Vidéo postée par Christine Hainaut lors de sa visite en Sicile, l’Etna en pleine activité le 2 mars 2013

le 3 mars 2013 par Sylvie
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Présentation de l’école Lancelot à Privas, du projet Coménius et des partenaires.

le 3 mars 2013 par Sylvie
Haroun Tazieff : Garouk, l’avaleur de lave, vidéo réalisée par Robert Nardone pour universcience.tv

le 2 mars 2013 par Sylvie

Cette vidéo a été réalisée par Robert Nardone dans le cadre des « petites histoires des sciences » pour universcience.tv.

Universcience.tv est une web tv scientifique de la cité des sciences et du Palais de la découverte. Tous les jeudis, ils mettent en ligne de nouvelles vidéos de 2 à 52 mn sur des sujets variés concernant la science.

Cette vidéo a été réalisée en 2009 avec l’aide de Frédéric Lavachery, président du  Centre Haroun Tazieff pour les Sciences de la Terre et de François le Gern qui présidait l’Adis, et qui avait été un compagnon de Garouk.

 

Vidéo à retrouver sur le site de universcience.tv :
 http://www.knowtex.com/nav/haroun-tazieff-garouk-l-avaleur-de-lave_8417

 

Le lac Pavin : les eaux maléfiques ou miraculeuses racontent-elles le volcanisme ? D’Haroun Tazieff à Thierry del Rosso, une approche naturaliste et culturelle de la volcanologie. Le chercheur Michel Meybeck plonge dans nos lacs volcaniques, article de Frédéric Lavachery

le 2 mars 2013 par Sylvie

Michel Meybeck est le directeur du Laboratoire de Géologie Appliquée Sisyphe, à l’Université Paris VI. Dans le magazine auvergnat d’information critique La Galipote, en son numéro 127 de janvier 2013, ce chercheur du CNRS expose en douze pages la fécondité d’une approche du volcanisme qui intègre les récits anciens relevant soit du savoir populaire soit des observations d’érudits et de naturalistes oubliés depuis des siècles.

Ses recherches s’appuient sur les recherches récentes de l’hydrogéologue Thierry del Rosso et du géologue Pierre Lavina qui ont découvert, entre 2004 et 2008, que le système volcanique du Pavin-Montchal-Moncinyere a connu une activité éruptive en des temps historiques, ce qui devrait révolutionner l’enseignement de nos universités au sujet du volcanisme des Monts Dore et du Cézallier. Sauf que les facultés universitaires rejettent les hypothèses de del Rosso et Lavina et contestent la validité de leurs analyses d’échantillons.

Sommé d’asséner la preuve de la preuve de la preuve de ces découvertes, Thierry del Rosso a eu l’idée d’associer les sciences humaines à l’interprétation des faits qu’il a relevés avec Pierre Lavina. C’est ainsi qu’il est allé à la recherche des contes et légendes relatifs aux cratères nés de la rencontre explosive du magma et de l’eau, les « maars ». Et l’histoire du lac Pavin s’en est trouvée éclairée d’une lumière neuve sortie des récits anciens.

Michel Meybeck s’est engagé résolument sur la voie ouverte par del Rosso.

« … sur icelle montaigne y a un grand gouffre duquel il sort ordinairement une grande fouldre de gresle et de tonnerre, qui gatste les bledz des vallées » écrivait Abel Jouan, chroniqueur du roi Charles IX, lors de sa visite en Auvergne en 1566.

Comme Thierry del Rosso, Michel Meybeck rapproche de tels récits de ceux qui furent recueillis par François Le Guern, volcanologue compagnon d’Haroun Tazieff, au lendemain de la catastrophe du lac Nyos, au Cameroun, d’où une énorme quantité de gaz carbonique a jailli pour tuer 1800 personnes en 1986. Une autre membre des équipes Tazieff dépêchée sur place fin 86-début 87, l’hydrogéologue et chimiste volcanologue Rose-Marie Chevrier, y a entendu une nuit « des bruits de tonnerre ressemblant à des ‘bangs’ d’avions supersoniques, accompagnés d’éclairs. En outre, poursuit Michel Meybeck rapportant ce récit de Rose-Marie Chevrier, ont été observées des remontées de traces ferrugineuses… une caractéristique que l’on retrouve dans le « Manuscrit Godivel » à propos du Pavin. »

François Le Guern, en 2009, vint sur les lieux des découvertes de del Rosso et Lavina. Après avoir relevé les débits de gaz carbonique en quelques endroits désignés par Thierry del Rosso, il conclut sans l’ombre d’une hésitation « c’est un volcan actif ». Le Guern, qui nous a quitté il y a bientôt deux ans, était le volcanologue le plus expérimenté de la Planète.

