Pourquoi certains volcans sont-ils si loin des rifts ? article de Laurent Sacco sur Futura Science le 26 mars 2014

le 13 avril 2014 par Sylvie

Logiquement, des volcans se forment dans les vallées des rifts, au-dessus de la zone de fusion partielle du manteau. Mais pas seulement : certains en sont très éloignés. Cette énigme s’expliquerait par les changements de répartition des contraintes tectoniques dans la croûte en extension, d’après les modélisations numériques réalisées par une équipe internationale.

ardoukôba

L’Ardoukôba, baptisé par Haroun Tazieff du nom du secteur où il est apparu, est un volcan de type fissural à éruption basaltique. Situé sur le rift d’Asal, entre le lac Asal et le Ghoubbet-el-Kharâb, à l’ouest de Djibouti, il a fait une unique éruption du 7 au 14 novembre 1978, libérant plus de 43 mégatonnes de basaltes à phénocristaux et 6 milliards de mètres cubes de gaz constitués de 80 % d’eau. © Rolfcosar, Wikipsédia, GNU 1.2

L’article que vient de publier un groupe de géophysiciens dans Nature Geoscience aurait sans doute retenu l’attention d’Haroun Tazieff s’il était encore parmi nous. On fête cette année le centenaire de sa naissance, et une biographie, Un volcan nommé Tazieff, rédigée par Frédéric Lavachery, son fils qui est également président du centre Haroun Tazieff, va sortir en avril 2014. Peu de personnes savent sans doute que c’est sur la demande d’Haroun Tazieff que la Calypso a effectué les travaux d’échosondage ayant conduit en 1952 à la découverte de la faille axiale du fossé d’effondrement de la mer Rouge. Le volcanologue avait été invité à l’époque par le commandant Cousteau lors d’une expédition de son navire océanographique.

Fervent adepte de la théorie de la dérive des continents d’Alfred Wegener et convaincu que le volcanisme n’était pas un épiphénomène de l’activité géologique de la planète, Haroun Tazieff soupçonnait une prolongation du rift est-africain dans la mer Rouge. Les missions d’explorations et les campagnes d’étude en Afar de la fin des années 1960 au début des années 1970 qu’il réalisera avec ses collègues Giorgio Marinelli, Franco Barberi et Jacques Varet lui ont donné l’occasion de vérifier qu’il avait vu juste. Ces missions d’exploration du fossé d’effondrement où se situent les volcans de la chaîne de l’Erta Ale ont contribué à la validation de la théorie de la tectonique des plaques, démontrant que la mer Rouge et la dépression de l’Afar, en Éthiopie, sont un océan en formation.

schéma article Laurent Sacco


Des sills (ou couches filons) horizontaux contenant du magma se forment au-dessus de la discontinuité de Mohorovičić (ou Moho), marque la limite entre la croûte terrestre (crust) et le manteau supérieur (mantle), sous le fossé d’effondrement d’un rift provoqué par des plaques en extension. Les contraintes tectoniques guident alors parfois la progression du magma vers la surface, en direction de l’extérieur de la vallée du rift, ce qui explique la formation de volcan hors du rift (Off rift) ou sur son épaulement (shoulder). © R. Milkereit, GFZ

Transports de magma presque horizontaux

Depuis la fin des années 1960, la théorie de la tectonique des plaques et la modélisation du volcanisme qui lui est associé ont progressé. Mais les chercheurs en géosciences ont encore du travail sur la planche. Par exemple, un fait curieux les troublait. Du liquide magmatique issu de la fusion partielle du manteau supérieur s’accumule à la frontière entre le manteau et la croûte juste sous le bassin d’effondrement des rifts. Mais curieusement, le magma ne fait pas éruption à la surface uniquement dans cette zone. Des volcans issus du magmatisme sous le rift se forment parfois à des dizaines, voire des centaines de kilomètres de distance.

Des membres du German Research Centre for Geosciences (GFZ) et des universités de Southampton et de Rome III ont cherché à résoudre cette énigme. Ils sont partis d’un modèle numérique pouvant décrire le transport du magma dans des roches soumises à des contraintes, comme celles qui étirent et amincissent la croûte terrestre et forment des rifts. Cela leur a permis de découvrir que la topographie des vallées d’effondrement des rifts a une influence sur les contraintes tectoniques et la façon dont elles guident la propagation des dykes volcaniques, les filons de magma qui s’infiltrent via des fractures dans la croûte.

