Bilan volcanologique de l’année 2012, article rédigé par Claude Grandpey sur son blog.

le 29 décembre 2012 par Sylvie

 D’un point de vue volcanique, les douze mois qui viennent de s’écouler ont été remarquablement calmes car aucun événement majeur n’est à signaler. J’ai parfois été bien embarrassé pour mettre à jour quotidiennement les notes de mon blog ! (http://volcans.blogs-de-voyage.fr/)

Si l’on fait un bilan rapide, on se rend compte que l’activité est restée concentrée sur un petit nombre de volcans qui figurent au hit parade depuis pas mal de temps. En tête de liste figure le Kilauea qui déverse sa lave de manière quasi permanente depuis janvier 1983. Ce sera donc le 30ème anniversaire le mois prochain !

Les volcans du Kamchatka (Karymsky, Shiveluch et Kizimen en particulier) sont restés la plupart du temps en vigilance Orange. Seul le Plosky Tolbachik a attiré l’attention avec une belle éruption fissurale qui a commencé à la fin du mois de novembre.  Les coulées de lave sont impressionnantes et il sera peut-être le volcan de l’année…

Le Popocatepetl reste bien actif même s’il est moins virulent qu’au début de l’éruption en cours.

Le Fuego a souvent attiré mon attention par ses coulées de lave, ses avalanches incandescentes ou ses panaches de cendre. Son voisin Santiaguito est resté stable et son activité n’a guère varié en 2012, malgré une certaine intensification ces dernières semaines.

En Amérique du Sud, le Reventador et le Tungurahua doivent être surveillés car leur réveil est parfois brutal comme le prouvent ces derniers jours sur le Tungurahua.

Au Japon, le Sakurajima montre une belle activité, sans pour autant être vraiment menaçant pour les zones urbaines à proximité.

Le Cleveland et les autres volcans de la chaîne des Aléoutiennes ne menacent pas les populations car ces îles sont pour la plupart inhabitées. En revanche, les éruptions peuvent poser des problèmes au trafic aérien, particulièrement dense entre l’Amérique et l’Asie.

On pourrait mentionner aussi Santorin et le Nevado del Ruiz, mais ils n’ont montré qu’une hausse de la sismicité sans suite volcanique digne d’intérêt.

Pour terminer, il ne faudrait pas oublier l’Etna et son Cratère SE qui a connu de beaux paroxysmes en début d’année. L’activité a par la suite migré vers la Bocca Nuova avant de revenir vers le Cratère SE, mais le volcan est capable de beaucoup mieux faire !

On me fait souvent remarquer lors de mes interventions en public que les éruptions et les séismes sont plus fréquents qu’auparavant. Ce n’est en fait qu’une impression due aux nouveaux moyens de communication. Grâce à Internet, les nouvelles se propagent à la vitesse de la lumière. Cela me permet de vous tenir au courant – pratiquement en temps réel – de  l’activité volcanique dans le monde, ce qui n’était pas le cas il y a seulement une vingtaine d’années. Il en va de même des séismes. La Terre ne tremble pas plus qu’avant, mais ses moindres soubresauts sont signalés sur le Web quelques minutes après leur apparition.

L’extension du Parc Naturel Régional aux communes du Mézenc de Haute-Loire

le 19 décembre 2012 par Sylvie

Voici le communiqué de l’Office du tourisme intercommunal, rédigé par Raphaël Bonnet, responsable  de l’Office de Tourisme Intercommunal Mézenc – Loire Sauvage, sur Mezenc.fr

L’office du tourisme Mézenc Loire Sauvage qui travaille à l’échelle de la Communauté de communes du Mézenc et de la Loire Sauvage (17 communes de Haute-Loire) tenait le mardi 27 novembre 2012, à Boussoulet, une journée de rencontre et de réflexion avec une bonne trentaine d’hébergeurs et de prestataires d’activités de loisirs et de tourisme du massif du Mézenc.

Le thème en était: « Prestataires d’activités et hébergeurs: comment mieux travailler ensemble ? »

Elle a déjà donné des fruits par la mise en chantier de plusieurs projets de coopération entre acteurs professionnels et associatifs, membres de l’Office de tourisme.
Lors de cette journée de réflexion, tous les participants ont marqué leur intérêt pressant pour que pour que les collectivités locales se positionnent favorablement sur la charte du PNR des Monts d’Ardèche.

