Géologie et volcanisme au pays du Géoparc mondial des Monts d’ardèche, article de Frédéric Lavachery

le 1 novembre 2015 par Sylvie

La géologie du massif du Mézenc a toujours intéressé l’homme : Néanderthal et Cro-Magnon en furent les premiers pétrographes. Leur savoir relatif à la pierre ne devait-il pas intégrer une connaissance sensible des plus fines de la variété des sites, des gîtes de la matière minérale qui est à la source de l’humanité, de l’artisanat, de l’art, de la cosmogonie et de la science ?

 Ces sites se présente à l’œil de l’observateur et de l’usager dans un paysage qui a varié au fil des centaines de milliers d’années d’occupation humaine du territoire du Mézenc, au gré des évolutions du climat et de la végétation, mais aussi au gré des humeurs intimes de la Planète. L’homme a vu naître des paysages nouveaux dans le spectacle fascinant des éruptions. La connaissance et sa transmission, la culture, étant essentielle à la pérennité de l’espèce, l’homme aura pu remarquer que cette terre nouvelle, faite de pierre de feu, se prêtait admirablement à la vie, celle des végétaux nourriciers, guérisseurs ou vénéneux. Il n’aura pas manqué d’observer que les plantes se distribuent selon les altitudes et que les animaux aussi ont leurs habitats de prédilection. Nous ne serions pas là, si nos lointains parents n’avaient eu une science parfaite de l’environnement. Une science qui était un art : les fresques fabuleuses de la grotte de Chauvet –Pont d’Arc en témoignent. Les animaux de l’art pariétal ne tombaient pas du ciel, ils parcourraient les mêmes paysages que les hommes qui les ont croqués.

Les Boutières

crédit photo : Stéphane Mitifiot.

 Nos paysages du Mézenc expriment un environnement dont la structure dynamique est pilotée par une géologie qui est elle-même régie par de gigantesques pulsations telluriques. Des cycles de 400 à 600 millions d’années brassent tous les paysages du globe en enfournant fonds océaniques et continents dans le chaudron infernal du manteau terrestre, par la mécanique de la tectonique des plaques, mécanique qui assure le retour en surface par le volcanisme. Lorsque nos chemins du Plateau nous découvrent les Alpes, nous avons sous les yeux plus de trente millions d’années d’histoire de la Terre. Les volcans des hautes Boutières, sous le Mézenc, qui émergent des nuages dans la photo choisie pour illustrer cet article, nous offrent un paysage conçu dans le mariage géologique des plaques africaine et européenne il y a environ six millions d’années. Mais la gestation de ce panorama exceptionnel, source permanente d’une vie sociale, économique et culturelle qu’il nous faut sauvegarder de la boulimie énergivore de notre société financiarisée à outrance, cette gestation a pris elle-même quelques millions d’années : ces sommets volcaniques ne se sont dégagés de leur matrice terrestre pour émerger dans l’atmosphère que bien après la poussée des magmas vers la surface. Seul de ces sucs, de ces collines élancées, le Sara – au premier plan de la photo – a pointé le bout de son crâne à l’air libre à l’époque de ces éruptions. C’est l’érosion, elle même fille de la géologie et du climat, qui a dégagé la partie supérieure des appareils volcaniques souterrains.

 

Le paysage, dans sa structure dessinée par l’histoire géologique et hydrographique, n’a guère varié depuis les temps des hommes de la pierre. Cependant, des volcans sont nés qui auront bouleversé certains secteurs bien visibles depuis le Mézenc : les hommes de Néanderthal ont pu être saisis d’effroi lorsque de formidables soupapes ont percé le sol aux pieds du Mézenc pour libérer le trop-plein d’énergie accumulée dans les magmas sous les landes de Saint-Front, de Chaudeyrolles, de La Rochette, de Borée et de Saint-Martial. Ce que géologues et géographes appellent des  » maars », ces cratères à fleur de terre parfois occupés par un lac ou des tourbières, sont le produit du mariage particulièrement explosif du magma en ascension avec l’eau prisonnière des roches des nappes phréatiques.

