L’éruption du Sinabung (Indonésie) dure toujours, à partir d’un article rédigé par Patrick Marcel, Jacques-Marie Bardintzeff et Sylvain Chermette dans la revue de l’Association LAVE de septembre 2015

le 11 octobre 2015 par Sylvie

Patrick Marcel, membre de LAVE, Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue et Sylvain Chermette, responsable de l’agence 80 Jours Voyages sont allés en Indonésie du 12 au 20 juillet 2015 dans le but d’observer l’activité de ce volcan situé dans le Nord de l’île indonésienne de Sumatra.

Depuis le 15 septembre 2013, le Sinabung est entré en éruption. Des éruptions violentes se produisent entrainant des panaches de cendres qui atteignent 10 Km de haut.Et depuis, cela dure toujours.

Dans le nouveau cratère, une extrusion d’andésite a fait son apparition en décembre 2013. S’est alors formé un dôme de lave visqueuse qui s’éboule régulièrement et génère des nuées ardentes pouvant atteindre 5 Km de long. Les pluies diluviennes provoquent parfois des lahars destructeurs.

Plusieurs villages ont été détruits et 10 000 personnes ont été évacuées.  Il y eu aussi des morts : 9 personnes ont été ensevelies par un glissement de terrain le 2 décembre 2013 dans le village de Gundaling à 12 Km à l’est du volcan. Des centaines de personnes ont eu des problèmes de santé et onze sont mortes en janvier 2014. Et 17 personnes ont été victimes des nuées ardentes le 1er février 2014.

Plusieurs zones géographiques sont délimitées par le VSI (Volcanological Survey of Indonesia) avec un risque décroissant : zone d’un rayon de 3 Km qui  correspond à un risque maximum, celle de 5 Km à un risque très fort, celle de 7Km à un risque encore significatif, au-delà le risque est considéré comme nul.

Un nouveau dôme a fait son apparition depuis mai 2015. Il y a eu un regain d’activité en juin. Le volcan est sous surveillance 24h sur 24h. La moindre secousse sismique est enregistrée, même chose pour les nuées ardentes. Le vendredi 12 juillet, les volcanologues estiment le volume du dôme à 2 millions de m2. Quatre jours plus tard, il est estimé à 3 millions de m2…Si les mauvaises conditions météorologiques n’ont pas permis de pouvoir observer l’éruption au début du séjour, cela s’arrangera ensuite.  Enfin, une nuée est bien visible et dévale les pentes à peu près à 80 Km/h. Au bout d’une ninute environ de cavalcade, la semelle de la nuée, plus sombre, lourde et dense, stoppe sa progression alors que le nuage co-pyroclastique (le nuage qui se développe au-dessus de la nuée) plus clair et léger commence son ascension. Quel spectacle ! Les jours suivants, d’autres nuées suivront.

Gérer dans la durée une telle éruption pour la population locale est un sérieux problème. Une évacuation de 10 000 personnes sur quelques mois est possible à gérer, mais cela devient différent lorsque cela dure plusieurs années ! C’est pour cette raison que beaucoup d’habitants sont d’ores et déjà revenus dans leurs habitations et dans leurs champs, bien que ceux-ci soient dans la zone des 7 Km.

Or le risque d’une nuée ardente plus importante est encore très présent d’autant que le dôme continue de croître. De plus, il y a aussi le risque de lahars et qui peut durer plusieurs années après la fin de l’éruption ; d’autant plus que dans cette région, la saison des pluies peut être violente et remobiliser de grosses quantités de matériaux déposés pendant l’éruption.

Sinabung 1

Sinabung 2

Sinabung 5

Sinabung 4