Deuxième édition du Festival Montagne, Ouvre-toi ! article de Frédéric Lavachery, président du Centre Haroun Tazieff

le 7 juillet 2012 par Sylvie

Le festival « Montagne, Ouvre-toi! » est une idée lumineuse de l’association Art’Borée Sens, animée par de jeunes accompagnateurs de montagne, Marie Krieg et Nicolas Mathevet. L’idée est devenu projet l’an dernier, avec le concours de dizaine de bénévoles. Coopération, convivialité, solidarité, bonne humeur, voilà le sésame du trésor à découvrir. L’ouverture d’esprit de chacun permet à tous de découvrir les trésors de la montagne, produits de la nature et des hommes, pour qu’ils soient accessibles à tous, des petits aux anciens quelle que soit leur condition, handicapés ou non.

Ce samedi 30 juin, par un temps radieux, une ambiance joyeuse, festive, bon enfant a souligné des offres d’une grande qualité, qu’il s’agisse de pratiques sportives, de jeux, d’animations musicales, d’ateliers, d’expositions, de produits de la terre ou d’artisans. Midi et soir, un repas succulent, copieux, bon marché, confectionné avec les produits locaux a comblé chacun par sa générosité. En soirée, le concert du groupe russo-ukrainien « Kouban, les Grandes Voix Cosaques » a mis le feu à l’église de Borée.

Le dimanche 1er juillet, orage et déluge ont rapidement concentré le public dans les espaces couverts en dur, les tentes n’étant plus à même d’offrir un abri suffisant. Cette fâcheuse pirouette météorologique n’a nullement découragé le public venu aussi nombreux que la veille pour le concert des chorales qui, en prélude au festival, avaient animé les églises des villages alentours. Une fois encore, l’église de Borée s’est enflammée pour ces choeurs mis en scène par Andreï Kikena, le chef de Kouban.

Le festival de l’an prochain se prépare dès maintenant.
Les points forts de cette année serviront de référence pour identifier les faiblesses. C’est principalement dans le financement et le partage des nombreuses tâches que des solutions vont émerger de la prochaine concertation des nombreux bénévoles qui portent le festival.
La question de la publicité et de la communication en amont du festival est aussi à revoir entièrement. Initiée cette année avec un bonheur inégal, l’idée de proposer des rencontres de découvertes réciproques dès janvier aux partenaires sollicités pour le festival devra être repensée pour plus d’efficacité.
Les concerts des « Choeurs de Volcans, Sources et Montagnes » seront beaucoup plus développés grâce à la réussite de cette première expérience.

Frédéric Lavachery.

 

Boutières : rencontres inédites de « chœurs de volcans, de sources et de montagnes ».

le 7 juillet 2012 par Sylvie

 De belles perspectives pour le chant choral.

L’association « Choeurs de Volcans, de Sources et de Montagnes » a vu le jour en ce mois de février 2012 au cœur des volcans du Vivarais et du Velay, au pays des sources de la Loire, dans le Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche. Son siège se trouve à Borée, site d’une densité et d’une diversité de dynamismes éruptifs qui restent mystérieuses pour les scientifiques.
C’est à l’initiative du Centre Haroun Tazieff que l’association s’est créée pour contribuer à faire du chant choral un élément actif du soutien aux projets innovants en création.

Tel était le cas du festival « Montagne, Ouvre-toi ! ». Ce festival offre en pleine nature une panoplie d’activités ludiques et sportives, d’expositions, d’ateliers et de produits locaux pour tous les âges et toutes les conditions. Quels que soient les éventuels handicaps des visiteurs, tout le monde est invité à explorer et goûter la montagne à Borée. Artisans, animateurs, guides de montagne, agriculteurs et artistes s’y mêlent en une joyeuse ambiance. Ces premières rencontres se sont donc déroulées en prélude à la deuxième édition de ce festival qui s’est tenu à Borée le samedi 30 juin et le dimanche 1er juillet. Cinq chœurs ont rythmé la semaine précédente par des concerts dans cinq églises des Boutières :

Saint-Clément, avec la chorale « Voy-ci Voix-là » du Mazet-Saint Voy,
– Saint-Martin de Valamas et Saint-Julien Boutières, avec la chorale sicilienne « Gruppo Polifonico Corale Mater Divinae Gratiae » qui nous est venue de l’Etna ,
– Arcens, avec le chœur d’hommes des Boutières
– Borée avec l’ensemble vocal et musical russo-ukrainien « Kouban, les Grandes Voix Cosaques ».

L’événement a reçu un soutien financier de la Communauté de communes des Boutières.

Article de Mezenc.fr

Etna (Sicile / Italie), article de Claude Grandpey en date du 15 juin 2012

le 15 juin 2012 par Sylvie

J’en connais qui s’impatientent : l’Etna se fait attendre ! Depuis le 25ème paroxysme du 24 avril, le volcan sicilien a décidé de se reposer et aucune manifestation éruptive n’a été décelée depuis cette date. Certes, il y a eu trois fausses alertes entre le 8 et le 10 juin. Le tremor et la sismicité ont donné l’impression de s’élever, mais sans suite !

A l’approche de la pleine saison touristique, on peut se demander comment vont réagir les autorités. Au vu de l’absence d’activité au cours des dernières semaines, faudra-t-il ouvrir à nouveau la zone sommitale aux randonneurs ? Aux dernières nouvelles, le dernier arrêté d’interdiction diffusé par la Préfecture de Catane prend fin le 20 juin.

