Les éruptions du Piton de la Fournaise (île de la Réunion) du 17 mai jusqu’au 30 octobre 2015

le 2 novembre 2015 par Sylvie

L’éruption a démarré le dimanche 17 mai 2015 à 14h. Une 1ère fissure s’est ouverte sur le flanc sud-Est du massif, à proximité du Château-Fort. Puis une longue fissure s’est ouverte en amont du Château-Fort. Le spectacle était impressionnant à cause de la succession des bouches actives alignées sur la fissure. Puis il y a eu l’ouverture d’une seconde fissure aux abords du cratère Langlois, à 800 mètres à l’est de la fissure initiale dont l’activité s’est ensuite calmée tandis qu’elle redoublait dans cette nouvelle fissure. L’éruption s’est poursuivie dans la durée avec une activité stable. Les coulées ont progressé en tunnels et ont conservé beaucoup d’énergie même si l’éruption était alors  moins visible.

L’éruption a pris fin une première fois le 30 mai 2015 mais les signaux géophysiques et géochimiques ne montraient pas un retour au calme. En effet, deux crises sismiques ont même obligé les autorités à évacuer et fermer l’Enclos Fouqué à nouveau.

C’est ainsi que l’éruption a redémarré le 31 juillet 2015. Orientée vers le Nord-Nord-Est, la fissure s’est étirée sur près de 700 mètres. Des fontaines de lave se sont mises à gicler.

L’activité explosive a construit un alignement de 7 petits cônes atteignant en une journée 7 m de hauteur.

ob_a96875_2015-09-19-pdf-fournaise-infoPhoto Fournaise-Info le 19/09/15

ob_4ca948_2015-09-12-pdf-clicanoo-fm-aPhoto de François Martel-Asselin/ Clicanoo, le Piton de la Fournaise visité par des volcanologues

Après cinq jours de pose, la troisième phase de l’éruption  a débuté le 24 août. Au Piton de La Fournaise, l’activité, dans sa troisième phase effusive, est toujours concentrée au piton Kalla et Pélé. En six semaines d’éruption, le cône atteint une hauteur d’une quarantaine de mètres … le 8 octobre, sa hauteur était de 51 mètres, mais elle fluctue, soumise à des phases d’édification et de destruction.

ob_abfcb8_2015-10-17-16-pdf-mamz-l-ha-fournaiLa Fournaise – Piton Kala et Pélé – photo 2015.10.17 / Mamz’l Ha / Fournaise-info

Depuis le 24 août, 52 millions de mètres cube de lave ont été émis. Les coulées n’ont pas progressé vers les Grandes Pentes, mais se sont étalées et ont prises de la hauteur.

ob_9db3e2_2015-10-30-pdf-olivier-grondin-foPiton de La Fournaise – activité en cours 30.10.2015 – photo Olivier Grondin / Fournaise-infos

 Le 31 octobre dans l’après-midi, l’activité volcanique est quasiment nulle … à 16h17, une forte diminution du trémor en deux minutes annonce la fin de la phase effusive en cours, avec la subsistance d’un dégazage léger. A 17 h, plus de fontaines de lave, ni d’explosion strombolienne … le Piton Kalla et Pélé est calme.

Sources : articles de Christian Holveck et Ludovic Leduc dans la revue LAVE de septembre 2015

                  articles de Bernard Duyck sur son blog : http://www.earth-of-fire.com/

L’éruption du Sinabung (Indonésie) dure toujours, à partir d’un article rédigé par Patrick Marcel, Jacques-Marie Bardintzeff et Sylvain Chermette dans la revue de l’Association LAVE de septembre 2015

le 11 octobre 2015 par Sylvie

Patrick Marcel, membre de LAVE, Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue et Sylvain Chermette, responsable de l’agence 80 Jours Voyages sont allés en Indonésie du 12 au 20 juillet 2015 dans le but d’observer l’activité de ce volcan situé dans le Nord de l’île indonésienne de Sumatra.

Depuis le 15 septembre 2013, le Sinabung est entré en éruption. Des éruptions violentes se produisent entrainant des panaches de cendres qui atteignent 10 Km de haut.Et depuis, cela dure toujours.

Dans le nouveau cratère, une extrusion d’andésite a fait son apparition en décembre 2013. S’est alors formé un dôme de lave visqueuse qui s’éboule régulièrement et génère des nuées ardentes pouvant atteindre 5 Km de long. Les pluies diluviennes provoquent parfois des lahars destructeurs.

Plusieurs villages ont été détruits et 10 000 personnes ont été évacuées.  Il y eu aussi des morts : 9 personnes ont été ensevelies par un glissement de terrain le 2 décembre 2013 dans le village de Gundaling à 12 Km à l’est du volcan. Des centaines de personnes ont eu des problèmes de santé et onze sont mortes en janvier 2014. Et 17 personnes ont été victimes des nuées ardentes le 1er février 2014.

