Les volcans ont-ils tué les dinosaures, article de Claude Grandpey, sur son blog en date du 9 décembre 2012

le 14 décembre 2012 par Sylvie

L’éternel débat sur la cause de la disparition des dinosaures vient de ressurgir avec les résultats d’une étude présentée le 5 décembre 2012 au congrès annuel de l’American Geophysical Union.

D’après des chercheurs de plusieurs universités, dont celle de Princeton (USA), il ne fait aucun doute que ce sont les coulées de lave des Trapps du Deccan (région volcanique pas très loin de Mumbai – anciennement Bombay) qui, en rejetant des quantités importantes de SO2 et de CO2 dans l’atmosphère, ont provoqué un réchauffement de la planète et une acidification des océans, entraînant une extinction de masse à la surface de notre planète il y a quelque 65 millions d’années.

Cette hypothèse va à l’encontre de celle de la météorite qui aurait frappé la Terre à Chicxulub (Mexique) en projetant de formidables quantités de gaz et de poussière dans l’atmosphère. Les rayons du soleil étant bloqués, le cataclysme aurait entraîné un refroidissement de l’atmosphère auquel n’aurait pas survécu la vie à la surface de notre planète. L’impact de cette météorite aurait également pu contribuer à déclencher des éruptions volcaniques, provoquer des séismes et des tsunamis.

La nouvelle étude s’appuie essentiellement sur l’analyse de sédiments récupérés lors d’un forage pétrolier effectué en 2009 au large de la côte orientale de l’Inde. Les trépans ont fait remonter des sédiments enfouis à plus de 3 km de profondeur auxquels les chercheurs ont eu l’autorisation d’avoir accès. Ces sédiments contenaient des quantités importantes de fossiles datant d’une période intermédiaire entre le Crétacé et le Tertiaire, époque où les dinosaures sont censés avoir disparu. Les sédiments portaient la trace de couches de lava qui avaient parcouru 1600 km depuis les Trapps du Deccan. Les chercheurs rappellent que les volcans cette région étaient actifs au Crétacé sur une zone de la taille de l’Europe.  En étudiant les fossiles, les scientifiques se sont rendus compte que certaines espèces de plancton – Guembilitria – avaient réussi à survivre, alors que leur entourage avait péri. Ces observations confirment celles faites ailleurs dans le monde, en Egypte, Israël,  Italie ou Texas, par exemple. Ils donnent l’explication suivante : quand de grosses quantités de soufre (sous forme de pluies acides) sont tombées dans l’océan pendant l’éruption des Trapps du Deccan, ce soufre s’est mêlé au calcium, rendant ce dernier inutilisable pour les créatures qui en avaient besoin pour construire leurs coquilles ou leurs squelettes. A la même époque, les traces de fossiles d’animaux et de plantes terrestres ont disparu en Inde, ce qui laisse supposer que les volcans des Trapps ont provoqué une extinction de masse à la fois sur terre et dans l’océan.

Dans une étude précédente, la même équipe scientifique avait émis des doutes sur l’hypothèse de la destruction des dinosaures par la météorite mexicaine. En effet, les sédiments contenant de l’iridium – signature chimique d’un astéroïde – apparaissent APRES l’extinction de masse, ce qui va à l’encontre de la théorie d’une extinction massive soudaine. De plus, l’impact d’une météorite n’aurait pas généré suffisamment de SO2 et de CO2 pour correspondre aux quantités trouvées dans les roches. La météorite aurait donc contribué à accentuer la disparition des espèces mais ne l’aurait pas provoqué.

L’histoire n’est bien sûr pas terminée car chaque groupe de chercheurs continuera à défendre sa propre théorie, mais c’est aussi cette rivalité qui fait avancer la science !

 

drapeau francais.jpgVous pourrez lire l’intégralité de l’article (en anglais) sur le site LiveScience à cette adresse :

drapeau anglais.jpgThe whole article can be read on the LiveScience website at this address:

http://www.livescience.com/25324-volcanoes-killed-dinosau…

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(Os de dinosaures – Dinosaur National Monument (Utah / Etats Unis)

(Photo: C. Grandpey)

Interview le 7 décembre 2012 de Christine Hainaut à propos du projet Coménius et du label UNESCO décerné à l’école de Privas par le Café Pédagogique

le 14 décembre 2012 par Sylvie

Avec de l’énergie des volcans, on franchit les frontières. Nous avons rencontré Christine Hainaut au forum des enseignants innovants d’Orléans. Elle nous avait fait partager sa passion des volcans communiquée à ses élèves et d’autres encore en Europe. Un projet tellement convaincant et pertinent qu’elle a remporté le prix du jury.  Quelques mois après, elle nous raconte son histoire pédagogique où les volcans sont le ferment de beaux échanges.