L’Office du tourisme Mézenc-Loire Sauvage rappelle à tous la nécessité de faire connaître leur avis dans les registres de l’enquête publique qui sont ouverts dans nos mairies jusqu’au 21 décembre, d’où le le courrier suivant à ses adhérents :

« Une enquête publique concernant la nouvelle charte du PNR des Monts d’Ardèche se déroule, jusqu’au vendredi 21 décembre.
Cette charte comprend notamment l’extension du Parc à 12 communes du massif situées en Haute-Loire (Champclause, Chaudeyrolles, les Estables, Fay sur Lignon, Freycenet-la-Cuche, Freycenet-Latour, Laussonne, le Monastier sur Gazeille, Moudeyres, Présailles, Saint-Front, les Vastres) et 7 communes du massif côté Ardèche ( en totalité Le Béage, le Cros de Géorand, Sainte-Eulalie, Sagnes et Goudoulet, Usclades et Rieutord et partiellement Mazan l’abbaye et Saint-Cirgues en montagne).

L’Office de tourisme lors de son dernier Conseil d’Administration le 15 Novembre dernier, s’est positionné en faveur de cette nouvelle charte et a demandé à chacun des acteurs touristiques de faire la démarche de s’exprimer sur celle-ci. »

Raphaël Bonnet, responsable de l’Office de Tourisme Mézenc – Loire Sauvage

 Site de l’Office du tourisme intercommunal Mezenc-Loire Sauvage  www.mezencloiresauvage.com

Site de partage des informations : Mezenc.fr

Voici l’article rédigé par Frédéric Lavachery, président du Centre Haroun Tazieff pour les Sciences de la Terre, pour défendre ce projet.

Une contribution à l’enquête publique par un citoyen de Chaudeyrolles.

L’extension du PNR des monts d’Ardèche aux communes du Mézenc de Haute-Loire concerne directement un nombre très important d’acteurs de la vie économique, culturelle et sociale de notre communauté de communes. Aucune étude, à ma connaissance, n’a été faite sur l’ampleur de cet impact. La décision sera donc prise de façon peu rationnelle, les arguments relevant dès lors de la pétition de principe. Pour sortir d’un affrontement politique de pouvoirs sur le territoire, ce qui est ma position de citoyen, d’artisan menuisier, d’élu communal, de délégué communautaire, de membre actif de douze associations locales et de président de deux associations, l’une ayant son siège à Chaudeyrolles, l’autre à Borée, je considère la question de l’extension du Parc au regard des défis posés par l’action de terrain.

La vie économique d’aujourd’hui en territoire rural de montagne soumis à un climat rude, ne peut pas être envisagée indépendamment d’un tissu social de faible densité démographique et de relativement forte identité culturelle.

– La communauté de communes du Mézenc et de la Loire Sauvage ne peut assumer ses responsabilités sans intégrer ses actions dans une vision claire de cette réalité.

La faiblesse démographique impose de renforcer les liens culturels entre habitants. La vie économique, chez nous, est étroitement dépendante de la vitalité culturelle. L’exemple de l’AOC du Fin Gras du Mézenc le montre assez, comme le montrent l’importance des lieux d’hébergement et des résidences secondaires pour l’activité des artisans du bâtiment ou celle du tourisme pour les hébergeurs, animateurs ou producteurs vivriers pratiquant la vente directe, tout comme la richesse du patrimoine paysager, naturel et historique du Mézenc pour l’éducation nationale et l’enseignement supérieur.

– Dans ce contexte spécifique de faiblesse démographique, le développement intelligent du massif ne peut se concevoir de façon saucissonnée en autant de clochers que compte le territoire du Mézenc.

– Le tissu social ne peut se densifier que dans le renforcement de ses liens culturels par une coopération toujours accrue entre les diverses catégories d’acteurs du développement intégré du massif. Un projet ne peut s’épanouir que par le développement des autres projets. Les projets strictement auto-centrés sont souvent en grande précarité économique, même les plus emblématiques du territoire, comme la Maison du Fin Gras à Chaudeyrolles.

– Les politiques publiques de développement économique, social et culturel mises en œuvre par les diverses collectivités devraient évaluer le rendement des sommes investies au regard de leur impact sur la densification culturelle des liens sociaux au sein de la population résidente du Mézenc.

