera à la fête de la science en octobre 2012 (http://www.fetedelascience.fr/) et le point d’orgue du projet est prévu en mai 2014, date à laquelle on commémorera les cent ans de la naissance d’Haroun Tazieff avec la réunion de tous les partenaires européens qui présenteront à cette occasion leur mallette pédagogique mobile à Privas.

Le volet linguistique n’est pas au cœur du projet mais, côté italien, media et liceo voient les élèves francophones impliqués.

Côté français, le collège Bernard de Ventadour Privas dispose d’un enseignement en LV2 italien : ce projet devrait très certainement interpeller les collègues italianistes et créer un vivier de nouvelles recrues pour l’italien.

http://www.cafepedagogique.net

 

Le projet Volcans et paysages européens mené par l’Ecole Lancelot à Privas a remporté le prix du jury lors du 5ème Forum des Innovations Pédagogiques qui a eu lieu à Orléans le 2 et 3 juin.

le 9 juin 2012 par Sylvie

Le palmarès du 5ème Forum des enseignants innovants

Au terme de deux journées bien remplies d’échanges, de discussions, de découvertes et de réflexions, les prix du 5ème Forum 2012 ont été décernés à 13 projets particulièrement appréciés par le public et par le jury, composé de membres des associations partenaires. Un palmarès, a rappelé François Jarraud, qui ne doit pas faire oublier la valeur de chacun des projets présentés, choisi au terme d’une sélection plus sévère que les années passées, ni que la vraie récompense réside dans le partage d’un  grand moment de convivialité autour de l’école et la pédagogie.

 Quatre prix ont été décernés par le public composé des enseignants innovants.

Le Grand prix des enseignants innovants est allé à Guillaume Delpeyroux pour son projet de doublage de films en anglais au lycée Saint Jean. Le prix des enseignants innovants va à Stéphanie Fontdecaba pour « Rando Philo », une randonnée philosophie avec ses élèves de CE – CM. Le public a aussi décerné le prix de la créativité à Marjorie Lévêque pour le véritable manuel de grec ancien qu’elle a realisé pour ses collégiens et le « prix spécial des enseignants » à Robert Delord , pour un autre projet en lettres anciennes (la visio 3D).

Neuf prix ont été décernés par  le jury composé par les associations partenaires et le Café pédagogique.  

Le grand prix du Forum a été attribué à Claire Fabre pour le projet « l’école en sons chantier ». Le prix du jury va à Christine Hainaut pour un projet international « Volcans et paysages européens ». François Jourde, professeur de philosophie à Bruxelles, remporte le grand prix numérique et Florian Colombat le prix numérique pour l’utilisation des tablettes tactiles en EPS.

http://www.cafepedagogique.net

 

Les risques à prendre en compte en Guadeloupe et en Martinique, interview du sismologue Christian Anténor-Habazac sur le site de CaribCreoleNews (CCN), en date du 23 mai 2012

le 27 mai 2012 par Sylvie


 Le nouveau gouvernement français en place et ses ministres ne doivent pas, comme précédemment, sous-estimer les risques naturels menaçant notre région. Les dernières grosses pluies ont causé de nombreux dégâts et cela risque de se reproduire si, très rapidement, des mesures ne sont pas prises. C’est ce qu’a dit à CCN le sismologue Christian Anténor-Habazac. Outre les pluies torrentielles et les inondations de la région pontoise, le Big One, le tremblement de terre qui, depuis des années, nous pend au nez, est souvent minoré.Là encore, le spécialiste prévient que le séisme risque d’avoir des conséquences dramatiques car les bâtiments : CHU, CAF, etc., ne sont pas aux normes ; les rues de Pointe-à-Pitre sont trop étroites. En cas de Big One, pendant près de 72 heures, la Guadeloupeet ses sinistrés seront seuls… Qui s’en préoccupe vraiment ?
Interview choc avec un expert.

CCN : Géologiquement d’où vient l’arc des Caraïbes ? Pourquoi la Guadeloupe est-elle si différente de la Grande-Terre ?

