Des nouvelles de l’Etna

le 7 octobre 2012 par Sylvie

Dans son blog, http://volcans.blogs-de-voyage.fr/ , Claude Grandpey donne régulièrement des nouvelles de l’Etna. Voici donc les informations issues de son blog.

La presse italienne confirme la reprise d’activité dans la Bocca Nuova. L’édition palermitaine de La Repubblica indique que « l’Etna a repris son activité éruptive exactement 3 mois après le début de la précédente le 5 juillet dernier. Une coulée de lave sort de la Bocca Nuova…et un panache de gaz est également visible de très loin.» (Blog, Claude Grandpey, 5/10/12)

Concernant l’emplacement de la coulée de lave mentionnée par la presse italienne, Boris Behncke (INGV Catane) vient de m’indiquer que « la coulée de lave se trouve à l’intérieur de la Bocca Nuova. Cette nouvelle activité est semblable à celle de juillet août, mais encore relativement faible. Pour remplir le cratère et entraîner un débordement, une telle activité prendrait plusieurs années. En 1999, la Bocca Nuova a débordé après 4 années d’une activité quasi ininterrompue qui est allée en s’intensifiant, avec des épisodes de fontaines de lave au mois d’octobre 1999. Actuellement, l’activité ressemble davantage à celle qui a animé la Bocca Nuova entre 1995 et 1998 ». (Claude Grandpey, le 6/10/12)

De ce fait, l’accès à l’Etna est à nouveau interdit.Cette interdiction d’accès au sommet de l’Etna vient d’être prolongée jusqu’au 31 octobre 2012.

Fête de la science à l’Ecole Lancelot de Privas du 10 au 14 octobre 2012

le 6 octobre 2012 par Sylvie

L’école primaire publique Lancelot intègre à cette occasion le réseau des écoles associées de l’UNESCO

Le Centre Haroun Tazieff est engagé avec quatre écoles d’Europe dans un programme de coopération Coménius piloté par l’école primaire publique du quartier populaire de Lancelot, à Privas.
« Volcans et Paysages Européens », tel est le thème de ce projet qui culminera en 2014, année du centenaire de la naissance d’Haroun Tazieff, qui a révolutionné la volcanologie.

Dans ce cadre, l’école de Privas participe à la fête de la science qui aura lieu du 10 au 14 octobre. Seront proposés :

des ateliers pédagogiques sur le thème  « volcans et séismes », des expériences scientifiques, une promenade géologique contée inédite «Du ciment de l’école de Lancelot à la cheminée strombolienne des Trois Croix», une balade où les enfants vous ouvriront les entrailles de la Terre en lisant les pierres des maisons qui jalonnent le parcours de l’école au sommet des Trois Croix (d’où l’on bénéfice d’un superbe panorama sur le bassin de Privas, emplacement idéal pour un poste de vigie qui fut le théâtre de luttes acharnées il y a près de 4 siècles.)

affiche la fête de la science à l’école Lancelot de Privas

Lauze et lauzeurs aujourd’hui, article rédigé en collaboration avec Frédéric Lavahery et pour la partie vidéo avec Sylvain Lion de réZonance

le 6 octobre 2012 par Sylvie

Il existe encore aujourd’hui des gens qui souhaitent conserver le patrimoine architectural de la région et qui n’hésitent pas à rénover d’anciennes fermes en s’appuyant sur les techniques des artisans d’hier et d’aujourd’hui.

C’est le cas de Nicolas Mathevet et Marie Krieg , tous deux accompagnateurs de montagne. Ils conçoivent leur profession comme un outil de dynamisation de la vie locale, et la mettent au service de la création permanente de liens culturels entre toutes les catégories du tissu social du massif du Mézenc, dont Borée est le joyau d’un trésor volcanique et paysager encore trop ignoré, à la charnière des hautes Boutières et du Plateau du haut Vivarais. Depuis 4 ans, ils retapent une ancienne ferme du hameau de Molines, à Borée.

Ou encore Frère Maximilien-Marie qui restaure une antique demeure, le Mesnil-Marie dans le hameau de Condas, à Saint-Martial, pour abriter son association le Refuge Notre Dame de la Compassion. Historien du pays, de la France comme de l’Ardèche, il n’a pas son pareil pour tisser la synergie des gens qui ne s’économisent pas pour la vitalité locale, qui se donnent sans compter.

Sans oublier Frédéric Lavachery qui, après un incendie, a reconstruit  sa ferme Les Ouches à l’identique de ce qu’elle a toujours été.

 Voilà  trois générations à avoir fait le même choix, peu sérieux pour qui regarde à sa peine, de restaurer un patrimoine architectural qui recèle une histoire qui a de l’avenir. Et, est-ce curieux, toutes ces personnes partagent des projets collectifs –« Montagne, Ouvre-toi ! », Art’Borée Sens, le Centre Haroun Tazieff, d’autres encore…

Il y a aussi Lucette et Hubert-Marie Piteux, membres aussi au Centre Haroun Tazieff et qui ont activement participé à la mise en place des rencontres « Chœurs de Volcans, de Sources et de Montagnes ». Eux aussi ont conduit une restauration remarquable, aux Beaumes, sous Borée.

