Nyiragongo (République Démocratique du Congo): le volcan n’est pas la seule menace, article de Claude Grandpey

le 22 juin 2013 par Sylvie

  On en parle peu, mais la situation reste tendue et précaire à Goma, au pied du Nyiragongo. Le plus grave, c’est que le conflit armé et le groupe de rebelles M23 empêchent les scientifiques de contrôler l’activité du volcan. Les appareils de mesures ont été pillés par les groupes armés et tout le secteur autour du Nyiragongo a été déclaré zone interdite par les rebelles qui défendent leur position stratégique au-dessus de Goma.

Il ne faudrait pas oublier non plus le Lac Kivu et ses énormes quantités de méthane et de CO2. On sait qu’une activité sismique importante ou l’arrivée de la lave du Nyiragongo dans le lac pourraient générer une catastrophe. On a vu, au cours de la dernière éruption, que la lave pouvait faire exploser les stations-service auxquelles s’ajouteraient aujourd’hui les dépôts de munitions.

 

Si une éruption du Nyiragongo devait se produire, les autorités pensent que, dans le pire des cas, il faudrait évacuer les deux tiers de Goma. Un système de drapeaux (vert, rouge) a été mis en place dans ce but. Pourtant, les habitants ne font pas confiance à l’observatoire et disent qu’ils devront se débrouiller seuls si une éruption devait avoir lieu. Ils rappellent que la dernière éruption avait été annoncée par certains signes. Par exemple, la bière faite avec les bananes fermentait plus vite qu’à l’accoutumée car le sol était plus chaud. D’autre part, des enfants avaient été asphyxiés par des gaz toxiques. Les habitants de Goma ne font pas confiance non plus au gouvernement congolais. Comme le dit la propriétaire du Volcano Hotel dont le rez-de-chaussée a été envahi par la lave de la dernière éruption : « Gouvernement ? Quel gouvernement ? Il n’y a pas de gouvernement dans ce pays ! »

 

Source : Agence Reuters.

Quelques photos de l’Etna actuellement plus calme mais magnifique tout de même, article et photos de Claude Grandpey

le 22 juin 2013 par Sylvie

Les volcans sont beaux quand ils sont en éruption mais ils le sont aussi en période de repos. L’Etna n’échappe pas à la règle. Profitons du calme actuel pour s’attarder sur quelques sites qui ont croisé mon objectif photographique.

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http://volcans.blogs-de-voyage.fr/

L’Etna inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, article de unesco.org

le 22 juin 2013 par Sylvie
Ce site emblématique recouvre une zone inhabitée de 19 237 ha, il s’agit des parties les plus hautes du Mont Etna, sur le littoral oriental de la Sicile. L’Etna est la plus haute montagne se trouvant sur une île méditerranéenne mais aussi le stratovolcan le plus actif du monde. Cette activité volcanique remonte à plus de 500 000 ans et elle est décrite depuis au moins 2 700 ans. L’activité éruptive quasi continue de l’Etna continue d’influencer la vulcanologie, la géophysique et d’autres disciplines des sciences de la terre. Le volcan abrite d’importants écosystèmes, y compris une flore et une faune endémiques uniques. Compte tenu de son activité, l’Etna représente un laboratoire naturel pour l’étude des processus écologiques et biologiques. L’assemblage accessible et varié de caractéristiques volcaniques telles que les cratères de sommet, les cônes de cendre, les coulées de lave, les grottes de lave et la dépression du Valle de Bove fait de l’Etna une destination privilégiée pour la recherche et l’éducation.

http://whc.unesco.org/fr/actualites/1042

 

Eruption du Maya le 7 mai 2013, 5 randonneurs ont trouvé la mort, article de Claude Grandpey sur les questions que cela pose.

le 9 mai 2013 par Sylvie

5 randonneurs ont été tués et au moins 7 autres ont été gravement blessés le 7 mai 2013 près du cratère du Mayon (Philippines) quand il a projeté d’énormes blocs et de la cendre aux premières heures de la matinée. Le volcan traversait une période calme et les 20 randonneurs du groupe ont été surpris par une explosion aussi soudaine que violente. C’est la première éruption de ce volcan depuis trois ans.
Les randonneurs décédés ont été frappés par d’énormes rochers qui, selon un guide, étaient « gros comme la salle de séjour d’une maison ». Parmi les morts figurent un Allemand, un Autrichien et un Philippin. Les blessés comprennent des étrangers et les guides philippins. Certains sont dans un état critique.

Le niveau d’alerte n’a pas été relevé après la dernière éruption et aucune évacuation n’est prévue.

Ce type d’événement n’a rien d’exceptionnel sur un volcan actif où l’on observe parfois la libération soudaine et violente d’une poche de gaz qui s’est accumulé sous le sommet. J’ai eu l’occasion d’assister à ce phénomène sur l’Etna en période calme. J’ai vu le plancher de la Voragine se soulever sous la pression des gaz avant de produire deux grosses explosions qui ont projeté des blocs au-delà de la lèvre du cratère.

Dans le cas du Mayon, le PHILVOCS indique qu’il s’agit d’une éruption phréatique provoquée par le contact entre l’eau – il avait beaucoup plu aux Philippines avant l’accident – qui est entrée en contact avec la lave à haute température. Cet événement n’est pas sans rappeler l’éruption phréatique à la Soufrière de la Guadeloupe en 1976. Elle est décrite par Haroun Tazieff dans plusieurs ouvrages comme Volcans (Ed. Bordas, 1996)  où Garouk s’attarde sur « l’affaire de La Soufrière ».

L’éruption du Mayon conduit à se demander pourquoi les touristes locaux et étrangers ont été autorisés à se rendre à proximité du volcan, en sachant qu’il existe une zone de danger permanent de six kilomètres autour de ce dernier.
L’activité de randonnée autour du Mayon est habituelle pendant l’été et certaines agences de voyages s’en servent pour promouvoir le tourisme local. Alors que ces dernières sont autorisées à organiser des sorties sur le Mayon, il y a aussi des habitants de la région qui gagnent leur vie en servant de guides pour les touristes locaux et étrangers.
Le Président des Philippines a immédiatement ordonné une enquête pour savoir pourquoi les touristes ont été autorisés à entrer dans la zone de danger permanent autour du volcan. Préoccupé par la sécurité des personnes, il a demandé aux autorités concernées de se renseigner sur les «paramètres» de la zone où existent les restrictions d’accès. La presse philippine indique qu’il a été demandé aux gouvernements locaux de renforcer les mesures de sécurité autour du volcan. Il est reproché aux agences de voyages d’embaucher (comme ce fut le cas le 7 mai) des guides non accrédités par le Ministère du Tourisme. De plus, les randonneurs victimes de l’éruption ne possédaient pas les autorisations d’ascension du volcan délivrées par le Department of Environment and Natural Resources (DENR).

La dernière éruption meurtrière du Mayon avait eu lieu en février 1993. 77 personnes avaient alors perdu la vie. Cette éruption est décrite dans mon livre « Killer Volcanoes – Eruptions meurtrières des temps modernes ».

 

Claude Grandpey

Vice-Président de L.A.V.E .

Un nouveau numéro du Web magazine sur les volcans, réalisé par Eric Reiter

le 1 avril 2013 par Sylvie

Ce nouveau numéro du web magazine, dont la parution est trimestrielle, vient de sortir à la mi-mars. Au sommaire : les orgues basaltiques, les risques volcanologiques et l’île de la Réunion. Comme dans chaque numéro, vous y trouverez de belles photos.

A découvrir et à feuilleter sur http://lemondedesvolcan.p.ht/Webzine