Meybeck rapproche en outre « ce qui se passe au Pavin au XVIème siècle (…) et le pèlerinage de Vassivière. En effet, pourquoi a-t-on organisé, à partir du milieu du XVI ème siècle, un pèlerinage en pleine montagne? …Et pourquoi, avant même les miracles attribués à la Vierge de Vassivière et la construction d’une chapelle, existait-il en ce lieu, situé à moins de trois kilomètres en amont du Pavin, un oratoire -« le seignadou »- devant lequel les gens se signaient lorsqu’ils empruntaient la route conduisant de Besse à la Tour d’Auvergne? S’ajoute à cela la nature des miracles qui y ont été observés pendant des dizaines d’années (…) Or, lorsqu’on en fait l’inventaire, beaucoup d’entre eux, à l’évidence, s’apparentent aux symptômes ressentis ou subis par les populations du lac Nyos tels qu’ils ressortent des témoignages. Il y a ainsi beaucoup d’affections des yeux liées aux éclairs ou aux gaz, beaucoup de pertes de vue, de contusions s’y rapportant… « 

Ce dossier de La Galipote s’ouvre sur un plaidoyer de Michel Meybeck pour que l’on reconnaisse en nos lacs de volcans un patrimoine exceptionnel et qu’on le préserve par la recherche scientifique. « Prenez la Godivelle d’En-Haut, c’est une cuvette de 44 mètres de profondeur qui contient quasiment de l’eau disitillée (…) Chambédaze et Bourdouze sont eux des lacs résiduels de tourbières, mais leur valeur scientifique est immense (…) Sont archivés dans leurs tourbes tous les climats depuis 10000 ans, et les chercheurs spécialisés en paléo-limnologie du monde entier s’y succèdent. »

Ainsi en va-t-il de nos lacs et tourbières du haut Vivarais et du Velay volcaniques. Et les Hautes Boutières recèlent nombre de mystères telluriques que les scientifiques n’ont qu’à peine effleurés.

 EN SAVOIR PLUS :
http://galipote.jimdo.com/le-journal-la-galipote/le-num%C3%A9ro-en-kiosque/

 

 

D’Haroun Tazieff à Thierry del Rosso, une approche naturaliste et culturelle de la volcanologie, un pavin dans la mare, article de frédéric Lavachery

le 2 mars 2013 par Sylvie

Thierry del Rosso et ses collègues en prospection aux alentours du lac Pavin (photo CHT).

Le trimestriel auvergnat d’information critique La Galipote, en son premier numéro de 2013, expose en douze pages les travaux actuels du professeur Michel Meybeck sur la fécondité d’une approche du volcanisme qui intègre les récits anciens relevant soit du savoir populaire, soit des observations d’érudits et de naturalistes oubliés depuis des siècles.

Michel Meybeck s’appuie sur les recherches de l’hydrogéologue Thierry del Rosso et du géologue Pierre Lavina qui ont découvert, entre 2004 et 2008, que le système volcanique du Pavin-Montchal-Moncinyere, dans le Puy-de-Dôme a connu une activité éruptive en des temps historiques.

A la fin des années 1980, déjà, Haroun Tazieff affirmait que les dernières manifestations éruptives dans le Puy-de-Dôme avait eu lieu il y a 1500 ans et 2000 ans.
A la suite de la catastrophe du lac Nyos, au Cameroun, où, en 1986, 1800 personnes ont été tuées par une éruption gazeuse de C02, Tazieff et ses collaborateurs François Le Guern, du CNRS, et René-Xavier Faivre-Pierret, du CEA, se sont attachés à l’étude des risques liés au dégazage brutal de grandes quantités de C02 dans les zones de cratères « phréato-magmatiques »», de « maars », ces dépressions qui parsèment les massifs volcaniques du Massif central, produites par la rencontre explosive du magma et de l’eau des nappes phréatiques.