Voici la vidéo réalisée par Sylvain Lion pour réZonance en collaboration avec le centre Haroun Tazieff


Le label Unesco pour l’école Lancelot de Privas

le 6 octobre 2012 par Sylvie

Suite au forum des innovations pédagogiques qui a eu lieu en juin et où l’école a remportée un prix pour son projet « Volcans et paysages européens », la directrice, Christine Hainaut a fait une demande de labellisation auprès de l’UNESCO. Une partie du dossier reposait sur le projet « Volcans et paysages européens ».  Mais il comportait d’autres  volets axés sur la pédagogie, la valorisation du patrimoine,ou la création de liens avec les familles et partenaires.

Et depuis  le 31 juillet 2012, le label Unesco, répondant à une charte précise, a été accordé à l’école de Privas, pour une durée de trois ans, avec un bilan annuel systématiquement pendant cette durée.

Cela va permettre à l’école de bénéficier d’animations éducatives. Ainsi, en avril 2013, un semi-remorque-musée d’art viendra à l’école de Privas. Des thèmes communs de travail ont aussi été proposés aux écoles associées. Tout cela nécessite un développement de l’enseignement des langues, ce que l’Unesco a demandé.

Ce projet est très motivant et stimulant  pour les enseignants, et les élèves.

Eruption du Katmai en 1912 et étude de son impact climatique sur l’hémisphère, article rédigé par Michel Lecouteur

le 8 septembre 2012 par Sylvie

Cette année 2012 marque l’anniversaire de l’éruption du KATMAI qui a eu lieu du 6 au 8 juin 1912. Ce volcan est situé sur la presqu’île d’Alaska, à 160 km au nord-ouest de l’île Kodiak aux grizzlis géants. Cette éruption d’un VEI 6 est considérée comme une éruption majeure ayant eu un impact climatique important. Elle a envoyé dans la stratosphère 5 millions de tonnes de dioxyde de soufre. Une étude financée par la Nasa estime qu’elle a provoqué une baisse des températures estivales dans l’hémisphère nord. Elle a en outre affaibli la mousson asiatique, réchauffé l’Inde, et refroidi l’Asie L’hiver suivant.

Les aérosols volcaniques ont été « efficaces », en effet dès le mois août 1912 on constate en France une baisse significative de la température (cf graphique pour les années 1907-1916- relevés température moyenne mensuelle pour les mois d’août à octobre à Paris, et les précipitations du mois d’août à Rouen)

De nombreux articles ont été écrits dans la presse régionale de l’époque :

C’est ainsi que dans le journal du Loiret du 17 août 1912 on écrit :

« L’automne anticipé – Pour une bonne farce, c’en est une que nous joue cet hiver qui vient s’asseoir au beau milieu de l’été. A la mer il fait froid, à la montagne, il neige. Ici nous sommes arrosés sempiternellement et nous grelottons. Les chapeaux de paille ont disparu, en revanche a ressorti les pardessus. L’an dernier, à pareille époque nous avions 35°, aujourd’hui nous avons 15° et nous souffrons du froid. »

A Rouen, nous ne sommes pas mieux traités. M. Raymond Coulon, secrétaire de la commission départementale de la météorologie écrit :

« En août le mois commence par une longue dépression jusqu’au. Le 10 alors le baromètre est en hausse, orage avec grêle et vent du nord. Une baisse assez profonde commence rapidement le 12 et dure jusqu’au 16, elle donne de la pluie; La baisse recommence le lendemain et dure jusqu’au 25, elle donne du vent du sud fort. Le 23 commence une nouvelle dépression qui se creuse profondément le 25 et jusqu’au 30. En résumé ce mois a présenté une extraordinaire agitation barométrique et aucun des jours marqués comme beaux n’a été exempt de nuages. »

En septembre c’est la même chose, le mois est froid surtout la 1ère décade. Pendant la 2e et la 3e la courbe des maxima se tient en dessous de la courbe décennale.

L’éruption a bouleversé le temps, d’après Guillaume Séchet de météo-France du 8 au 14 mai 1912 les températures atteignent jusqu’à 33°C à Paris, 34° C à Toulouse et 36°C à Clermont-Ferrand.

Et brusquement après l’éruption de juin la vague de chaleur précoce de mai disparaît pour faire place à des températures restant constamment inférieures aux moyennes observées en cette saison. C’est ainsi qu’à Brest la valeur maximum d’août n’est que de 19°.24° à Paris etc…

Sans compter les innombrables tempêtes d’automne, alors que nous sommes en août, qui s’abattent un peu partout en Europe. C’est ainsi que dans le journal de Rouen du 16 Août 1912 on relève les tempêtes suivantes : Rennes le 14 août – Dans la baie de St Brieuc, plusieurs bateaux ont été brisés contre les rochers. A Saint-Quai-Portrieux le bateau de pêche Gambetta a fait naufrage… A Saint-Brieuc, Guingamp, Morlaix on signale d’importants dégâts. La récolte du blé, on encore non enlevée à cause de la pluie à été emportée par l’ouragan.

