Un Centre Haroun Tazieff, pourquoi ?

Haroun Tazieff… un nom qui ne dit rien aux jeunes, pour la plupart. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, il fut l’un des Français les plus populaire. Aujourd’hui, les rudiments de la volcanologie sont enseignés dès l’école primaire. Cet enseignement doit énormément à Tazieff mais l’enseignement le tait.

 

En 2009, un thésard en volcanologie visitant une exposition du Centre Haroun Tazieff à Fay-sur-Lignon, en Haute-Loire, avouait qu’il ne pouvait se permettre de faire référence aux travaux de Tazieff dans sa thèse, sous peine de risquer l’échec.

 

Pour qu’en l’espace d’une demi-génération, l’histoire enseignée de la volcanologie contemporaine soit amputée de l’action du plus actif de ses pionniers, laisse songeur…

 

Il reste que la population française de plus 35 ans conserve une admiration vivace pour le personnage fort en gueule, pour l’explorateur exceptionnel, pour le vulgarisateur passionnant des sciences de la Terre et pour le citoyen engagé contre toutes les formes de corruption qu’était Tazieff.

 

Le silence officiel fait sur lui par l’enseignement, de l’école primaire à l’Université, couvre-t-il des enjeux actuels de politique scientifique et d’éducation ?

 

Le CHT en fait l’hypothèse et travaille à la vérifier, pour la confirmer ou l’infirmer. Ce site a, entre autres, pour fonction d’en rendre compte.

 

En 1967, dans un article du « Courrier de l’UNESCO », Haroun Tazieff attirait l’attention sur la nécessité de considérer le volcanisme de la région de Clermont-Ferrand comme actif en sommeil. Depuis 2008, deux chercheurs indépendants, Thierry del Rosso et Pierre Lavina, sont l’objet d’une profond mépris de la part de la « communauté scientifique » de Clermont-Ferrand pour avoir alerté les autorités scientifiques et préfectorales sur les signes d’une activité volcanique dans les profondeurs du secteur Pavin-Montchal, activité confirmée en 2009 par l’un des spécialistes les plus expérimentés des volcans actifs de la planète, François Le Guern, invité sur les lieux par Thierry del Rosso.

 

Créé en juillet 2008, le CHT a mis la notoriété du nom, le patrimoine culturel Tazieff et la compétence scientifique de premier plan des plus proches compagnons du volcanologue, au service du développement local du massif volcanique du Mézenc-Gerbier des Joncs, ensemble aussi remarquable que méconnu, qui chevauche deux départements, L’Ardèche et la Haute-Loire et, par-là même, deux Régions, l’Auvergne et Rhône-Alpes. Ouvert en juillet 2011, ce site en est désormais l’un des outils, par sa rubrique « action locale ».

 

Cette action a mobilisé depuis trois ans l’essentiel des ressources du CHT. Elle a permis de contribuer à la mise en synergie du travail d’une vingtaine de personnes particulièrement dynamiques et a fait découvrir la richesse d’un patrimoine ignoré à des milliers de locaux et de vacanciers. Cette expérience de terrain de tous les jours a aussi révélé la permanence de la volonté politique qui entend stériliser l’héritage intellectuel laissé par Haroun Tazieff. Le lecteur attentif de ce site en trouvera l’écho ça et là, mais un écho toujours orienté vers l’initiative constructive pour le développement culturel, essentiel au développement social et économique de la montagne dans le respect actif des dynamiques et des équilibres naturels.

 

Le projet du Centre Haroun Tazieff est un projet d’éducation populaire. Il est aussi une contribution à la relance d’une philosophie pratique de la recherche de terrain qui ne soit pas coupée des gens qui habitent le terrain. Ce site en est aussi l’un des instruments.