En gros, lorsque le fossé d’effondrement est peu profond et large, le magma fait éruption verticalement à sa source, comme on s’y attendait. Mais quand le fossé est profond et étroit, les contraintes inclinent les dykes, de sorte qu’ils sont parfois presque horizontaux au début de leur formation. Puis le magma remonte diagonalement et donne des volcans sur les bords du rift, et parfois bien plus excentrés de part et d’autre de la vallée centrale. Dans certains cas, le magma s’arrête en formant des empilements de roches refroidies sans faire éruption à la surface. Selon les chercheurs, cela expliquerait peut-être l’absence de volcanisme de surface durant des millions d’années observée dans les rifts en Europe.

 http://www.futura-sciences.com/magazines/terre/infos/actu/d/volcan-certains-volcans-sont-ils-si-loin-rifts-52963/

 

Sortie le 2 avril de la biographie Un volcan nommé Haroun Tazieff écrite par son fils, Frédéric Lavachery

le 27 mars 2014 par Sylvie

Voici le communiqué de presse réalisé par les éditions Archipel :

communiqué de presse parution de la biographie

Et voici la 4ème de couverture : un volcan nommé Haroun Tazieff de Frédéric Lavachery

couverture

 

 

 

Centenaire de la naissance d’Haroun Tazieff à Bapaume dans le Pas-de-Calais

le 9 février 2014 par Sylvie

 Les commémorations du centenaire de la naissance de Tazieff ont débuté à Bapaume, dans le Pas-de-Calais. Un partenariat collège public et municipalité s’est mis en place. ce qui a  permis de faire venir  du 27 janvier au 6 février 2014 à l’Espace Culturel Isabelle de Hainaut une exposition sur les volcans de l’association LAVE (L’Association Volcanologique Européenne).

Ainsi 800 élèves des lycées, collèges et écoles environnantes ou jeunes publics handicapés ont  vu cette très belle exposition. Ils ont pu découvrir différents volcans dans le monde, admirer une maquette qui reproduit différents volcans ou  admirer les roches volcaniques.

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Le samedi 1er février, une soirée publique était organisée : d’abord un temps d’échange autour de l’exposition en présence de Frédéric Lavachery, fils d’Haroun Tazieff et président du Centre Haroun Tazieff. Des enseignants du bassin de l’Arrageois et de Bapaume ont pu faire connaissance, des membres de LAVE se sont retrouvés et ont fait connaissance avec Frédéric Lavachery, et les Bapalmois ont pris plaisir à découvrir l’exposition bien mise en valeur et riche. Les roches volcaniques ont aussi beaucoup attiré leur attention.

Puis Frédéric a montré un épisode de la série « le feu de la terre » sur Java. Le public a été très intéressé aussi bien par le film que par la conférence dans laquelle Frédéric Lavachery a évoqué son père.

Puis après quelques questions posées par le public, les échanges se sont poursuivis autour du verre de l’amitié. Les 70 personnes présentes ont fort apprécié la soirée.

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Et enfin, les 4èmes du collège Carlin Legrand de Bapaume ont rencontré lundi 3 et mardi 4 février 2014 Frédéric Lavachery lors d’un atelier de 2 heures avec conférence d’une heure sur les volcans et la vie d’Haroun Tazieff puis film de la série « le feu de la terre ».

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Et à 13h15, mardi 4 février, les élèves qui avaient réalisé l’an dernier une maquette de volcan (la Montagne Pelée, le piton de la Fournaise…) ont montré à Frédéric leur réalisation et ont fait exploser leur volcan. Quant aux élèves de l’accompagnement éducatif de cette année, ils ont montré le début de leur maquette (l’Etna, le Vésuve….) Frédéric leur a proposé de leur envoyer des anecdotes ou informations sur le volcan qu’ils ont choisi.

Lorsque leur travail sera fini, des photos de leur maquette seront faites et remises sur ce site.

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Interview de Christine Hainaut dans les Cahiers Pédagogiques par Monique Royer

le 2 février 2014 par Sylvie

Haroun Tazieff : l’homme qui marchait sur les volcans

Interview de Christine Hainaut, professeure des écoles

Haroun Tazieff avec son drôle d’accent nous racontait les volcans et nous faisait rêver enfants, avec le feu qui couve sous les volcans, une vie mystérieuse tapie dans les couleurs chaudes des éruptions. Quelques années plus tard, des enfants de CM1-CM2 de l’école Lancelot de Privas, préparent la célébration du centenaire du volcanologue. L’idée de cette fête, qui l’aurait certainement ravi, est venue à Christine Hainaut un jour de promenade et est devenue au fil du temps et des rencontres un projet humaniste, grand et curieux, à l’image de l’homme qui marchait sur les volcans.