Christian Anténor-Habazac : Il ne faut pas confondre la Caraïbe et les Antilles (on est en géographie !). La Caraïbe, c’est l’ensemble des pays et des îles entourant la mer des Caraïbes ou Mer des Antilles. Donc, le Vénézuela, la Colombie (partie Caraïbe) et l’Amérique Centrale en font partie ainsi que les îles.
Les Antilles, terme plutôt français, ne sont que les îles, grandes et petites, des Antilles mexicaines (Cozuma …) à Trinidad en passant par Cuba, la Guadeloupe, etc. Tectoniquement, la Caraïbe géographique correspond quasiment à la plaque tectonique des Caraïbes. […]
Les « grandes Antilles », c’est-à-dire Cuba jusqu’à Porto-Rico, sont des morceaux de la plaque nord américaine qui supporte l’Amérique du Nord et une partie de l’Océan Atlantique. Elles font donc partie des « vieux continents », âgés d’environ 200 millions d’années. C’est pour cela qu’il y a du pétrole et d’autres minerais précieux tel que l’or, l’iridium, le cuivre …).[…]
Géologiquement, l’arc des petites Antilles, donc sauf Barbade – qui est en dehors de l’arc – commence avec les Virgin Islands (Iles Vierges) et va jusqu’à la Grenade. C’est cette partie qui nous concerne.
Tout d’abord, Barbade est une île sédimentaire créée par l’accumulation des sédiments provenant des fleuves de l’Amérique du Sud (bassin de l’Orénoque) dans la fosse marine induite par la subduction. Ces sédiments ont formé une île, suite à la déformation de la croûte terrestre, due à la subduction. Toutes les autres petites Antilles sont d’origine volcanique, y compris Grande-Terre et Marie-Galante. Sur ce petit arc volcanique (petit par rapport à l’Indonésie, au Japon, aux Aléoutiennes) […]
le plus ancien, le plus à l’est, commence depuis le sud et à l’est de la Martinique et se termine aux Iles Vierges via Marie-Galante, Grande-Terre, Antigua & Barbuda, les îles du nord. Il se compose de vieux volcans créés et morts depuis plusieurs dizaines de millions d’années sous l’eau. […]
le plus récent, le plus à l’ouest, comprend les îles depuis la Grenade jusqu’à Saba, en passant par la Guadeloupe proprement dite (très improprement appelée Basse-Terre), Montserrat, Nevis, etc. Ces îles ont toutes moins de cinq millions d’années et possèdent chacune au moins un volcan actif dormant (sauf Montserrat où Soufrière Hills est encore bien réveillé) susceptible de pouvoir entrer en éruption en moins de deux ans (Guadeloupe incluse avec le massif de la Soufrière). Ces volcans sont tous de type explosif à cause du magma, consistante pâte à modeler, créé par la subduction. […]

CCN : On remarque que les violentes pluies sont circonscrites au triangle Abymes-Pointe-à-Pitre-Gosier. Basse-Terre, plus montagneuse, plus arrosée, est épargnée. La nature défie-t-elle ses propres lois ?

CAH : La logique voudrait qu’il pleuve plus en montagne qu’en plaine. Dans le cas particulier que vous évoquez, cela ne veut pas dire qu’il pleut plus en plaine qu’en montagne. Il s’agit simplement d’un épisode particulier comme il s’en produit souvent en Guadeloupe, en mer, mais aussi ailleurs à terre.
Ce type de pluies résulte d’une ascension rapide des masses d’air dans l’atmosphère. Il s’agit d’un phénomène convectif associé aux cumulus et cumulo-nimbus, à développement vertical important. Les précipitations résultant de ce processus sont en général orageuses, de courte durée (plusieurs dizaines de minutes), de forte intensité et de faible extension spatiale. La faiblesse du vent a en plus maintenu les nuages orageux « très longtemps » au-dessus de la région pontoise.
La configuration de la région, avec ses nombreuses cuvettes mal drainées, ses mangroves actuelles ou comblées au niveau de la mer, l’imperméabilisation des sols ainsi que leur saturation par les pluies précédentes, a achevé le travail. […]