Plusieurs zones géographiques sont délimitées par le VSI (Volcanological Survey of Indonesia) avec un risque décroissant : zone d’un rayon de 3 Km qui  correspond à un risque maximum, celle de 5 Km à un risque très fort, celle de 7Km à un risque encore significatif, au-delà le risque est considéré comme nul.

Un nouveau dôme a fait son apparition depuis mai 2015. Il y a eu un regain d’activité en juin. Le volcan est sous surveillance 24h sur 24h. La moindre secousse sismique est enregistrée, même chose pour les nuées ardentes. Le vendredi 12 juillet, les volcanologues estiment le volume du dôme à 2 millions de m2. Quatre jours plus tard, il est estimé à 3 millions de m2…Si les mauvaises conditions météorologiques n’ont pas permis de pouvoir observer l’éruption au début du séjour, cela s’arrangera ensuite.  Enfin, une nuée est bien visible et dévale les pentes à peu près à 80 Km/h. Au bout d’une ninute environ de cavalcade, la semelle de la nuée, plus sombre, lourde et dense, stoppe sa progression alors que le nuage co-pyroclastique (le nuage qui se développe au-dessus de la nuée) plus clair et léger commence son ascension. Quel spectacle ! Les jours suivants, d’autres nuées suivront.

Gérer dans la durée une telle éruption pour la population locale est un sérieux problème. Une évacuation de 10 000 personnes sur quelques mois est possible à gérer, mais cela devient différent lorsque cela dure plusieurs années ! C’est pour cette raison que beaucoup d’habitants sont d’ores et déjà revenus dans leurs habitations et dans leurs champs, bien que ceux-ci soient dans la zone des 7 Km.

Or le risque d’une nuée ardente plus importante est encore très présent d’autant que le dôme continue de croître. De plus, il y a aussi le risque de lahars et qui peut durer plusieurs années après la fin de l’éruption ; d’autant plus que dans cette région, la saison des pluies peut être violente et remobiliser de grosses quantités de matériaux déposés pendant l’éruption.

Sinabung 1

Sinabung 2

Sinabung 5

Sinabung 4

Emission « Duels » sur France 5 consacrée à Allègre/Tazieff jeudi 23 avril 2015 à 21h40

le 15 avril 2015 par Sylvie

France 5 propose une émission mensuelle consacrée à un duel de personnalités. L’épisode de jeudi 23 avril 2014 à 21h40 est consacré à Allègre/ Tazieff notamment lors de la crise de la Soufrière. Il a été réalisé par Eric Beauducel. Des anciens compagnons de Tazieff ont été interviewés dont Jacques Varet.

Voici le synopsis :

Tazieff / Allègre : la guerre des volcans (Duels France 5)

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« La volcanologie est une science comme la médecine : il faut du doigté, du sang froid, de l’énergie, de l’habitude et l’expérience du terrain. Les études de laboratoire ne suffisent pas ». Haroun Tazieff, 1976

« Tazieff n’est pas un chercheur, c’est un explorateur. Il en faut mais il n’a pas sa place dans un organisme d’état… il est ingérable ». Claude Allègre, 1977

En 1976, l’antagonisme de deux hommes fait irruption dans les médias. Leurs noms : Haroun Tazieff, volcanologue déjà connu du grand public et Claude Allègre, chercheur et tout nouveau directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris. Le contexte : l’éruption de la Soufrière de Guadeloupe et la décision de faire ou non évacuer les 70 000 personnes potentiellement menacées. Derrière cet affrontement individuel, deux conceptions de la volcanologie et de la gestion du risque naturel se cristallisent. Ce film dresse le portrait de deux hommes que tout opposait, retraçant leur affrontement par médias interposés puis jusque devant les tribunaux.

A travers deux carrières aux antipodes l’une de l’autre, en plongeant dans ce qui a motivé deux vies exceptionnelles, à l’écoute de ceux qui les connaissent bien, ce documentaire reviendra aussi en filigrane sur l’évolution d’un métier pas comme les autres et de son alter égo surmédiatisé, le principe de précaution.

http://www.ekla-prod.com/?p=1101

Biographie  » Un volcan nommé Tazieff  » écrite par son fils, édition Archipel

le 9 avril 2015 par Sylvie

Frédéric Lavachery, président du Centre Haroun Tazieff et fils de Haroun Tazieff, a rédigé une biographie sortie en avril 2014 pour célébrer le centenaire de la naissance du célèbre volcanologue, aux éditions Archipel. Il est possible d’acheter cette biographie au prix de 21 euros + 3.50 de frais de port directement auprès de l’association (les droits d’auteur sont au profit du Centre Haroun Tazieff), en nous contactant.