A titre tout à fait personnel, je pense qu’il ne faut pas laisser les touristes fréquenter les cratères sommitaux dans les prochaines semaines. Les trois fausses alertes de ces derniers jours montrent que du magma est stocké sous le volcan et personne ne sait comment la situation va évoluer. Nouvelle série de paroxysmes ? Eruption à plus grande échelle ? Jean-Claude Tanguy, spécialiste de l’Etna, penche pour une éruption fissurale.

Par ailleurs, on sait que l’Etna peut réagir très brusquement. Un jour où la situation semblait parfaitement calme au sommet, j’ai vu la Voragine se soulever sur une surface équivalente à celle d’un terrain de football et produire deux très fortes explosions, avec des retombées de bombes bien au-delà de la lèvre du cratère !

N’oublions pas non plus les événements du 12 septembre 1979 et du 17 avril 1987 avec des explosions soudaines de la Bocca Nuova et du Cratère Sud-Est qui ont tué respectivement 9 et 2 touristes.

Même si des intérêts économiques sont en jeu, la sécurité des gens doit passer avant tout !

Explosion dans le Cratère Central de l’Etna (Photo: C. Grandpey)

Blog de Claude Grandpey : http://volcans.blogs-de-voyage.fr/

 

Pétrole et profits contre sécurité et écologie en Alaska ! Article de Claude Grandpey en date du 14/06/12

le 15 juin 2012 par Sylvie

Quand le Mont Redoubt est entré en éruption en 2009, les installations du terminal pétrolier de Drift River, sur la rive ouest de Cook Inlet, ont été sérieusement menacées, en particulier les énormes réservoirs qui permettent à la compagnie Hilcorp Alaska de stocker le pétrole brut avant qu’il soit acheminé et raffiné de l’autre côté du bras de mer. Le volcan se trouve à seulement 35 km au sud-ouest du site (voir la carte ci-dessous) et des lahars ont menacé les cuves à plusieurs reprises. Les digues qui avaient été érigées ont toutefois permis d’éviter une catastrophe écologique.

Malgré cette chaude alerte, la société Hilcorp Alaska a l’intention de reprendre ses activités. En effet, le site de stockage de Drift River évite aux pétroliers des temps d’attente très longs avant de se rendre aux raffineries pour vider leur chargement. Avec le système actuel, le travail se fait en flux tendu, avec des risques de rupture dans l’alimentation des raffineries…et donc des pertes financières importantes !

Une autorisation a été accordée à Hilcorp Alaska pour remplir un seul des réservoirs de Drift River, avec la condition  que les infrastructures de protection soient renforcées car l’éruption de 2009 a réduit leur capacité à endiguer de nouvelles coulées de boue.

Cette réouverture du site de Drift River suscite de nombreuses critiques. Beaucoup de personnes trouvent qu’il est « stupide » de vouloir continuer à utiliser une installation de stockage pétrolier au pied d’un volcan. Il a été suggéré de mettre un place un oléoduc sous-marin entre le site de Drift River et les raffineries mais le projet a peu de chances d’aboutir si la société Hilcorp Alaska investit de l’argent dans le renforcement de la protection des réservoirs.

Source: Anchorage Daily News.

 Quand on visite Cook Inlet et en particulier la zone de raffineries autour de la petite ville de Kenai, on se rend compte tout de suite de l’importance que le pétrole représente dans cette région de l’Alaska, tout comme à Valdez, point d’arrivée du gigantesque oléoduc trans-alaskien, au bord du Prince William Sound. La catastrophe écologique générée par l’Exxon Valdez en 1989 n’a, semble-t-il, pas servi de leçon et les compagnies pétrolières continuent à faire passer les profits avant la sécurité et l’environnement !

Avec l’aimable autorisation de l’Alaska Volcano Observatory

Blog de Claude Grandpey : http://volcans.blogs-de-voyage.fr/

Grimsvötn (Islande), article de Claude Grandpey en date du 11 juin 2012

le 15 juin 2012 par Sylvie

Un groupe de scientifiques islandais vient de se rendre auprès du volcan Grimsvötn, au cœur du glacier Vatnajökull, afin de  prélever des échantillons, effectuer des mesures et installer des capteurs GPS.

Ils ont pu constater que le cratère du Grimsvötn – qui s’est formé pendant l’éruption de 2011 – avait actuellement un diamètre de 1500 mètres et que l’eau qui le recouvre habituellement s’était évaporée. Celle qui reste au fond est très chaude et des panaches de vapeur s’en échappent.

Les chercheurs ont constaté ces dernières années que les éruptions du Grimsvötn se produisaient en séries d’une durée de 60 à 80 années chacune. La dernière série a commencé en 1996, avec des éruptions en 1998, 2004 et surtout en 2011, année où l’éruption a été la plus importante du lot. Selon les scientifiques, on peut s’attendre à ce que se rythme continue dans les prochaines décennies, avec des éruptions toutes les 5 à 10 années.

Le Grimsvötn se trouve loin des zones habitées et son impact sur la population est donc assez limité. Par contre, les nuages de cendre sont susceptibles de poser des problèmes au trafic aérien.

 

A titre personnel, j’ai toujours émis les plus grandes réserves sur la notion de cycle en matière d’éruptions. Le laps de temps pris en compte par les chercheurs islandais – quelques décennies – n’est certainement pas suffisant pour affirmer le le Grimsvötn répond à un cycle éruptif. Comme le faisait remarquer le regretté Maurice Krafft, cette notion doit prendre en compte plusieurs siècles d’activité volcanique.

Source: Iceland Review.