 

Au moment où nous avons joint Christine, elle venait tout juste de recevoir des collègues belges, français, italiens et allemands pour sceller la naissance officielle de leur projet Comenius. Une école polonaise a également répondu présente, Christine en a été enchantée. D’origine polonaise, elle a songé aussi à Haroun Tazieff et à sa biographie encore mystérieuse sur son enfance passée à Varsovie, une nouvelle pierre historique à apporter à l’initiative.  La passion des volcans se partage au-delà des frontières éclairée par la figure du célèbre volcanologue. Frédéric Lavachery, le fils d’Haroun Tazieff, partage son héritage dans ce projet où l’exploration des paysages donne lieu à des explorations multiples.

 

La date de mai 2014 est l’objectif temporel. On fêtera alors à Privas, où Christine Hainaut enseigne en CM1-CM2, le centenaire de la naissance d’Haroun Tazieff avec un forum des sciences. Chaque école est impliquée dans l’évènement et pour que chacune se l’approprie, une exposition itinérante est en cours de conception. Le projet donne lieu à des découvertes ici et ailleurs. En février, les écoles se rencontreront en Sicile avec visite de l’Etna et du Stromboli. D’ici là, les français et les allemands auront conçu une fiche technique de méthodologie scientifique pour raconter le parcours d’une roche volcanique du lieu où elle a été ramassée au musée où elle est exposée. Une promenade géologique contée interactive est en cours d’élaboration.

 

Le projet de Christine s’ancre aussi dans le territoire.  En octobre, elle a participé à la fête de la science en présentant un premier DVD réalisé par les élèves français de l’école de Lancelot sur les phénomènes éruptifs. Une conférence sur la vulcanologie était aussi proposée ainsi que de nombreux ateliers d’expériences scientifiques. Plus de 520 visiteurs sont venus sur le stand, un nombre remarquable pour une petite ville comme Privas. Certains ont d’ores et déjà proposé leur aide pour le grand rendez-vous de mai 2014. Les soutiens institutionnels se manifestent aussi : la mairie s’est déjà engagée, le Parc Naturel Régional a accordé une subvention pour la visite prochaine de la coupe de Jaujac, une coulée de lave visible à l’œil nu, une des plus grandes d’Europe.

 

Christine enseigne en CM1-CM2 à l’école Lancelot de Privas. Son projet dure plusieurs années. Les CM2 de l’an passé sont partis un peu tristes de quitter le projet. Une solution a été trouvée : en adhérant pour une somme modique à l’Association « Chœur et volcans de sources et de montagnes » ils peuvent participer aux ateliers du jeudi soir organisés à l’école. Cinq élèves sur neuf le font. Les CM1 qui ont commencé le projet cette année le connaissaient déjà car il existe un lien fort entre les classes au sein de l’école. Leur intégration dans l’initiative a été aisée. Le jeudi soir, tous ensemble, ils travaillent actuellement à l’étiquetage des roches ramassées lors des sorties géologiques de la classe sur les volcans ardéchois, un travail minutieux et plein d’apprentissages..

 

Le projet suit son cours, grandit et conquiert de plus en plus de gens. Un premier éclairage avait été apporté par le prix de la Fondation Hipoccrène.  Le prix reçu au forum des enseignants innovants d’Orléans a achevé de convaincre. « Je suis revenue reboostée, ravie d’avoir rencontré d’autres enseignants ». De retour à Privas, elle a continué les échanges avec les enseignants rencontrés à Orléans sur twitter. Elle a aussi adopté une idée soufflée là bas : elle a inscrit son école au label « réseau des écoles UNESCO ». Et puis, pour son école située dans un quartier difficile, ces reconnaissances ne sont pas rien. Avec un taux de 60% de chômage chez les parents, dix huit origines différentes chez les enfants et de nombreux primo-arrivants, le tableau pourrait paraitre sombre. Construire un projet européen avec des échanges avec des collèges, des lycées, d’autres écoles dans plusieurs pays européens, donne aux enfants le goût d’apprendre et la fierté de faire. Christine le constate en observant les comportements, l’ambiance dans la classe où la motivation domine. Le nombre d’inscrits dans l’école a augmenté de 28 élèves cette année, une augmentation qui n’est certainement pas due uniquement aux retombées du projet mais dénote d’un regain de confiance envers l’établissement.