 

L’eau et le feu, voilà bien un couple qui n’est pas près de divorcer et qui n’a pas fini d’engendrer ! Le lac d’Issarlès a ces parents-là lui aussi. Bien visible du haut du Mézenc, dont il n’est distant que de 16 kilomètres à vol d’oiseau, le maar d’Issarlès a pu connaître un épisode éruptif très étrange, une éruption aquatique, sous les yeux de quelque talentueux Cro-Magnon. Les eaux du lac ont probablement été soulevées en gerbes formidables, provoquant un raz-de-marée lacustre : telle est l’hypothèse que suggère une fresque de Chauvet-Pont d’Arc, le panneau des Mégacéros. Inconnu de l’homme moderne jusqu’en 1986, cette sorte de tsunami terrestre est extrêmement rare. Une nuit d’août 1986, les eaux du lac Nyos, un Issarlès du Cameroun, ont ravagé les environs, tuant 1700 paysans et leur cheptel. Le diagnostic fut immédiatement livré par Haroun Tazieff, depuis Paris : il ne pouvait s’agir que de l’éruption d’une quantité phénoménale de gaz carbonique volcanique qui a provoqué ce débordement violent du lac, le dioxyde de carbone, plus lourd que l’air et se substituant à lui, asphyxiant instantanément les victimes. Des traces possibles d’un tel événement sont visibles aux alentours du lac d’Issarlès et elles ont été trouvées en juillet 2015 à partir de cette interprétation de la fresque de Chauvet-Pont d’Arc. Si un tel événement s’est effectivement produit et qu’il fut décrit sur un panneau de la grotte Chauvet-Pont d’Arc il y a quelques 36.000 ans, cela signifierait que ce risque est toujours d’actualité. Le Mézenc est un strato-volcan éteint depuis 7 millions d’années, un édifice très complexe qui recèle encore bien des inconnues, qui domine une province volcanique qui reste active en Velay et en Vivarais. A côté du cratère-lac d’Issarlès, le volcan du Cherchemuse pourrait bien être lui aussi contemporain des hommes de Chauvet-Pont d’Arc, tout comme les sucs de Breysse, non loin de là, sur les communes du Monastier-sur Gazeille, de Présailles et l’Alleyrac. Des volcans plus jeunes encore et plus proches de Pont d’Arc caractérisent cette montagne, arrière-pays des grottes habitées ou ornées des gorges de l’Ardèche. chauvet

Crédit photo : Valérie Feruglio.

 

La structure de nos paysages reste celle dont le bestiaire de la grotte Chauvet-Pont d’Arc témoigne nécessairement, ne serait-ce que parce que cet art est né dans cet environnement de toute beauté. Elle est organisée par le jeu de failles de la croûte terrestre dont les orientations majeures sont, grosso modo, d’axes Sud-Ouest/Nord-Est et Nord-Ouest/Sud-Est. Ces axes alignent les volcans d’une part, les vallées profondes de nos rivières de l’autre. L’ensemble se lit remarquablement bien en cheminant par fonds de vallées et lignes de crêtes, depuis les gorges de l’Ardèche et leurs grottes ornées jusqu’au Mézenc et aux sucs volcaniques de l’Yssingelais, en passant par le massif du Meygal qui surplombe le remarquable bassin volcanique du Puy-en-Velay. Les vallées de l’Aubépin, en Haute-Loire, de la Bézorgues, de la Volane et de la Bourges, en Ardèche, soulignent l’axe NO/SE, jalonné de volcans aussi emblématiques du pays que le Mézenc, le Sara et le Gerbier de Jonc, mais aussi de volcans contemporains de l’homme comme le Ray-Pic, le Pic de l’Etoile ou la coupe d’Aizac.

