Projet d’exploitation de l’énergie géothermique près du volcan Newberry, dans l’Oregon

le 16 octobre 2012 par Sylvie

Article de Claude Grandpey, sur son blog : http://volcans.blogs-de-voyage.fr/

Il y a quelques mois, j’avais fait part sur ce blog d’un projet d’exploitation de l’énergie géothermique dans le secteur du volcan Newberry dans l’Oregon. Un tel projet avait alors déclenché de nombreuses protestations car la région est potentiellement active d’un point de vue volcanique et sismique et le projet présentait donc des risques évidents.

Le profit guidant toutes les initiatives de ce type, le projet est en passe de se réaliser, malgré les réserves émises par les autorités locales et certains scientifiques. En effet, la dernière éruption du Newberry remonte à seulement 1400 ans et l’USGS a indiqué que d’autres éruptions étaient susceptibles de se produire.

Les sociétés AltaRock Energy et Davenport Newberry viennent donc de recevoir le feu vert pour effectuer des fracturations de roches en bordure du Newberry. L’opération consiste à injecter de l’eau sous très haute pression dans des fractures jusqu’à 3 kilomètres de profondeur. Il se produit alors une fracturation des veines de roches qui permet d’accéder à la chaleur enfermée en dessous. On obtient ainsi une interconnexion entre plusieurs réservoirs géothermiques. L’eau est ensuite introduite dans ces réservoirs et la chaleur la transforme en vapeur dont la pression actionne des turbines en surface afin de produire de l’électricité.  

La fracturation est une technique employée pour extraire les énergies fossiles. Elle cause souvent des controverses comme on a pu le voir récemment en France à propos des gaz de schistes. Dans une zone volcanique comme celle du Newberry, on craint que la fracturation déclenche des séismes mais des études conduites par la Royal Society et la Royal Academy of Engineering indiquent que « les séismes sont peu probables si les sociétés utilisent  les meilleurs moyens et respectent les procédures en vigueur ». On appréciera les nuances !

Si le projet rencontre le succès espéré, on aura franchi un grand pas en comparaison de l’extraction géothermique classique qui consiste à utiliser la vapeur d’eau chaude sous pression qui s’est accumulée naturellement dans les profondeurs. On peut donner l’exemple de Larderello en Toscane qui utilise cette technologie depuis longtemps.

Selon un rapport publié en 2006, un investissement d’un milliard de dollars aux Etats-Unis sur une période de 15 ans permettra de produire plus de 200 000 mégawatts d’électricité en 2050. A titre de comparaison, le plus puissant réacteur nucléaire français produit 1600 mégawatts.

Il est prévu de mettre en place les réservoirs géothermiques cet automne. On procèdera ensuite au forage des puits de production qui permettront de relier les fractures de roches. On effectuera ensuite des tests pour voir si l’échange de chaleur se produit efficacement et un réseau sismique très sensible sera mis en place afin de vérifier la sécurité du système. Cette phase devrait se terminer en 2014, année où la société Alta Rock espère avoir les preuves que le projet est à la fois performant et rentable.

newberry volcano, énergie géothermique,volcans

Grande coulée l’obsidienne à proximité du Newberry (Photo: C. Grandpey)

 

Article de Bernard Duyck sur le même sujet, sur son blog : http://earth-of-fire.over-blog.com/

Les possibilités offertes au niveau de l’exploitation géothermique dans les zones volcaniques ont été évoquées récemment.

Il s’agit cette fois du volcan Newberry, appelé par l’USGS « le géant endormi  » ! Sa dernière éruption date de l’an 690 +/- 100 ans, et est responsable de la coulée d’obsidienne rhyolitique « Big obsidian flow ».

 

usa-2220-copie.jpg

Newberry – la « Big obsidian flow » et East Lake – photo © Jean-Michel Mestdagh.

 

usa-2096-copie.jpg

Newberry –  au sein de la coulée d’obsidienne – photo © Jean-Michel Mestdagh.

Un premier projet de forage par la société Davenport Newberry dans une zone située à l’ouest du volcan n’a pas été suivi d’exploitation.

 Le projet a resurgit lorsqu’un nouveau partenaire s’est présenté. Alta Rock Energy s’est associé à Davenport, en apportant une technique différente appelée « fracking » … il s’agit en fait de la technique de fracturation des roches : elle consiste à injecter de l’eau (plus des produits chimiques) sous très forte pression dans les fractures existantes jusqu’à trois kilomètres de profondeur, et mettre en communication divers réservoirs géothermiques. L’eau injectée dans les réservoirs est transformée en vapeur qui remonte en surface pour alimenter des turbines pour produire de l’électricité.

 

Newberry-drilling-06.2012.jpg

Forage par Alta Rock Energy au volcan Newberry en juin 2012 – photo Newberry geothermal

 

800px-HydroFracturing-for-shale-gas---environmental-effects.png

 

Schéma du procédé d’hydrofracturation, ou fracking, utilisé pour l’exploitation du gaz de schiste – les nombreux points d’interrogation témoignent des effets potentiels sur l’environnement – doc. Mikenorton.

Ce projet de 43,8 Millions de dollars est à moitié financé par le ministère de l’énergie, qui estime la production du site à 10% de l’alimentation en énergie des Etats-Unis, ceci sans utilisation de combustibles fossiles.

Ce projet a alimenté une controverse, en raison des substance chimiques polluantes utilisées en hydrofracking par les industries du gaz et du pétrole, et des effets potentiellement négatifs de cette technique sur l’environnement.

En cas de succès de la campagne de forage, une demande d’exploitation commerciale sera introduite. Le projet est ambitieux … 200.000 MWe sont envisagés à l’horizon 2050.