 

Christine participera du 23 au 25 janvier 2013 aux rencontres des écoles UNESCO à Paris où elle a présentera peut-être une nouvelle fois son projet dont les développements sont multiples.  Le travail réalisé avec les élèves contribuera peut-être au dossier pour proposer l’inscription de la chaine des Volcans du Puy au patrimoine mondial de l’Unesco..  En juin, le PNR d’Ardèche accueillera une présentation du projet. « Tout ça s’imbrique et chemine bien. C’est motivant ». nous dit Christine. Et puis, les enseignants européens impliqués dans l’initiative envisagent déjà la suite, un deuxième projet coménius qui porterait sur l’importance de la faune et de la flore dans les parcs naturels régionaux. « On en a eu l’idée en observant les roches et en voyant les différents végétaux qui poussaient dessus ; c’est la suite logique..».  L’aventure pédagogique de Christine Hainaut avec les volcans n’a pas fini de laisser naitre de belles histoires, comme celles que contaient Haroun Tazieff et qui petits nous faisaient rêver.

 

Monique Royer

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/12/07122012Article634904613977163457.aspx

http://www.cafepedagogique.net/Pages/Accueil.aspx

Le Mont Fuji, articles de Bernard Duyck du 13 au 17 novembre 2012

le 17 novembre 2012 par Sylvie

Voici quelques photos et commentaires venant du blog de Bernard Duyck sur lequel vous retrouverez l’intégralité de ces articles avec plus d’explications sur l’éruption de 1707, d’autres photos ou estampes ainsi que des schémas http://earth-of-fire.over-blog.com/

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     Contreforts du Mont Fuji – © Antony Van Eeten 2012 

Honshū ( 本州, littéralement « province principale ») est la plus grande île du Japon, autrefois appelée Hondo ( 本土), sur laquelle se trouvent entre autres les villes de Tokyo, Osaka, Kyoto, Hiroshima, Yokohama, Nara et Nagoya.

Avec une surface de 230.510 km², (soit une taille approchant celle du Laos, ce qui représente environ 60 % de la surface totale du Japon), s’étirant en longueur sur plus de 1 290 km, tandis que sa largeur varie entre 50 et 240 km, c’est la septième plus grande île du monde.

Montagneuse et volcanique, Honshū est souvent sujette à des tremblements de terre meurtriers. Selon l’Institut de géophysique américain USGS, Honshū semble avoir été déplacée de 2,4 mètres en raison du séisme tectonique historique du vendredi 11 mars 2011.

 Parmi les nombreux volcans qui ponctuent l’île centrale, la vedette est tenue par le Fuji-san. Avec ses 3.776 mètres, ce stratovolcan aux formes parfaites est le point culminant de l’île de Honshū et de l’archipel nippon. Il domine la mégapole de Tokyo, située à 100 km. au NE du volcan. Considéré comme l’une des trois montagnes sacrées, avec les monts Tate et Haku, c’est aussi un site historique et un symbole du Japon parmi les plus peints ou photographiés.

L’éruption de flanc du Mont Fuji en 1707 est considérée comme ayant causé l’une des plus importante chute de cendres et tephra de l’histoire volcanique du Japon.

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     Fuji-san : l’éruption Hoei de 1707 – doc. Kazuaki, Ito- Photo by Chip Clark, Smithsonian Institution

Première étape :

Après un fort séisme de magnitude 8,4 qui a frappé la côte de Honshu, le 28 octobre 1707, l’éruption débute le 16 décembre vers 10 heures, caractérisée par deux pulsions éruptives énergétiques avec panache plinien montant à au moins 20 km. de hauteur. La séquence éruptive témoigne de la rupture de chambres magmatiques superficielles, dacitique et andésitique, sur-pressurisées, suivie de la rétraction de magma basaltique au départ d’une volumineuse chambre magmatique en profondeur.

