Auscultation des volcans américains et japonais, article de Claude Grandpey

le 7 octobre 2012 par Sylvie

Un avion de la NASA, avec à son bord un radar 3D mis au point par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de  Pasadena, Californie, vient de quitter cet Etat pour une campagne de 10 jours. Le but est d’étudier les volcans actifs d’Alaska et du Japon.

L’avion de la NASA a subi quelques modifications et les ingénieurs ont installé le système radar UAVSAR (Uninhabited Aerial Vehicle Synthetic Aperture Radar) dans une coque sous le ventre de l’appareil.

Le système UAVSAR est capable de « voir » sous la surface de la Terre et de détecter les moindres déformations. Les scientifiques de la NASA l’utilisent périodiquement pour repérer des modifications de l’activité volcanique. Le radar utilise l’interférométrie qui envoie vers le sol des impulsions d’énergie micro-onde à partir d’un capteur situé sous l’appareil et permet de détecter les moindres déformations de la surface de la Terre.

L’UAVSAR permettra d’obtenir tout d’abord des images des volcans de l’ouest des Etats-Unis.

Après avoir refait le plein de carburant, l’avion prendra la direction de la base Elmendorf-Richardson située à proximité d’Anchorage en Alaska où le système UAVSAR ira étudier et photographier les volcans de cet Etat, sans oublier les Iles Aléoutiennes.

L’avion se rendra ensuite à la base américains de Yokota au Japon. Yokota sert de point de départ aux missions scientifiques qui étudient les volcans les plus dangereux de l’archipel japonais.

Sur le chemin du retour, l’avion suivra exactement la même trajectoire et rassemblera des données en sens opposé avant d’arriver sur la base de Palmdale le 11 octobre. Un pilote automatique de très haute précision permet à l’appareil de suivre la même trajectoire qu’à l’aller, avec une précision de 4 mètres, voire moins. Cela permet au système UAVSAR de photographier la surface de la terre sous tous les angles et de prendre en compte des modifications de quelques millimètres seulement.

L’UAVSAR fournit des informations qui complètent les données satellitaires et permettent de mieux comprendre les déformations subies par les volcans avant, pendant et après les éruptions.

Blog de Claude Grandpey : http://volcans.blogs-de-voyage.fr/

 

 

 

Le Mont Rainier sous haute surveillance (Etats-Unis), article de Claude Grandpey

le 7 octobre 2012 par Sylvie

C’est bien connu : Le Mont Rainier (4392 m) se dresse à proximité de Seattle et des industries comme Boeing et Microsoft. Si une éruption se produit, la région autour du volcan sera très vite menacée par des lahars car la chaleur du volcan fera fondre les glaciers. Dans une note précédente, je signalais que des sirènes avaient été installées dans la vallée de la Puyallup qui est l’une des plus exposées aux coulées de boue.

Afin d’anticiper une colère du Mont Rainier, les scientifiques de l’USGS ont installé il y a cinq ans toute une batterie d’instruments de mesure sur les flancs de la montagne. Ils donnent en continu des informations sur le comportement du volcan. Les tiltmètres décèleront le moindre gonflement ; le réseau GPS permettra de détecter le moindre déplacement.

Afin d’assurer leur bon fonctionnement des équipes grimpent périodiquement sur le Mont Rainier pour assurer la maintenance. C’est ce que 14 scientifiques viennent de faire ce mois-ci sur 6 sites différents Ils ont été acheminés par hélicoptère pour remplacer éventuellement des batteries et autres antennes.

Pour le moment, les instruments montrent qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La dernière éruption du Mont Rainier a eu lieu en novembre-décembre 1894, quelques secondes à l’échelle géologique. Il est donc indispensable de se tenir prêt en cas de récidive.

Les premiers équipements ont été installés sur le Mont Rainier en 1969. Aujourd’hui, il y a des centaines de capteurs contrôlables à distance déployés sur tous les volcans de la Chaîne des Cascades. Quels progrès !

Source : The Seattle Times.

Le mont Rainier et ses glaciers (Photo Claude Grandpey)

Maquette du Mont Rainier, au Visitor Center(Photo Claude Grandpey)

Blog de Grandpey : http://volcans.blogs-de-voyage.fr

Des nouvelles de l’Etna

le 7 octobre 2012 par Sylvie

Dans son blog, http://volcans.blogs-de-voyage.fr/ , Claude Grandpey donne régulièrement des nouvelles de l’Etna. Voici donc les informations issues de son blog.