 

 

Le lac d’Issarlès lui aussi, est tributaire d’une telle orientation tectonique, NO/SE. Mais il se trouve également dans l’axe de la Veyradeyre, une rivière née au Mézenc, qui a creusé son lit selon l’axe SE/NO, caractéristique d’une tectonique vieille de plus de 300 millions d’années et toujours active, se combinant depuis l’émergence des Pyrénées il y a 60 millions d’années, puis des Alpes il y en a une trentaine, à une tectonique nouvelle encore mal connue. C’est aussi l’orientation de la fameuse faille des Cévennes qui, sur près de 100 km, sépare le sud du Massif central des terres languedociennes. Faille nécessairement majeure, au même titre qu’a dû l’être la montagne volcanique, pour la formation et l’entretien de la carte mentale du territoire que se sont forgée et transmise les hommes du Paléolithique.

La Veyradeyre, vallée essentielle du pays du Mézenc, qui illustre parfaitement l’adaptation pluri-millénaire de l’homme à l’environnement naturel et géologique du massif, telle que nous pouvons la lire aujourd’hui tant dans l’architecture de ces paysages anthropisés depuis plus de mille ans, que dans la littérature archéologique, cette vallée a pour pendant sur le versant oriental du Mézenc celle de la Saliouse. Siège de panoramas somptueux, le bassin de la Saliouse découvre, grâce à l’action érosive de la rivière, des produits volcaniques uniques en cette région : le suc de Chabrières, sur la commune de Borée, fut éventré par une éruption d’ignimbrites, sorte d’aérosol volcanique ravageur de très, très haute énergie. Mais nos paysages du Mézenc ne sont pas marqués par cette roche claire, l’ignimbrite étant trop rare et c’en est là, au Chabrières, l’unique affleurement connu dans le Géoparc des Monts d’Ardèche. Ce sont les basaltes noirs et les phonolites grises à bleutées qui forment l’essentiel de nos affleurements rocheux, pierres de feu qui pour les premières nappent sous le sol fertile les vastes étendues du Plateau volcanique et pour les secondes le jalonnent de ces rondeurs expressives que l’on appelle des sucs. Les basaltes sont des laves fluides, dont les coulées ont recouvert le socle de granite, vestige d’une énorme chaîne de montagnes himalayennes, la chaîne dite varisque ou hercynienne, qui couvrait une bonne partie de l’Europe et de l’Amérique du nord formant, il y a plus de 300 millions d’années, un vaste continent que la tectonique et le volcanisme viendront disloquer en ouvrant l’Atlantique. Basaltes et phonolites sont, avec le bois, les matériaux de gros œuvre de l’architecture vernaculaire du massif, avec cette autre lave acide, visqueuse, qu’est le trachyte qui, lui, se prête à la taille pour la réalisation des encadrements de portes et de fenêtres.

 

Frédéric Lavachery.

 

Un peu de géographie au pays du Mézenc, article de Frédéric Lavachery

le 1 novembre 2015 par Sylvie

Panorama de Saint-Clément sur les hautes Boutières et le Mézenc.Saint Clément

 

Crédit photo Jean-Marc Demars, Centre Haroun Tazieff.

 

 

Le Mézenc exerce une influence culturelle à plus de 70 km à la ronde. Géographie physique et géographie humaine découpent à leur manière une histoire inscrite dans le paysage sans que nous puissions la décrypter dans toute sa complexité. Nous proposons ici une esquisse de géographie culturelle du Mézenc. Il s’agit d’une approche subjective : la sélection de quelques faits et l’agencement des arguments par lesquels nous les relions relève de choix dictés par l’expérience et par les enjeux de gestion du territoire. Une subjectivité assumée ne vaut-elle pas mieux que celle qui se pare d’une objectivité indémontrable ?