– Pour conclure, sans pouvoir m’appuyer sur des données chiffrées, par mon expérience de plus de dix ans d’action culturelle, sociale et économique sur tout le territoire du Mézenc et de ses piémonts tant en Haute-Loire qu’en Ardèche, je peux témoigner de ce que l’extension du Parc des Monts d’Ardèche aux communes de Haute-Loire concernées est une nécessité. Le blocage éventuel de cette ouverture par une décision des élus communautaires entraînerait une rupture profonde au sein de nos communes, une très grande partie des acteurs économiques et associatifs liés au développement culturel en concevrait une amertume durable envers leurs élus.

Frédéric Lavachery, président du Centre Haroun Tazieff et de l’association « Choeurs de Volcans, de Sources et de Montagnes »,conseiller communal et délégué communautaire.

Le Centre Haroun Tazieff, par ses actions locales contribue à la vie du massif du Mézenc, comme l’illustre le Parcours de Randonnée de Chaudeyrolles :

http://tazieff.fr/category/pr-action-locale/

 

Séismes et tsunamis, article de Claude Grandpey sur son blog le 11 décembre 2012

le 14 décembre 2012 par Sylvie

Le Japon a encore été frappé par un violent séisme de M 7,3 le 7 décembre à 8h18 (TU). Il ne semble pas y avoir de dégâts majeurs, ni de victimes. Suite à ce tremblement de terre, une alerte tsunami a été lancée. La vague produite pas l’événement a été de taille relativement modeste (1 mètre de hauteur), sans comparaison avec celle qui a ravagé le secteur de Sendai et Fukushima suite au séisme de M 9 du 11 mars 2011.

Suite à ce dernier séisme, l’USGS a donné quelques éléments permettant d’apprécier les conséquences des séismes en fonction de leur magnitude et leur aptitude à déclencher des tsunamis :

Magnitudes inférieure à 6,5 : Ces séismes ne déclencheront probablement pas de tsunamis.

Magnitudes comprises entre 6,5 et 7,5 : Les séismes de ce type ne produisent en général pas de tsunamis destructeurs. Toutefois, de petites variations du niveau de la mer peuvent être observées à proximité de l’épicentre. Quand des dégâts ou des victimes sont recensés, c’est à cause des effets secondaires comme les glissements de terrain ou des effondrements sous-marins.

Magnitudes comprises entre 7,6 et 7,8 : Ces séismes peuvent déclencher des tsunamis destructeurs, en particulier près de leur épicentre. A des distances plus grandes, on peut observer des variations du niveau de la mer. Les tsunamis susceptibles de produire des dégâts à de grandes distances sont rares lors de séismes de cette magnitude.

Magnitudes de 7,9 et plus : Des tsunamis destructeurs sont possibles dans les régions proches de l’épicentre. Des variations significatives du niveau de la mer, accompagnées de dégâts, peuvent se produire sur des zones plus grandes.

Lors d’un séisme de magnitude M 9, il ne faudrait pas négliger l’apparition d’une réplique supérieure à M 7,5. A ce jour, la réplique la plus forte jamais enregistrée avait une magnitude de M 7,1 ; elle n’a pas entraîné de tsunami destructeur.

 http://volcans.blogs-de-voyage.fr/

Les volcans ont-ils tué les dinosaures, article de Claude Grandpey, sur son blog en date du 9 décembre 2012

le 14 décembre 2012 par Sylvie

L’éternel débat sur la cause de la disparition des dinosaures vient de ressurgir avec les résultats d’une étude présentée le 5 décembre 2012 au congrès annuel de l’American Geophysical Union.

D’après des chercheurs de plusieurs universités, dont celle de Princeton (USA), il ne fait aucun doute que ce sont les coulées de lave des Trapps du Deccan (région volcanique pas très loin de Mumbai – anciennement Bombay) qui, en rejetant des quantités importantes de SO2 et de CO2 dans l’atmosphère, ont provoqué un réchauffement de la planète et une acidification des océans, entraînant une extinction de masse à la surface de notre planète il y a quelque 65 millions d’années.

Cette hypothèse va à l’encontre de celle de la météorite qui aurait frappé la Terre à Chicxulub (Mexique) en projetant de formidables quantités de gaz et de poussière dans l’atmosphère. Les rayons du soleil étant bloqués, le cataclysme aurait entraîné un refroidissement de l’atmosphère auquel n’aurait pas survécu la vie à la surface de notre planète. L’impact de cette météorite aurait également pu contribuer à déclencher des éruptions volcaniques, provoquer des séismes et des tsunamis.