Tout commence donc par une marche sur les plateaux Ardéchois en compagnie du botaniste Christian Giroux qui explique la richesse de la biodiversité par le passé volcanique du lieu. Christine Hainaut le questionne. La beauté du paysage attise sa curiosité de scientifique contrariée. «  J’ai toujours aimé les sciences mais je n’ai pas rencontré lors de ma scolarité d’enseignants qui ont réussi à mettre en valeur ce goût  ».

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Tout d’abord danseuse, chorégraphe, professeur de danse diplômée d’état et responsable de deux studios de danse et d’une compagnie «  des jeunes ballets de Cristal Studio  », titulaire d’une licence STAPS et d’un brevet d’État Jeunesse et sports, elle a choisi de devenir professeure des écoles pour poser sa vie tout en restant dans le domaine éducatif. Son parcours mêle arts et apprentissages avec une ouverture constante vers de nouveaux horizons.

Aux côtés du botaniste, une idée se met en marche dans son esprit : ces paysages sont une richesse à explorer avec ses élèves. Lorsqu’elle apprend que Fréderic Lavachery, le fils d’Haroun Tazieff, vit tout à côté, elle décide de l’inviter dans sa classe pour parler des volcans mais aussi de son père. Cette rencontre nourrira un projet européen dans le cadre de Comenius et l’ambition de transformer les élèves d’une école située dans un quartier populaire en organisateurs d’un évènement phare du centenaire du volcanologue.

L’école Lancelot compte 148 élèves de 25 origines différentes pour qui 65 % des parents sont au chômage. Le projet «  volcans et paysages  », commencé en septembre 2011, fixe dans ses objectifs celui de rendre «  des enfants heureux d’apprendre et fiers de leur école  ». Et pour l’atteindre, les élèves sont acteurs de leurs apprentissages dans toutes les étapes, directement impliqués dans la réalisation des différents rendez-vous. Fréderic Lavachery accompagne de ses éclairages les découvertes qu’ils font sur le terrain.

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Pour la fête de la science en octobre 2012, ils participent à l’organisation d’ateliers sur les phénomènes éruptifs suivis par plus de 500 participants et à la réalisation d’un DVD. Ils partagent leurs découvertes avec des classes italienne, allemande, polonaise et belge en mettant en commun des fiches sur la volcanologie et en créant ensemble une exposition itinérante. Ils se sont mêmes rencontrés en Sicile sur l’Etna et en Allemagne sur l’Eiffel volcanique. «  Au début, mettre en place le projet n’a pas été facile  » confie Christine Hainaut. Mais les effets sur le plaisir d’apprendre et les comportements des élèves se font sentir rapidement. En mai 2012, le projet reçoit le prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe au Parlement européen de Strasbourg puis en juin le prix du jury au Forum des enseignants innovants du café pédagogique. Il est ensuite intégré aux écoles associées de l’Unesco.

Ces trois reconnaissances aideront à ouvrir des portes pour réaliser ce que Fréderic Lavachery et l’enseignante ont imaginé peu après leur première rencontre : faire de l’école Lancelot et de Privas un lieu emblématique du centenaire d’Haroun Tazieff.
Petit à petit, des liens se tissent avec des collèges et lycées de la ville, avec la mairie, le parc naturel régional. Redonner tout son éclat à la richesse volcanique de la région, transformer l’image d’une école par l’ouverture vers l’Europe et vers la science, les objectifs et le sérieux du projet ont de quoi convaincre ; l’énergie et l’engagement de son initiatrice aussi.