Le Mézenc et les vents

 

La géographie est un mode de description du présent de l’environnement comme transition du passé vers l’avenir. Et la question éolienne en est l’un des sujets actuellement particulièrement sensibles tant au plan local que national et européen, au même titre, par exemple, que l’évolution de l’architecture, y compris agricole. La géographie est donc essentiellement un outil forgé pour le travail des enjeux de société. En Mézenc, le vent est l’une des données fondamentales de la géographie. Réputé pays de confins, ce massif est la destination ultime des trois climats de l’Hexagone : l’océanique, le méditerranéen et le continental. Les climats y jettent leur dernier souffle, mais quel souffle !  » Il soufflait sur ces hauteurs un vent aigu dont l’aile avait  touché le front neigeux des Alpes, vif à tuer les faibles et à rendre centenaires les forts « , écrivait Jules Vallès au sujet du Mézenc. La littérature n’étant pas de la météorologie, Vallès ne pouvait en un aphorisme associer la force du vent aux Alpes qu’il contemplait des hauteurs de Chaudeyrolles, sans prendre quelques libertés avec la géographie climatique : le vent d’est est le seul qui soit quasi inexistant en Mézenc.

Les vents dominants, avec des rafales dépassant chaque année les 200 km/h, viennent de la Méditerranée ou y volent. Lorsqu’ils en viennent, et ce sont les plus violents, le Mézenc étant le relief le plus élevé entre la bordure sud du Massif central et la côte. Il y a cependant l’obstacle du Tanargue, massif principalement granitique culminant à 1500 mètres en bordure sud du secteur volcanique qui sommeille en Ardèche, qui provoque les précipitations les plus importantes de la région lors des épisodes cévenols. On y a enregistré quelques records nationaux de pluviométrie. Le vent du nord, lui, se fera Mistral en bas Vivarais et dans le Gard tout proche. De l’ouest, nous vient la Traverse, moins puissante, moins fréquente.

L’élevage bovin et l’appellation « Fin gras »

 

Contrainte permanente, ce vent est une ressource majeure depuis que l’élevage bovin s’est installé de façon permanente sur ces hauteurs, il y a plusieurs siècles. La richesse naturelle des pâtures tient autant à l’ensoleillement qu’à la nature volcanique des sols et à l’étage bioclimatique pré-alpin. La productivité en fourrage de haute qualité est augmentée par le vent qui, permettant un séchage rapide sur prés fauchés, fournit de quoi nourrir le cheptel sur place au long d’hivers qui peuvent durer six mois. Pas de transhumance, donc et un habitat permanent, ce qui en ces altitudes est rare dans les massifs européens. Le  » Fin Gras  » est l’appellation d’origine de la viande de bœuf issue du mode d’élevage traditionnel propre à ces caractères géographiques du Mézenc.

L’architecture spécifique des fermes du Mézenc

L’architecture d’une valeur paysagère remarquable témoigne encore de ces particularité, avec ces longues fermes du Mézenc, toutes faites de laves, orientées nord-sud, avec l’étable au nord et une immense grange assurant l’isolation de l’habitat des bêtes et des hommes. Généralement implantées dans la pente des volcans et des coulées, ces fermes à deux niveaux se caractérisent souvent par l’un des murs de long-pan enterré, contribuant à l’isolation thermique, tout comme l’épaisseur des maçonneries qui peut aller de deux mètres à la base à soixante-quinze centimètres aux têtes de murs. Architecture austère, de peu d’ouvertures, où le noir et les gris de la pierre sont constellés de lichens couleur de rouille et parfois blancs, aux toitures sans lucarnes ni chiens assis, couvertes de lauzes de phonolite, cette lave qui se débite aisément en dalles.

 

Le bois des charpentes, en résineux de montagne, vient des forêts de plus basse altitude de Haute-Loire et d’Ardèche. La production vivrière locale est enrichie par la proximité des vergers et maraîchage d’Ardèche et de Drôme. Les marchés de villages persistent mais leurs volumes sont en diminution constante, comme le sont les salles de classes dans les villages peu nombreux qui ont pu conserver une école. La problématique des zones rurales minées par la politique agricole européenne, accentuée en régions de montagne, offre à l’économie du tourisme  » vert  » et patrimonial un horizon qui, marié à l’émergence de circuits courts et de vente directe pour une agriculture peu intensive, devient la seule perspective pour enrayer la chute de la démographie. La diminution progressive de l’enneigement conduit à une promotion touristique toutes saisons, mais la rudesse persistante du climat en limite la rentabilité à quelques semaines plus ou moins estivales, de juin à septembre. Le marché de l’habitat secondaire sauve beaucoup de maisons de village ou de fermes isolées, permet un volume de travail appréciable aux artisans du bâtiment, mais ne génère guère d’installations permanentes.