Seconde étape :

l’éruption se poursuit par intermittence jusqu’au 25 décembre, caractérisée par des pulsations sub-plinienne de magma basaltique relativement dégazé. Bien que le ratio éruptif soit dégressif, l’apport de magma depuis les profondeurs apparaît avoir été soutenu par une intrusion extensive proche de la surface, créant le cryptodôme du Mont Hoei à proximité de l’évent.

Troisième étape :

Après une accalmie d’une demi-journée, les éruptions reprennent violemment le 25 décembre. Cette étape est caractérisée par une colonne éruptive soutenue et « constante » d’au moins 13 km. de hauteur, avec deux périodes d’activité plus forte marquées par des colonnes éruptives excédant 16 km. de hauteur. Les scories vésiculaires riches en cuivre émises de façon continue indiquent un apport stable de magma riche en volatiles depuis les profondeurs.

L’éruption s’arrête le 30 décembre, plus par un processus d’effondrement du conduit que par décompression de la chambre magmatique. Quelques bombes sont émises du 31 décembre au 1° janvier, date à laquelle l’éruption prend officiellement fin.

 Trois cratères se formèrent durant l’éruption , numérotés de 1 à 3 en fonction de leur situation en altitude . Les second et troisième cratères se sont formés le 16 et 17 décembre. Le cratère numéro un est daté d’entre le 17 décembre et le 1° janvier. Le mont Hoei s’est établi au cours des premiers stades de la formation du cratère n°1.

 

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Mt Fuji : le cratère Hoei – photo eri.u-tokyo.ac.jp

De nombreuses habitations furent endommagées ; à Subashiri, située à 10 km. du cratère, 72 habitations et trois temples bouddhistes furent détruits dès le 1° jour de l’éruption. Dans la zone où la couche de téphra atteignait deux mètres, le nombre de maisons diminua de 1/3 au cours des quatorze années suivant l’éruption.

Des inondations consécutives à la remobilisation des téphra marquèrent de façon répétée le rivière Sakawa et d’autres cours d’eau plus petits. Mais l’utilisation des téphra de l’éruption de 1707 comme matériaux de construction et amendement agricole eu finalement un impact positif sur le développement régional.

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Fuji-san – vue sur le sommet –  © Antony Van Eeten 2012

A certaines heures de la journée, le soleil joue avec les neiges sommitales du Fuji nous rappelant l’estampe d’Hokusai, « le Fuji par temps clair », aussi appelée « le Fuji rouge » …

 

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Lumières douces sur le Fuji – © Antony Van Eeten 2012

 http://earth-of-fire.over-blog.com/

 

Interview d’Haroun Tazieff à propos de son film « Le Volcan interdit », vidéo de la télévision suisse romande RTS, émission « Carrefour » du 09 juillet 1966

le 16 novembre 2012 par Sylvie

Le 9 juillet 1966, Haroun Tazieff était interviewé pour l’émission Carrefour de la télévision suisse romande à propos de son film « Le volcan interdit ».

Dans ce reportage, le volcanologue explique pourquoi il a appelé le Niragongo volcan interdit. Il doit son nom tout d’abord aux croyances des indigènes mais surtout à  la raideur de ses pentes. Haroun Tazieff fut le 1er en 1948 à venir à bout de ses obstacles. Des alpinistes, auparavant, avaient essayé de l’escalader mais avaient renoncé à cause des gaz. Il ne suffisaient pas ‘être un bon alpiniste encore faut-il être habitué aux problèmes posés par les émanations de gaz.

Mais le spectacle qui attendait Haroun Tazieff et son équipe était grandiose : un lac de lave en fusion permanente.

Il présente ensuite l’équipe qui l’entourait en 1966, à laquelle il rend hommage.


http://www.rts.ch/archives/tv/information/carrefour/3454908-carrefour-09-07-66.html

Vidéo : l’équipe de « 5 colonnes à la une » avec Haroun Tazieff sur l’Etna, émission de 1966, archives INA, pour le site Jalons pour l’histoire du temps présent

le 13 novembre 2012 par Sylvie

L’équipe de l’émission « 5 colonnes à la une » composée de Igor Barrère, Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet, Pierre Lazareff et Pierre Mignot ont suivi Haroun Tazieff sur les pentes de l’Etna alors même que celui-ci était en éruption.

Le volcanologue Haroun Tazieff explique ce qu’est une coulée de lave et les dangers auxquels s’expose le volcanologue.

http://www.ina.fr/fresques/jalons/fiche-media/InaEdu01426/haroun-tazieff-l-amateur-de-volcans.html