La presse italienne confirme la reprise d’activité dans la Bocca Nuova. L’édition palermitaine de La Repubblica indique que « l’Etna a repris son activité éruptive exactement 3 mois après le début de la précédente le 5 juillet dernier. Une coulée de lave sort de la Bocca Nuova…et un panache de gaz est également visible de très loin.» (Blog, Claude Grandpey, 5/10/12)

Concernant l’emplacement de la coulée de lave mentionnée par la presse italienne, Boris Behncke (INGV Catane) vient de m’indiquer que « la coulée de lave se trouve à l’intérieur de la Bocca Nuova. Cette nouvelle activité est semblable à celle de juillet août, mais encore relativement faible. Pour remplir le cratère et entraîner un débordement, une telle activité prendrait plusieurs années. En 1999, la Bocca Nuova a débordé après 4 années d’une activité quasi ininterrompue qui est allée en s’intensifiant, avec des épisodes de fontaines de lave au mois d’octobre 1999. Actuellement, l’activité ressemble davantage à celle qui a animé la Bocca Nuova entre 1995 et 1998 ». (Claude Grandpey, le 6/10/12)

De ce fait, l’accès à l’Etna est à nouveau interdit.Cette interdiction d’accès au sommet de l’Etna vient d’être prolongée jusqu’au 31 octobre 2012.

Fête de la science à l’Ecole Lancelot de Privas du 10 au 14 octobre 2012

le 6 octobre 2012 par Sylvie

L’école primaire publique Lancelot intègre à cette occasion le réseau des écoles associées de l’UNESCO

Le Centre Haroun Tazieff est engagé avec quatre écoles d’Europe dans un programme de coopération Coménius piloté par l’école primaire publique du quartier populaire de Lancelot, à Privas.
« Volcans et Paysages Européens », tel est le thème de ce projet qui culminera en 2014, année du centenaire de la naissance d’Haroun Tazieff, qui a révolutionné la volcanologie.

Dans ce cadre, l’école de Privas participe à la fête de la science qui aura lieu du 10 au 14 octobre. Seront proposés :

des ateliers pédagogiques sur le thème  « volcans et séismes », des expériences scientifiques, une promenade géologique contée inédite «Du ciment de l’école de Lancelot à la cheminée strombolienne des Trois Croix», une balade où les enfants vous ouvriront les entrailles de la Terre en lisant les pierres des maisons qui jalonnent le parcours de l’école au sommet des Trois Croix (d’où l’on bénéfice d’un superbe panorama sur le bassin de Privas, emplacement idéal pour un poste de vigie qui fut le théâtre de luttes acharnées il y a près de 4 siècles.)

affiche la fête de la science à l’école Lancelot de Privas

Lauze et lauzeurs aujourd’hui, article rédigé en collaboration avec Frédéric Lavahery et pour la partie vidéo avec Sylvain Lion de réZonance

le 6 octobre 2012 par Sylvie

Il existe encore aujourd’hui des gens qui souhaitent conserver le patrimoine architectural de la région et qui n’hésitent pas à rénover d’anciennes fermes en s’appuyant sur les techniques des artisans d’hier et d’aujourd’hui.

C’est le cas de Nicolas Mathevet et Marie Krieg , tous deux accompagnateurs de montagne. Ils conçoivent leur profession comme un outil de dynamisation de la vie locale, et la mettent au service de la création permanente de liens culturels entre toutes les catégories du tissu social du massif du Mézenc, dont Borée est le joyau d’un trésor volcanique et paysager encore trop ignoré, à la charnière des hautes Boutières et du Plateau du haut Vivarais. Depuis 4 ans, ils retapent une ancienne ferme du hameau de Molines, à Borée.

Ou encore Frère Maximilien-Marie qui restaure une antique demeure, le Mesnil-Marie dans le hameau de Condas, à Saint-Martial, pour abriter son association le Refuge Notre Dame de la Compassion. Historien du pays, de la France comme de l’Ardèche, il n’a pas son pareil pour tisser la synergie des gens qui ne s’économisent pas pour la vitalité locale, qui se donnent sans compter.

Sans oublier Frédéric Lavachery qui, après un incendie, a reconstruit  sa ferme Les Ouches à l’identique de ce qu’elle a toujours été.

 Voilà  trois générations à avoir fait le même choix, peu sérieux pour qui regarde à sa peine, de restaurer un patrimoine architectural qui recèle une histoire qui a de l’avenir. Et, est-ce curieux, toutes ces personnes partagent des projets collectifs –« Montagne, Ouvre-toi ! », Art’Borée Sens, le Centre Haroun Tazieff, d’autres encore…

Il y a aussi Lucette et Hubert-Marie Piteux, membres aussi au Centre Haroun Tazieff et qui ont activement participé à la mise en place des rencontres « Chœurs de Volcans, de Sources et de Montagnes ». Eux aussi ont conduit une restauration remarquable, aux Beaumes, sous Borée.

Voici la vidéo réalisée par Sylvain Lion pour réZonance en collaboration avec le centre Haroun Tazieff