Un exemple de valorisation du territoire

 

Ce contexte économique et social a conduit à une recherche de valorisation patrimoniale par le paysage, par la géologie, par le volcanisme, par la biodiversité, par les écrins d’architecture ou les bassins d’histoire. Mais aussi par le vent. Une contrainte devient une ressource par l’opportunité de la spéculation financière, moteur de l’éolien industriel. Des maires et présidents de communautés de communes reconnaissent en privé que le dossier de l’éolien industriel ne tient pas la route au plan de la rationalité économique, mais en public ils se montrent chauds partisans de son développement sur leurs terres, l’argent n’ayant pas d’odeur. Un seul maire du Mézenc a su combiner cette ressource financière opportuniste avec une valorisation profonde du patrimoine local pour dynamiser le territoire sans le dilapider, c’est celui qui a présidé le conseil communal du village ardéchois de Saint-Clément de 1974 à 2014. Bernard Cuoq était un petit agriculteur qui faisait encore la traite à la main. En 1992, témoigne-t-il en 2012, l’idée d’installer un parc éolien à Saint-Clément a émergé. A l’époque, le Conseil Régional de Rhône-Alpes  proposait son aide pour les communes souhaitant réaliser des projets éoliens. Au début des années 1990, on parlait très peu d’éoliennes !  J’ai donc pensé que cette aide pourrait être une formidable opportunité de se lancer dans un projet innovant et qui permettrait de renforcer l’attrait touristique de Saint-Clément mais aussi d’avoir des rentrées d’argent supplémentaires. Le projet a un peu piétiné au départ. Il faut dire qu’il s’agissait d’un des premiers parcs éoliens à être présentés en préfecture, où on manifestait peu d’entrain à suivre le dossier. L’accompagnement d’OSTWIND, présent à nos côtés à toutes les étapes clés du projet, nous a permis de le mener à terme sereinement. Nous avons noué une relation très positive ! Aujourd’hui, grâce aux retombées économiques des éoliennes, nous pouvons financer le fonctionnement de l’Ecole du Vent, qui reçoit chaque année environ 9000 visiteurs

 

Ces éoliennes sont les moins hautes de la région, 80 mètres, il n’y en a que deux et leur emplacement ne fusille pas les panoramas somptueux de Saint-Clément. L’Ecole du vent est une très belle réalisation, tant pas la restauration d’un beau bâti traditionnel que par la qualité de sa muséographie et celle de ses animations. Par contre, quels que soient les convictions de ses animateurs au sujet de l’éolien industriel, ils sont obligés d’en faire l’éloge.

 

Le vent est l’une des valeurs patrimoniales fortes du Mézenc. Associé à la neige il forme la burle, un blizzard de légende qui tisse au quotidien la culture locale aussi sûrement que les volcans. Cette burle dont chaque famille peut enrichir la mythologie de ses expériences propres, enchante les évocations nostalgiques jusqu’aux limites de cette aire de 70 km de rayon qui fait du Mézenc un sorte de pôle magnétique auquel personne ne saurait se soustraire.

 

Frédéric Lavachery, octobre 2015.

 

Randonnée-découverte à Chaudeyrolles

le 8 août 2011 par admin

Mairie de Chaudeyrolles, commission développement.
Projet de chemin de petite randonnée « A la découverte de Chaudeyrolles ».

Juillet 2011.

1. La mairie de Chaudeyrolles travaille depuis la fin 2009, au recensement du patrimoine de son territoire et à sa mise en valeur par la création d’un nouveau parcours de randonnée.