La nouvelle étude s’appuie essentiellement sur l’analyse de sédiments récupérés lors d’un forage pétrolier effectué en 2009 au large de la côte orientale de l’Inde. Les trépans ont fait remonter des sédiments enfouis à plus de 3 km de profondeur auxquels les chercheurs ont eu l’autorisation d’avoir accès. Ces sédiments contenaient des quantités importantes de fossiles datant d’une période intermédiaire entre le Crétacé et le Tertiaire, époque où les dinosaures sont censés avoir disparu. Les sédiments portaient la trace de couches de lava qui avaient parcouru 1600 km depuis les Trapps du Deccan. Les chercheurs rappellent que les volcans cette région étaient actifs au Crétacé sur une zone de la taille de l’Europe.  En étudiant les fossiles, les scientifiques se sont rendus compte que certaines espèces de plancton – Guembilitria – avaient réussi à survivre, alors que leur entourage avait péri. Ces observations confirment celles faites ailleurs dans le monde, en Egypte, Israël,  Italie ou Texas, par exemple. Ils donnent l’explication suivante : quand de grosses quantités de soufre (sous forme de pluies acides) sont tombées dans l’océan pendant l’éruption des Trapps du Deccan, ce soufre s’est mêlé au calcium, rendant ce dernier inutilisable pour les créatures qui en avaient besoin pour construire leurs coquilles ou leurs squelettes. A la même époque, les traces de fossiles d’animaux et de plantes terrestres ont disparu en Inde, ce qui laisse supposer que les volcans des Trapps ont provoqué une extinction de masse à la fois sur terre et dans l’océan.

Dans une étude précédente, la même équipe scientifique avait émis des doutes sur l’hypothèse de la destruction des dinosaures par la météorite mexicaine. En effet, les sédiments contenant de l’iridium – signature chimique d’un astéroïde – apparaissent APRES l’extinction de masse, ce qui va à l’encontre de la théorie d’une extinction massive soudaine. De plus, l’impact d’une météorite n’aurait pas généré suffisamment de SO2 et de CO2 pour correspondre aux quantités trouvées dans les roches. La météorite aurait donc contribué à accentuer la disparition des espèces mais ne l’aurait pas provoqué.

L’histoire n’est bien sûr pas terminée car chaque groupe de chercheurs continuera à défendre sa propre théorie, mais c’est aussi cette rivalité qui fait avancer la science !

 

drapeau francais.jpgVous pourrez lire l’intégralité de l’article (en anglais) sur le site LiveScience à cette adresse :

drapeau anglais.jpgThe whole article can be read on the LiveScience website at this address:

http://www.livescience.com/25324-volcanoes-killed-dinosau…

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(Os de dinosaures – Dinosaur National Monument (Utah / Etats Unis)

(Photo: C. Grandpey)

Interview le 7 décembre 2012 de Christine Hainaut à propos du projet Coménius et du label UNESCO décerné à l’école de Privas par le Café Pédagogique

le 14 décembre 2012 par Sylvie

Avec de l’énergie des volcans, on franchit les frontières. Nous avons rencontré Christine Hainaut au forum des enseignants innovants d’Orléans. Elle nous avait fait partager sa passion des volcans communiquée à ses élèves et d’autres encore en Europe. Un projet tellement convaincant et pertinent qu’elle a remporté le prix du jury.  Quelques mois après, elle nous raconte son histoire pédagogique où les volcans sont le ferment de beaux échanges.

 

Au moment où nous avons joint Christine, elle venait tout juste de recevoir des collègues belges, français, italiens et allemands pour sceller la naissance officielle de leur projet Comenius. Une école polonaise a également répondu présente, Christine en a été enchantée. D’origine polonaise, elle a songé aussi à Haroun Tazieff et à sa biographie encore mystérieuse sur son enfance passée à Varsovie, une nouvelle pierre historique à apporter à l’initiative.  La passion des volcans se partage au-delà des frontières éclairée par la figure du célèbre volcanologue. Frédéric Lavachery, le fils d’Haroun Tazieff, partage son héritage dans ce projet où l’exploration des paysages donne lieu à des explorations multiples.

 

La date de mai 2014 est l’objectif temporel. On fêtera alors à Privas, où Christine Hainaut enseigne en CM1-CM2, le centenaire de la naissance d’Haroun Tazieff avec un forum des sciences. Chaque école est impliquée dans l’évènement et pour que chacune se l’approprie, une exposition itinérante est en cours de conception. Le projet donne lieu à des découvertes ici et ailleurs. En février, les écoles se rencontreront en Sicile avec visite de l’Etna et du Stromboli. D’ici là, les français et les allemands auront conçu une fiche technique de méthodologie scientifique pour raconter le parcours d’une roche volcanique du lieu où elle a été ramassée au musée où elle est exposée. Une promenade géologique contée interactive est en cours d’élaboration.