Mais les pluies orographiques (en zone montagne) font des cumuls pires sur des périodes plus courtes. Par exemple, le 17 mai 1985, vers 16h, à Saint-Claude, il est tombé 240 mm d’eau en moins de 90 minutes. Résultats, 10 cm d’épaisseur d’eau sur toute la largeur de la RN 3 au niveau de Bonne-Terre à Saint-Claude, dévalant vers Basse-Terre, des geysers d’eau de 5 m de hauteur sur les trottoirs, les couvercles en fonte des regards ayant explosé. Tout le centre ville de Basse-Terre noyé sous parfois plus de 70 cm d’eau !

Et on continue à mettre, au bord des rues/routes, des petits rebords en béton avec, de temps à autre, un tout petit égout, tentant de rediriger l’eau vers une canalisation de 400 mm de diamètre sur le trottoir, alors qu’on avait avant de bons fossés larges et profonds, de l’ordre du mètre et plus, qui débordaient déjà ! Les éminents spécialistes que sont nos maires et ingénieurs de la DDE m’ont dit que tout était aux « normes » … exotiques, oui !

CCN : Faut-il avoir peur de Pointe-à-Pitre : risques majeurs en cas de « Big Break », risques importants d’inondations quand il pleut ? Est-ce une ville instable géologiquement ?

CAH : Oui, si les aménagements continuent d’être faits en dépit du bon sens. […]  Nous sommes en milieu tropical humide, il ne faut pas l’oublier ! Il y aura donc d’autres inondations…

Oui, s’il y a tous les assainissements et autres comblements de mangrove dans une zone normalement gorgée d’eau. Ces types de sols amplifiant considérablement les ondes sismiques, les dégâts seront donc en proportion. De plus, ils sont sujets à liquéfaction (le sol perd de sa résistance mécanique et tout bâtiment existant dessus n’est plus supporté et s’enfonce ou bascule. Il y a déjà des cas connus sans l’occurrence de séismes…).

Non, si le séisme à venir nous donne le temps de tout remettre aux nouvelles normes. On a commencé à casser les vieux immeubles collectifs pour en reconstruire d’autres, mais il reste tout le centre ville. Comment va-t-on faire avec tous ces bâtiments privés ?
Il faut tout revoir, bien sûr, les immeubles aux normes, mais aussi la largeur des rues, le renforcement des réseaux, la disponibilité de l’eau… C’est un problème d’aménagement de territoire.

CCN : La plaine des Abymes, où il n’y a pas de rivières, est souvent « noyée » : pourquoi ?

CAH : A cause des Grands-Fonds, et aussi des vents alizés. La plaine des Abymes est justement le point d’arrivée de tous les petits ruisseaux et autres ravines qui drainent les eaux des Grands-Fonds vers la mer, donc via Pointe-à-Pitre, Gosier et le Raizet. Côté nord, le passage de l’eau se fait par Pointe-D’Or, le Canal de Perrin et un peu moins vers Morne-à-l’Eau et il pleut souvent sur les Grands-Fonds / Morne-à-L’Eau / Abymes et même Jarry. Pourquoi ? A cause des vents alizés et du profil de la Grande-Terre.
Il suffit d’observer les nuages dans la zone : on constate toujours un alignement de nuages, depuis la Désirade, à l’est, vers Petit-Bourg / Sainte-Rose, à l’ouest, dans le sens des vents alizés. Cette bande de nuages ne se forme que sur la terre, depuis la Désirade, à cause de l’évolution diurne qui forme de la convection créée par l’évapotranspiration de la végétation sous l’action du soleil. Plus il fait chaud, moins il y a de vent, plus la convection est forte, plus il y a de nuages, et le petit relief des Grands-Fonds provoque la pluie qui va se terminer sur la montagne entre Petit-Bourg et Sainte-Rose et arriver parfois sur Deshaies / Pointe-Noire.
Les hauteurs de Petit-Bourg sont d’ailleurs la région habitée la plus humide de la Guadeloupe pour cette raison (et ce n’est pas Saint-Claude, car située sous le vent).