2. Pour être agréé par la Fédération Française de Randonnée Pédestre, il doit se situer exclusivement sur des terrains du domaine public, communal ou de l’Etat. Parcours d’environ 20 km, le sentier partira de la Maison du Fin Gras , montera au Signon par la face nord-nord-est selon un itinéraire inédit permettant de retrouver d’anciens sites d’exploitation de la lauze (lauze bleue), descendra le Signon par le sentier actuel en direction de Bousquenous pour contourner le bois de Chapoulier au-dessus de Charrier, rejoindra Chantemerle par Malosse pour tourner vers le Crie et monter dans la forêt du Mézenc pour découvrir l’affleurement rocheux qui surplombe Chanal et les Hautes Boutières, repiquera vers Rochon, longera la lisière en direction de la Grosse Roche, suivra le cours du Salin à travers la forêt pour rejoindre Peccata, descendra à la première source du Lignon qui marque la frontière Chadeyrolles-Saint-Front pour naviguer vers le Chastelat entre deux ou trois courbes de niveaux et redescendre jusqu’au Lignon, le longer sur une quelques centaines de mètres vers les Seuils, remonter vers Les Imberts et bifurquer vers la lisière du suc des Faux puis serpenter vers le sommet et descendre sur le sentier des Narces et rejoindre Chaudeyrolles par le maar, entre tourbières et cascade du Salin.

3. Une belle variété de milieux caractérise le parcours (forêt, zones humides, landes, prairies, roches…), ponctué de pépites paysagères permettant d’illustrer la richesse naturelle et humaine du massif du Mézenc-Meygal-Gerbier des Joncs.

Support de l’action de développement culturel du village et du massif, le parcours permettra de décliner une thématique multiple, foisonnante. Conçu pour soutenir le développement économique et social local par l’action culturelle, le chemin de randonnée montrera en quoi tous les aspects de la vie en montagne sont intégrés et lisibles dans le paysage. Cette thématique sera articulée sur le « Fin Gras » comme processus de production agricole ancestral intégrant toutes les richesses patrimoniales du Mézenc-Gerbier et de Chaudeyrolles, naturelles et culturelles :

– bassin de l’Appellation d’Origine Contrôlée « Fin Gras » défini par le volcanisme (champs de basalte), la tectonique (altitude), le climat et la flore;
– tradition agricole qui plonge ses racines dans l’Histoire locale et ouvre sur l’avenir avec tous ses enjeux (de la préservation des équilibres dynamiques naturels au développement d’un tourisme vert et de découverte , en passant par les artisanats du bâtiment et la création culturelle, le petit commerce, la médiation culturelle et le loisir, les services divers, toutes choses qui font du paysage un bassin d’emploi);
– architecture remarquable;
– qualité de l’eau et structure de nos réseaux hydrologiques;
– biodiversité, des mousses au lys Martagon, en passant par les 29 espèces florales qui caractérisent l’excellente santé des prairies de fauche et toute la faune associée à l’altitude, au climat, à l’hydrologie et à la botanique locales.
– Quelles que soient les critiques formulées à l’égard du Fin Gras (cahier des charges AOC trop lâche, conflits générés au sein des producteurs bovins, problèmes d’autonomie financière du cadre associatif…), qu’elles soient sérieuses ou de mauvaise foi, il est incontestable que le concept Fin Gras condense pratiquement toutes les facettes patrimoniales qui font la puissante identité de ce massif volcanique aux hivers de six mois.

En outre, et ce n’est pas le moins significatif ni le moins porteur d’un avenir foisonnant pour tous:

le bassin du Fin Gras concerne 28 communes, 8 communautés de communes, deux départements, deux Régions, un Parc Naturel Régional et … l’Europe institutionnelle, sans compter une foule d’organismes, d’institutions et d’associations qu’il serait intéressant de recenser.