 

Le projet de Christine s’ancre aussi dans le territoire.  En octobre, elle a participé à la fête de la science en présentant un premier DVD réalisé par les élèves français de l’école de Lancelot sur les phénomènes éruptifs. Une conférence sur la vulcanologie était aussi proposée ainsi que de nombreux ateliers d’expériences scientifiques. Plus de 520 visiteurs sont venus sur le stand, un nombre remarquable pour une petite ville comme Privas. Certains ont d’ores et déjà proposé leur aide pour le grand rendez-vous de mai 2014. Les soutiens institutionnels se manifestent aussi : la mairie s’est déjà engagée, le Parc Naturel Régional a accordé une subvention pour la visite prochaine de la coupe de Jaujac, une coulée de lave visible à l’œil nu, une des plus grandes d’Europe.

 

Christine enseigne en CM1-CM2 à l’école Lancelot de Privas. Son projet dure plusieurs années. Les CM2 de l’an passé sont partis un peu tristes de quitter le projet. Une solution a été trouvée : en adhérant pour une somme modique à l’Association « Chœur et volcans de sources et de montagnes » ils peuvent participer aux ateliers du jeudi soir organisés à l’école. Cinq élèves sur neuf le font. Les CM1 qui ont commencé le projet cette année le connaissaient déjà car il existe un lien fort entre les classes au sein de l’école. Leur intégration dans l’initiative a été aisée. Le jeudi soir, tous ensemble, ils travaillent actuellement à l’étiquetage des roches ramassées lors des sorties géologiques de la classe sur les volcans ardéchois, un travail minutieux et plein d’apprentissages..

 

Le projet suit son cours, grandit et conquiert de plus en plus de gens. Un premier éclairage avait été apporté par le prix de la Fondation Hipoccrène.  Le prix reçu au forum des enseignants innovants d’Orléans a achevé de convaincre. « Je suis revenue reboostée, ravie d’avoir rencontré d’autres enseignants ». De retour à Privas, elle a continué les échanges avec les enseignants rencontrés à Orléans sur twitter. Elle a aussi adopté une idée soufflée là bas : elle a inscrit son école au label « réseau des écoles UNESCO ». Et puis, pour son école située dans un quartier difficile, ces reconnaissances ne sont pas rien. Avec un taux de 60% de chômage chez les parents, dix huit origines différentes chez les enfants et de nombreux primo-arrivants, le tableau pourrait paraitre sombre. Construire un projet européen avec des échanges avec des collèges, des lycées, d’autres écoles dans plusieurs pays européens, donne aux enfants le goût d’apprendre et la fierté de faire. Christine le constate en observant les comportements, l’ambiance dans la classe où la motivation domine. Le nombre d’inscrits dans l’école a augmenté de 28 élèves cette année, une augmentation qui n’est certainement pas due uniquement aux retombées du projet mais dénote d’un regain de confiance envers l’établissement.

 

Christine participera du 23 au 25 janvier 2013 aux rencontres des écoles UNESCO à Paris où elle a présentera peut-être une nouvelle fois son projet dont les développements sont multiples.  Le travail réalisé avec les élèves contribuera peut-être au dossier pour proposer l’inscription de la chaine des Volcans du Puy au patrimoine mondial de l’Unesco..  En juin, le PNR d’Ardèche accueillera une présentation du projet. « Tout ça s’imbrique et chemine bien. C’est motivant ». nous dit Christine. Et puis, les enseignants européens impliqués dans l’initiative envisagent déjà la suite, un deuxième projet coménius qui porterait sur l’importance de la faune et de la flore dans les parcs naturels régionaux. « On en a eu l’idée en observant les roches et en voyant les différents végétaux qui poussaient dessus ; c’est la suite logique..».  L’aventure pédagogique de Christine Hainaut avec les volcans n’a pas fini de laisser naitre de belles histoires, comme celles que contaient Haroun Tazieff et qui petits nous faisaient rêver.

 

Monique Royer

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/12/07122012Article634904613977163457.aspx

http://www.cafepedagogique.net/Pages/Accueil.aspx