En tout, ce sont près de 3 000 élèves qui ont été impliqués au-delà de la classe de CM1-CM2 de Christine Hainaut. Pour l’organisation des évènements du centenaire du 14 au 17 mai prochains, des étudiants en BTS tourisme du lycée Vincent d’Indy sont associés. «  2014  : une année éruptive  » proposera un programme où les approches scientifiques et artistiques seront convoquées avec des conférences, des ateliers, une pièce de théâtre écrite spécialement par Fréderic Viguier, une promenade contée et des dédicaces d’ouvrages. L’évènement constitue la clôture du projet Comenius renforçant ainsi sa dimension européenne. Là encore, les élèves sont au cœur de l’action. «  Les enfants construisent leur projet, donnent leurs idées. Le professeur n’est pas seul à décider, c’est une véritable co-construction  » précise l’enseignante qui applique les principes de la pédagogie de projet. C’est sans nul doute cette portée éducative de l’initiative qui lui a valu d’être reconnue par l’Unesco. Et puis derrière, en filigrane, la figure d’Haroun Tazieff parraine la belle histoire. «  Quand je lis sa vie, je suis fascinée. Il est devenu volcanologue à 38 ans. Tout ce qu’il a vécu avant cet âge là lui a servi à devenir un éminent volcanologue respecté  ». Et ce «  avant  », ce long cheminement avec ses apprentissages acquis dans les embûches de la vie, Christine Hainaut aime à en partager les enseignements avec ses élèves dont le quotidien est parfois difficile. «  Il était immigré, a du apprendre le français, s’est forgé dans le sport. Il s’est passionné pour la photographie d’insectes. Il a appris à vivre dans des conditions rudes. J’aimerais convaincre mes élèves qu’il faut prendre le maximum de cartes qui leur sont données car elles leur serviront.  »

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La vie du volcanologue la fascine tant qu’elle a décidé de la raconter dans un album jeunesse illustré par l’aquarelliste Anne Douillet et des documents d’archive inédits. «  Si Haroun Tazieff m’était conté…  » paraitra pour la célébration du centenaire à Privas, il suivra toutes les manifestations du centenaire en France, les conférences et en particulier au festival d’Avignon.

Ce centenaire sera l’occasion de dire au revoir au projet Comenius, enfin à ce projet là. De retour de l’Unesco où les écoles associées étaient rassemblées le 24 janvier, elle a enrichi encore ses idées pour un nouveau projet cette fois dans un programme Erasmus +. « J’aimerais travailler sur le thème de la flore avec d’autres écoles européennes et canadiennes  ». L’idée s’inscrit dans la thématique de l’agroécologie et dans le cadre de l’année de l’agriculture familiale. «  À l’Unesco, j’ai vu des projets formidables comme celui où des élèves réfléchissent à ce qui pourrait améliorer la vie d’un village burkinabé. Cette année, ils ont conçu et construit un four solaire qu’ils vont aller installer.  » Travailler le thème de l’agroécologie la réjouit. L’Ardèche recèle bien des ressources naturelles et humaines qui rendent les initiatives enthousiasmantes. «  Je sais que Pierre Rabbi habite par ici. Je vais essayer de la contacter  ». Ce n’est pas pour autant que sa passion des volcans et l’envie de la partager s’évanouiront. Touchée par la souffrance des enfants atteints de leucémie, elle a décidé d’organiser une journée délocalisée à l’hôpital Léon Bérard de Lyon, et de rappeler à chaque occasion l’importance du don du sang.

«  Le sang c’est la vie pour l’homme, la lave c’est la vie de la terre  ». Christine Hainaut a ainsi conclu la présentation de son projet à l’Unesco. Et la pédagogie, les apprentissages comme une émancipation, sont la vie de l’éducation serait-on tenté de compléter à la lumière de sa belle énergie. De son passé de chorégraphe et de professeure de danse, elle puise la certitude qu’éducation populaire et éducation nationale ont tout à gagner d’une certaine complicité. Et de son propre parcours, elle tisse un appétit d’apprendre, de partager et d’enseigner, de ne pas laisser la fatalité cloisonner les enfants à une vie toute tracée, quelque soit l’endroit où ils grandissent.

Monique Royer

« Et si Tazieff m’était conté »

le 29 janvier 2014 par Sylvie

A l’occasion du centenaire de la naissance d’Haroun Tazieff, dans le cadre du projet Coménius « volcans et paysages européens » et du réseau écoles associées de l’UNESCO, un album « Et si Tazieff m’était conté » a été réalisé. Le but est de raconter de manière originale l’histoire d’Haroun Tazieff en l’illustrant de magnifiques aquarelles et de documents d’archives (40 pages). Les textes sont de Christine Hainaut, les illustrations  d’Anne Douillet. Frédéric Lavachery, fils d’Haroun Tazieff, en a rédigé la préface. Il paraîtra en mars 2014. Il est d’ores et déjà possible de le commander par souscription au prix de 16,50 euros + 3,50 pour les frais d’envoi. (retrait possible à Privas sur RDV)

souscription album « Et si Tazieff m’était conté »