CCN : Volcanisme, sismicité latente, inondations, cyclones : la Guadeloupe est une île « merveilleusement » dangereuse ? Est-ce que les Guadeloupéens et leurs élus en ont conscience ?

CAH : La sismicité n’est pas latente, elle est permanente et constante. On enregistre de trois à quatre séismes par jour, autour de la Guadeloupe (soit 800 à 1 000 séismes par an) dont seulement 5 à 10 ressentis par la population.
Tous les cinq ans en moyenne, un séisme se produit et nous fait peur en Guadeloupe, avec dégâts et parfois victimes. Les derniers en date :
– Les Saintes le 21 novembre 2004, magnitude 6.3 : dégâts, nombreux blessés et un mort à Trois-Rivières.
– La Martinique le 29 novembre 2009, magnitude 7.4 (Haïti, magnitude : 7.0) : dégâts, « terreur » à Pointe-à-Pitre, quelques blessés en Martinique.
Et tous les xxxx années, le Big One. Depuis la colonisation en 1635 jusqu’à aujourd’hui (2012), un seul séisme de magnitude 7.5 à 8.5. Celui du 08 février 1843 avec 3 000 morts Blancs et libres à Pointe-à-Pitre. On n’avait pas compté les esclaves, donc probablement de 5 000 à 10 000 morts dans le Pointe-à-Pitre de l’époque. Pour ce Big One, toutes les îles voisines, y compris la Martinique, seront également et simultanément touchées. Donc pas de secours des voisins en attendant les gros secours de l’exotique hexagone, via la Guyane. Il faudra impérativement que les survivants valides se « démerdent » seuls, et avec les « moyens de bord », pendant au moins 72 heures, pour dégager en urgence les survivants sous les décombres. Sinon le nombre de morts va s’accroître considérablement (par stress, un emmuré non blessé, extrait des décombres au delà de 5 heures, à 60% de chance de décéder dans les mois suivants et ce pourcentage croit très vite avec le temps).
Pour mémo, les évènements « Hugo » en 1989 et le séisme des Saintes en 2004 ont fait chacun plus de 100 morts subites.[…]

CCN : Les tours et bâtiments importants de Pointe-à-Pitre (Sécurité Sociale, CHU, etc.) sont-ils tous à reconstruire car ne répondant plus aux normes et dangereux ?

CAH : Définitivement oui !

CCN. Est-ce que, comme Terre-de-Bas, les îles telles que Marie-Galante, la Désirade, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, sont-elles aussi vulnérables en terme de sismicité ?

CAH : La sismicité concerne la totalité de la Caraïbe et de nos îles en particulier […]
Evidemment, un « séisme des Saintes » (magnitude 6.3) n’aura pas les mêmes conséquences aux Saintes qu’à Pointe-à-Pitre. Comme il y a plus de constructions, d’habitants, ce sera une vraie catastrophe dans la capitale économique, avec plusieurs centaines de morts : pas d’électricité, pas d’eau (à consommer), pas de pétrole, …

CCN : La Soufrière, qui est assez calme, peut-elle un jour sortir de ses « gonds  » comme la Pelée? Et le Houelmont : volcan définitivement éteint ? 

CAH : Oui. La Soufrière dort seulement. C’est un volcan explosif qui ne se réveille en moyenne que tous les 500 ans. Nous sommes donc dans une période de réveil potentiel statistique (né en 1530) pour ce type de volcan. La Pelée s’est réveillé aux environs de 1300, puis en 1902-1905 et 1929-1932. Montserrat vers 1500 aussi, puis le 18 juillet 1995 jusqu’à aujourd’hui. Le Houëlmont est définitivement mort, depuis 450 000 ans (et on a construit l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Guadeloupe dessus). Tout réveil, à nouveau, ne concernera plus l’espèce humaine.