couverture

Voici la présentation faite par l’édition Archipel sur son site : http://www.editionsarchipel.com/livre/un-volcan-nomme-haroun-tazieff/

Né à Varsovie d’un prince tatar et d’une mère russe en 1914, Haroun Tazieff émigre en Belgique en 1921. Alpiniste, boxeur accompli, il obtient son diplôme d’ingénieur-agronome et, pendant la guerre, rejoint la Résistance : il fera sauter la gare de Liège. Il devient géologue et ingénieur des mines. En 1948, en mission au Congo belge, il se découvre une passion pour les volcans. Ses travaux permettront de valider la théorie de la tectonique des plaques.
Proche d’Hergé, compagnon de Cousteau, il réalise ses premiers films en 1956. Engagé à gauche, il attend le départ du général de Gaulle pour obtenir la nationalité française. En 1976, il se heurte à son supérieur Claude Allègre, qui le qualifie de « vieux con », en déconseillant l’évacuation de la Soufrière. Son appréciation des crises du St Helens (1980) et du Nevado del Ruiz (1985) sera critiquée par une communauté scientifique qui ne le chérit pas. Soutien de Mitterrand, il est nommé en 1981 à la tête d’un Commissariat à la prévention des risques naturels. Déçu par l’écologie politique, le fondateur de la vulcanologie moderne retourne à ses études, n’hésitant pas à ironiser sur le catastrophisme (La Terre va-t-elle cesser de tourner ? , Seghers, 1992).
Depuis sa mort en 1998, Frédéric Lavachery tente de percer les mystères de ce père qui ne l’a pas reconnu et à l’enterrement duquel il n’a pas été convié. Il célèbre dans ce livre un homme au « niveau d’exigence impraticable », étudie ses rapports houleux avec les institutions politiques et scientifiques, évalue ses apports, ses innovations et son approche globale des géosciences.

Pour lire un extrait (sur le site d’Archipel)

http://www.ecriture-communication.com/archipel/wp-content/uploads/sites/2/un_volcan-internet.pdf

Et voici l’article de Claude Grandpey publié sur le site Tazieff.fr le 6 mai 2014 :

Je viens de terminer la lecture passionnante du livre de Frédéric Lavachery « Un Volcan nommé Haroun Tazieff » et je dois dire que je me suis régalé. L’ouvrage a fait remonter en moi un tas de vieux souvenirs. J’ai beaucoup apprécié les chapitres consacrés à « l’affaire » de la Soufrière. Il était indispensable de faire une mise au point détaillée avec des arguments indiscutables. Je possède le livre de Bernard Loubat et Anne Pistolesi « La Soufrière à qui la faute ? » où les auteurs mettaient déjà bien en lumière le comportement ignoble de Claude Allègre. Les pages rédigées par Frédéric Lavachery recroisent en tous points les propos que m’ont tenus les membres de l’équipe Tazieff, que ce soit le regretté François Le Guern, Marcel Bof, Jean-Christophe Sabroux ou René-Xavier Faivre-Pierret.

On connaît Haroun Tazieff comme volcanologue mais son histoire ne s’arrête pas là et les années de guerre ont-elles aussi montré la ténacité et les qualités de lutteur du bonhomme. Il est vrai qu’il était à bonne école. Le passé incroyablement riche de la famille est là pour le prouver. Les pages dans lesquelles Frédéric l’évoque me mettent en mémoire une soirée fabuleuse à Boitsfort (Belgique) où ces souvenirs étaient évoqués au son de l’accordéon de François Le Guern et des chants russes entonnés par le fils biologique de Garouk.

Avant de refermer le livre, il est intéressant de s’attarder sur la bibliographie d’Haroun Tazieff qui devrait faire réfléchir ceux qui prétendent que Garouk n’était pas un scientifique et n’a rien apporté à la volcanologie!

De toute évidence, je ne suis pas le seul à avoir apprécié « Un Volcan nommé Haroun Tazieff ». Une critique élogieuse du livre vient d’être diffusée sur le site Mediapart :

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-christine-gryson/020514/un-volcan-nomme-haroun-tazieff-par-son-fils-ou-sont-nos-heros

Autre article : http://www.livre-royat-chamalieres.com/non-classe/lavachery-frederic

Episode de Frères d’armes sur France 3 consacrée à Haroun Tazieff

le 26 mars 2015 par Sylvie

Haroun Tazieff, volcanologue célèbre, a aussi été un combattant et un résistant pendant la 2ème Guerre Mondiale. L’épisode 43 de la série Frères d’armes sera diffusé le vendredi 3 avril 2015 à 22h40. Durée 5 mn.

http://www.france3.fr/emission/freres-darmes/diffusion-du-03-04-2015-22h40