Or, le Fin Gras est un pari qui n’est pas gagné. S’il n’est pas soutenu par le dynamisme local et s’il périclite, ce sera une catastrophe y compris pour ceux qui le critiquent de façon non constructive, qui n’en voient pas le potentiel et ne comprennent pas que l’échec d’une AOC est un échec pour le terroir.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fin_gras_du_M%C3%A9zenc_%28AOC%29

4. Les contenus thématiques à explorer doivent être validés scientifiquement.

5. Ces thèmes, illustrés à Chaudeyrolles avec le concours de la municipalité et en liaison avec la Maison du Fin Gras, renverront explicitement vers les autres villages, selon les sujets déclinés, Saint-Clément, Borée, Saint-Martial, Lachamp-Raphaël, Sagne-et-Goudoulet, Sainte-Eulalie, les Estables, Fay, Laussonne … en fonction des offres qui y sont développées par les municipalités ou les associations.

6. Volcanisme et tectonique terrestre.

– Tectonique des plaques, histoire et avenir (état de la science).
– Dynamismes éruptifs marquant le paysage et caractérisant les sols.
– Spécificités des sols volcaniques par rapport à tous les autres.
– Système roches-hydrologie.
– Volcanisme et peuplements, histoire et avenir.
– Volcanisme, énergies et développement durable.

7. Climat.

– Formation de l’atmosphère et volcanisme.
– Facteurs du climat et climat local.
– Histoire du climat, cycle de l’eau et cycle du CO2 (volcanisme, tectonique et production de calcaire, hydrologie et érosion, activités humaines …).
– climat et altitude, curiosités locales, les vents, la burle. Micros-climats.
– Climat et formation des sols anciens. Lectures à échelles différenciées dans nos paysages.
– Climat et formation des sols contemporains.
– Climat et enjeux du développement local.

8. Zones humides.

a. bassin hydrologique et circulation des eaux: sous-sol, sols, surface.
b. Narces et tourbières d’altitude en terrain volcanique.
c. Maars (jumelages à envisager avec les maars européens de l’arc péri-alpin). Les trois maars de Chaudeyrolles.
d. Biodiversité dans le Lignon et ses ruisseaux affluents: rôle du haut bassin pour l’aval, jusqu’à Saint-Etienne, responsabilité collective locale.
e. La Loire sauvage: biodiversité, histoire, culture et paysages.

9. Landes et autres habitats.

10. Forêt, histoire et gestion actuelle (ONF, communes, privés, associations …).

11. Mézenc et littérature.

12. La création culturelle contemporaine sur le massif et alentours.

Au fil des ans, ces thèmes feront l’objet de formations et de traductions appropriées selon les publics et les lieux de diffusion de l’information: professeurs, personnel des offices de tourisme, accompagnateurs de montagne, guides touristiques, bibliothécaires, élus, chargés de mission, hébergeurs, restaurateurs, commerçants, artisans …

Le parcours est conçu comme un outil et même une boîte à outils pour le développement local par le développement culturel. Il est réalisé par l’association de la mairie aux acteurs associatifs et privés parmi les plus dynamiques du Mézenc, son tracé répond aux exigences des professionnels de la randonnée familiale d’une part, du sport de haut niveau de l’autre, de sorte que tous les publics y trouveront leur compte.

La documentation publiée au fil des ans alliera l’édition papier (fiches descriptives, cartes, brochures …), outils informatiques tels sites web, ID-bio, réalité augmentée, flash-codes …

(voir http://720plan.ovh.net/~idbio/site/pages/Concept.htm)

et infographie de terrain (limitée au village, à l’espace bivouac prévu au départ du sentier de la cascade du Salin et éventuellement deux ou trois autres stations maximum).

Les fiches descriptives comprendront, selon les matières, une introduction aux protocoles d’observation pour inciter les publics à la pratique naturaliste de la randonnée et les sensibiliser aux actions conduites par les institutions en charge de la protection et du développement du massif.

Frédéric Lavachery, vice-président de la commission développement.