 

 

A Santorin, le volcan Néa Kamenio grandit, article de Quentin Mauguit sur le site de Futura-Sciences, en date du 24 mai

le 27 mai 2012 par Sylvie

Envisat ne répond plus, mais les informations contenues dans ses archives valent de l’or. Elles indiquent que le volcan Néa Kaméni, dans l’archipel de Santorin, aurait connu un regain d’activité durant l’année 2011. Il a en effet gagné 5 cm d’altitude en seulement douze mois. Aucun danger ne serait à craindre pour le moment.

Le volcan Santorin, situé sur l’arc insulaire du sud de la mer Égée, a connu une énorme éruption vers 1650 avant J.-C., qui aurait éjecté près de 40 à 60 km³ de magma. Cet événement a plus que probablement causé la disparition complète de la civilisation minoenne, inspirant certaines théories sur le fameux mythe de l’Atlantide. Le volcan n’aurait pas survécu à l’éruption puisqu’il se serait partiellement effondré après, donnant naissance à une caldera immergée et à cinq îles de plus petites tailles.

L’île volcanique de Néa Kaméni, située au centre de l’archipel et donc à 75 km de la Grèce continentale, est toujours considérée comme étant « active » à ce jour. Elle aurait même connu un regain d’activité en 2011, mais sans éruption (la dernière a eu lieu en 1950). Cette information, obtenue grâce à l’analyse de données récoltées par le satellite Envisat, a été présentée à l’International Forum on Satellite Earth Observation for Geohazard Risk Management qui se tient actuellement à Santorin, puis retransmise par le site de l’Agence spatiale européenne (Esa).

Bien que circulant à environ 800 km d’altitude, les radars du satellite ont pu mesurer d’infimes déformations de l’île, prouvant l’existence d’une circulation souterraine de magma, entre le mois de janvier 2011 et le jour de sa perte de contrôle, le 8 avril 2012.

Le volcan Néa Kaméni prend de l’altitude

Les radars d’Envisat ont régulièrement cartographié l’île. En superposant plusieurs clichés d’une même zone géographique, on détermine s’il y a eu des changements dans la réflectivité des signaux, et donc des modifications d’altitude. Cette méthode, nommée Dinsar, pour Differential Interferometric Synthetic Aperture Radar, permet de détecter et surtout de mesurer avec une grande précision d’éventuelles déformations du sol dans le temps et en tout point du Globe.

L’ensemble de l’île de Néa Kaméni aurait commencé à s’élever en janvier 2011. En un an, la région nord-est du volcan a ainsi gagné 5 cm d’altitude. Les autres sites n’ont gagné que 3 à 4 cm en hauteur. Des études locales de l’activité sismique, des déformations de l’île et de divers critères physicochimiques menées depuis le début de l’année 2012 soulignent à présent un important ralentissement de cette croissance. Le comité scientifique de surveillance du volcan, dirigé par Kosmas Stylianidis, estime donc qu’il n’existe aucun risque pour la population à ce jour.

Des stations GPS confirment

Andrew Newman de la Georgia Tech (États-Unis) a lui aussi mis en évidence le regain de l’activité volcanique du site en 2011, mais en utilisant 24 stations GPS placées en différents points de l’archipel. Ses travaux, publiés dans la revue Geophysical Research Letters (GRL) du 30 mars 2012, décrivent en effet l’apparition et le maintien de mouvements d’expansion, à la vitesse de 140 mm par an, de la caldera dès le mois de janvier 2011. Ils seraient dus, selon des modèles, à l’accumulation progressive de 14 millions de m3 de roches en fusion dans une poche magmatique située à 4 km de profondeur, au nord de l’île.

Les stations GPS ou l’interférométrie radar se révèlent être deux outils précieux pour étudier les déformations de volcans et comprendre les phénomènes physiques régissant, et on l’espère bientôt trahissant, les éruptions volcaniques.

Les archives accumulées par les dix années de service d’Envisat nous fournissent donc de précises informations, nous faisant ainsi encore plus regretter sa disparition.