Dès 2004, Thierry del Rosso, en parfait connaisseur de l’histoire naturelle et culturelle du Massif central, s’est penché attentivement sur les légendes et contes fantastiques d’Auvergne, en particulier ceux qui ont pour objet les lacs qui occupent les cratères de nos volcans, parce qu’il a eu l’intuition qu’il fallait les relier à la perception que les populations du haut moyen-âge pouvaient avoir des risques naturels.

Parallèlement, parce que la valeur de ses découvertes était –et reste- fortement contestée par les autorités académiques de la volcanologie française, Thierry del Rosso a fait des fouilles dans les publications scientifiques du siècle dernier et a exhumé une datation faite en 1963 par la méthode du carbone 14, carbone radioactif, sur des cendres volcaniques stromboliennes retombées sur un sol tourbeux situé sur la commune de Clermont-Ferrand. Cette datation situait en 1200 après Jésus-Christ l’éruption responsable de ces retombées. La communauté scientifique a contesté ce résultat et il semble que les documents relatifs à cette datation aient été supprimés des archives de la faculté de Clermont.

A l’heure actuelle, nous ne savons pas encore sur quelles datations Tazieff se fondait pour affirmer que la région de Clermont avait connu une activité éruptive il y a 1500 et 2000 ans. Peut-être s’agit-il de cendres volcaniques comblant des piscines gallo-romaines à Royat, dont la datation donnerait une éruption s’étant produite entre 1500 et 2000 ans d’ici. Cette datation elle aussi fut fortement controversée et a été supprimée des références.
Les archives Tazieff qui sont en cours d’inventaire au Muséum d’Histoire Naturelle à Paris nous permettront peut-être d’en savoir plus.

Toujours est-il que, compte tenu de la marge d’erreur des datations faites en 1963 par la recherche du carbone 14 dans des échantillons de matière organique (la tourbe en l’occurrence), les documents de 1963 retrouvés par Thierry del Rosso sont à rapprocher des retombées volcaniques qu’il a découvertes avec Pierre Lavina sur un sol situé dans le secteur Pavin-Montchal-Montcineyre, dont la datation effectuée par deux laboratoires, l’un suisse et l’autre belge, donnent une éruption se situant aux alentours de l’an 1250 de notre ère. Ces résultats ont été contestés par la faculté de Clermont parce que les analyses ont été faite sur sol et non sur charbon de bois, matière organique.

Cependant, del Rosso et Lavina ont également fait dater des échantillons pris sur charbon de bois dans les coulées de boues issues du lac Pavin –coulées dévastatrices que les volcanologues appellent « lahars »- dans lesquelles se trouvaient des ossements humains. Et l’on tombe à nouveau sur cette période des alentours de 1200.

Toujours à la recherche de la preuve-de la preuve-de la preuve devant le refus persistant de la communauté scientifique de Clermont de valider ses découvertes, Thierry del Rosso s’est donc attaché également à l’examen des pratiques religieuses populaires des régions à risque liés au volcanisme. C’est ainsi qu’il a mis en lumière le cas du site de Vassivière, situé à trois kilomètres du lac Pavin et qu’il l’a mis en relation avec plusieurs statues de la Vierge que l’on trouve en descendant le cours de la Couze Pavin. Ce qui l’a frappé, c’est le sens des processions qui ne remontent pas le cours de la rivière, comme on pourrait s’y attendre pour un rite chrétien d’élévation, mais qui « à la dévalade », pourrait répondre à la nécessité de conjurer un risque de catastrophe naturelle, comme le tsunami terrestre provoqué par la brutale vidange du lac Pavin au treizième siècle, dont le tout proche village de Besse fut la première victime. La légende de la « ville engloutie » qui court sur le Pavin trouverait-là son origine. Tout esprit cartésien et ouvert en sciences de la Terre se devrait de reconnaître la nécessité d’examiner tous les indices d’impact des phénomènes naturels sur les témoins de l’époque et de les soumettre à l’étude de toutes les disciplines scientifiques, sciences humaines comprises.

Comme le propose le géographe Philippe Reyt, « la géographie du sacré est susceptible d’intéresser la géographie contemporaine. Elle induit la désignation sur le territoire de lieux réservés aux seules forces de la nature, encore bien présents dans l’ imaginaire spatial du vingtième siècle. »