 Le forage et les injections de fluides pourraient causer une augmentation des petits séismes ; ceux-ci ne devraient cependant pas « déstabiliser » le volcan, ni causer une éruption, quoique le Newberry soit toujours considéré comme actif !

 

Sources :

– Forbes – Geothermal company drills into a volcano

– Wired Science – Eruptions blog – Drilling into Newberry caldera – 01.2012 –

– Oregonlive – Is energy solution under Oregon volcano ? – 2008 –

– USGS – Newberry volcano – Central Oregon’s sleeping giant –

– Gasland – Fracking project –

Coulée pyroplastique

le 16 octobre 2012 par Sylvie

Pour voir  une coulée pyroclastique, il  suffit de cliquer sur le lien ci-dessous ; il s’agit d’une vidéo montrant une telle avalanche sur l’Arenal (Costa Rica) le 24 mai 2010.

http://vimeo.com/13651988

Le label Pierre Fauriat décerné à Frédéric Lavachery et sa compagne Danièle pour la reconstruction de leur ferme les Ouches dans le respect des traditions et techniques locales

le 8 octobre 2012 par Sylvie

Le samedi 27 octobre à 15h30 aux Ouches, Frédéric et Danièle se verront remettre le label Pierre Fauriat par l’association Oustaou Vellavi  pour la reconstruction des Ouches dans le respect des traditions locales. En effet, par le choix des matériaux et des artisans maçons, des charpentiers, des couvreurs-lauzeurs, ils ont voulu reconstruire leur ferme à l’identique de ce qu’elle était avant l’incendie en respectant les traditions du patrimoine bâti. Cette décision est cohérente avec le parcours militant de Frédéric Lavachery, et ce, dans le respect  du combat permanent d’Haroun Tazieff contre l’envahissement des paysages par le béton.

 Et si aujourd’hui le gros œuvre est achevé, il reste encore beaucoup à faire pour que les Ouches puissent offrir au Centre Haroun Tazieff un espace de 300 m2, comme cela est prévu.

Quel est l’objectif de l’association Oustaou Vellavi ? Elle a été créée, il y a dix ans dans le but de la préservation du patrimoine bâti et paysager, afin d’encourager les initiatives visant à pérenniser ce patrimoine. Elle se veut une structure de réflexion pour les professionnels, les amateurs et les acteurs de l’aménagement en milieu rural. D’ailleurs, un conseil scientifique et technique a été  créé au sein de ses membres afin d’apporter des solutions pour la préservation de ce patrimoine, sa valorisation et sa pérennisation.

Lors de la remise du label,  l’association Oustaou Vellavi appose une plaque sur l’édifice retenu. Sur cette plaque, Claude Perron a dessiné la maison typique et la tuilerie Perrin a exécutée une céramique colorée émaillée portant le titre Oustaou Villavi.

Ce label est aussi le symbole de l’amitié et de la solidarité que l’on souhaite partager avec tous ceux et toutes celles qui ont aidé à effacer les traces de l’incendie des Ouches. Enfin, Danièle et Frédéric sont à nouveau chez eux.

Pour découvrir l’association Oustaou Villavi : http://oustaou.vellavi.free.fr/


 

L’Islande vue du ciel, article de Claude Grandpey

le 7 octobre 2012 par Sylvie

Après le Kamchatka, voici l’Islande vue du ciel par un temps exceptionnellement dégagé. Il suffit de cliquer sur ce lien pour en prendre plein les yeux grâce à cette image mise en ligne par l’Agence Spatiale Européenne:

http://esamultimedia.esa.int/images/imageoftheweek/IOW_20…

 

Auscultation des volcans américains et japonais, article de Claude Grandpey

le 7 octobre 2012 par Sylvie

Un avion de la NASA, avec à son bord un radar 3D mis au point par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de  Pasadena, Californie, vient de quitter cet Etat pour une campagne de 10 jours. Le but est d’étudier les volcans actifs d’Alaska et du Japon.

L’avion de la NASA a subi quelques modifications et les ingénieurs ont installé le système radar UAVSAR (Uninhabited Aerial Vehicle Synthetic Aperture Radar) dans une coque sous le ventre de l’appareil.

Le système UAVSAR est capable de « voir » sous la surface de la Terre et de détecter les moindres déformations. Les scientifiques de la NASA l’utilisent périodiquement pour repérer des modifications de l’activité volcanique. Le radar utilise l’interférométrie qui envoie vers le sol des impulsions d’énergie micro-onde à partir d’un capteur situé sous l’appareil et permet de détecter les moindres déformations de la surface de la Terre.

L’UAVSAR permettra d’obtenir tout d’abord des images des volcans de l’ouest des Etats-Unis.

Après avoir refait le plein de carburant, l’avion prendra la direction de la base Elmendorf-Richardson située à proximité d’Anchorage en Alaska où le système UAVSAR ira étudier et photographier les volcans de cet Etat, sans oublier les Iles Aléoutiennes.

L’avion se rendra ensuite à la base américains de Yokota au Japon. Yokota sert de point de départ aux missions scientifiques qui étudient les volcans les plus dangereux de l’archipel japonais.

Sur le chemin du retour, l’avion suivra exactement la même trajectoire et rassemblera des données en sens opposé avant d’arriver sur la base de Palmdale le 11 octobre. Un pilote automatique de très haute précision permet à l’appareil de suivre la même trajectoire qu’à l’aller, avec une précision de 4 mètres, voire moins. Cela permet au système UAVSAR de photographier la surface de la terre sous tous les angles et de prendre en compte des modifications de quelques millimètres seulement.

L’UAVSAR fournit des informations qui complètent les données satellitaires et permettent de mieux comprendre les déformations subies par les volcans avant, pendant et après les éruptions.

Blog de Claude Grandpey : http://volcans.blogs-de-voyage.fr/