Chalon-sur-Saône le 14 août – Une violente tornade a sévi sur différentes communes. Les eaux de la Saône ont été soulevées et lancées sur la Tuilerie Brusson où toutes les tuiles ont été arrachées…, des champs entiers ont été dévastés et les dégâts sont énormes.

Toulon, le 14 août – La température reste anormale. Dans toute la région, les orages d’hier ont causé des dégâts, le baromètre a faibli jusqu’à sept cent quarante. Nous avons eu comme température minimum 16° et maximum 21°.

L’Espagne n’est pas épargnée, c’est ainsi qu’à Bilbao 14 barques de pêcheur ont fait naufrage, il y a 19 noyés. À Azzola le nombre de victimes des naufrages occasionnés par la tempête s’élève à 119 (le Petit Niçois du 16 août).

Le 22 septembre 1912, il gèle sur presque toute la France. Les températures maximales du mois arrivent à peine à dépasser les 20° sur la moitié nord. L’anomalie thermique touche tout le nord-ouest de l’Europe.

En Octobre de nouvelles tempêtes.

Dans le journal de Rouen du 1er octobre, on apprend qu’à Rouen « cette tempête était dans toute son intensité de minuit à quatre heures du matin, marins et mariniers ont dû veiller et doubler les amarres de leurs navires. Le vent hurlant lugubrement dans les rues, secouant les toitures d’où il arrachait tuiles et ardoises, a tenu les habitants éveillés une partie de la nuit. Sous les coups répétés de la tempête agissant comme un bélier, une partie de la maçonnerie de la cathédrale s’est abattue vers trois heures du matin place de la Calende ».

En Seine-Maritime à Barentin, Le Havre, Londinières, le Tréport on ne compte plus les dégâts.

Toujours le 1er octobre on enregistre un cyclone à l’embouchure de la Loire qui occasionne bien des soucis. C’est ainsi qu’au Chantiers de la Loire à Saint -Nazaire le barrage de la cale du cuirassé en construction « France » a été arraché presque entièrement, tandis que dans le bassin une vague dont on évalue la hauteur à plus de dix mètres faisait chavirer les petites embarcations et incliner d’une façon effrayante le paquebot «Versailles ». Le cyclone n’a duré que l’espace de quelques minutes. Une pluie torrentielle lui a succédé, accompagnée d’un vent très violent qui souffle encore.

Phénomènes divers :

Toujours à Rouen M.Coulon enregistre les phénomènes suivants :

Coloration anormale des fruits –«  le 4 septembre plusieurs personnes me font remarquer la coloration anormale des fruits. Les pommes, les poires sont beaucoup plus colorées que de coutume, malgré l’absence de soleil. Les fleurs des bégonias sont habituellement blanches, en ce moment elles sont roses. A quoi attribuer cette coloration?…. » écrit-il.

Coloration anormale du ciel – le bleu du ciel, même par une très belle journée, prend quelquefois une teinte pâle, d’un blanc laiteux très caractéristique. En général elle ne persiste pas au delà de quelques heures dans une journée. Cette année nous l’avons constatée presque journellement pendant toute la vague de froid dont nous avons été victimes tout l’été.

M. Coulon a relevé la coloration du ciel d’un blanc laiteux la première fois le 28juin et la dernière fois le 21 septembre 1912.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’observation de ces  deux graphiques montre bien que le mois d’août 1912 fut à la fois froid (12,55° à Paris) et pluvieux (151 mm enregistré à Rouen). A Rouen on a enregistré 27 jours de pluie avec une hauteur de 166.2mm, alors que depuis 1888 la moyenne décennale pluviométrique calculée pour le mois d’août recense 13 jours de pluie et 54mm d’eau, soit presque 300%.

 

 

 

 

En 1912 on enregistre à Rouen une « poussée » importante de la fièvre typhoïde . Elle pourrait être due aux mauvaises conditions atmosphériques ainsi qu’à un réseau d’eau potable laissant sérieusement à désirer.

 

( La différence de 48 malades s’explique par le fait que l’histogramme reprend les chiffres parus en 1938 qui ne tient pas compte des étrangers à Rouen)

 

 

Conclusion : Les différentes observations météorologiques, climatiques et optiques, constatées à cette époque permettent de penser que l’éruption du KATMAI n’a pas été sans conséquence sur la vie quotidienne des français. Et si elle n’avait pas eu lieu, ce temps venteux, pluvieux et froid, qui est presque unique les annales du XXe siècle pour un mois d’août n’aurait certainement pas existé.

 

Michel Lecouteur, climato-volcanophile 

Blog : climatetvolcans.mdl29.net

 

 Documents annexes

 Définition des ignimbrites que l’on retrouve  au Katmaï par Haroun Tazieff dans Volcans, Bordas, paru en 1996, chapitre XV, p 102-103